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Accompagnement social : état des lieux et préconisations de l’Igas

le 17 décembre 2018

Quel bilan dresser des politiques d’accompagnement social menées depuis 40 ans ? Quels sont les moyens dédiés et les publics visés ? C’est à ces questions que répond un rapport publié par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) le 5 décembre 2018. Le rapport formule également plusieurs recommandations en matière d’inclusion sociale.

Quel bilan pour les politiques d’accompagnement social ?

Composante du travail social, l’accompagnement social consiste à intervenir auprès de personnes afin d’améliorer leur situation. Au fil des évolutions de la société et du marché du travail, il s’est transformé. Il présente des déclinaisons multiples (accompagnement global, individualisé, vers le logement, dans le cadre du revenu de solidarité active - RSA, etc) et couvre un large champ (guidance familiale, prévention des impayés, accès à la santé, insertion socio-professionnelle, etc.).

Depuis quelques années toutefois, le travail social est en difficulté structurelle. Les dispositifs sont saturés, dans un contexte d’accroissement des populations fragiles et de maîtrise des dépenses publiques.

Sur le plan budgétaire, l’accompagnement social, donc l’approche préventive, représente bien moins que la redistribution monétaire, via les allocations et les aides.

En outre, le partage de la politique sociale entre l’État, les collectivités locales et la sécurité sociale engendre un cloisonnement des interventions et génère des incompréhensions pour les personnes suivies. Ces personnes sont, au travers de contrats et de parcours individuels, davantage destinataires d’une "aide contrainte" que bénéficiaires d’un accompagnement vers l’autonomie.

Selon l’Igas, l’accompagnement social est aujourd’hui en "crise de sens".

Repenser le modèle d’intervention sociale, renforcer la capacité de l’État social

Pour remédier à cette situation, le rapport préconise plusieurs mesures.

Il appelle à repenser le modèle d’intervention sociale, avec pour objectif l’émancipation des personnes accompagnées. Il plaide notamment pour un travail basé sur des actions collectives et une participation accrue des personnes. Le Plan national pauvreté, présenté en septembre 2018, "pourrait en être un levier".

Le rapport recommande également à l’État de renforcer sa capacité à fédérer les acteurs sociaux en utilisant de nouvelles méthodes : tables rondes, animation de réseaux, contractualisation avec les collectivités locales, développement de l’évaluation de l’impact social, instauration d’un nouvel "outil type fonds d’innovation et d’investissement social".

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