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Aéroport de Notre-Dame-des-Landes : les conclusions des médiateurs

le 15 décembre 2017

Le 13 décembre 2017, le rapport de la “Mission de médiation relative au projet d’aéroport du Grand Ouest” a été remis au GouvernementGouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale.. Il évalue deux solutions : la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes et le réaménagement de l’aéroport Nantes Atlantique. Dans un entretien au journal "Le Monde" la veille, Emmanuel Macron a assuré que la décision serait prise “au plus tard en janvier”.

Nantes, vue aérienneNantes, vue aérienne

Construire un nouvel aéroport ou réaménager celui qui existe ?

Le rapport des médiateurs rappelle la nécessité d’une plateforme aéroportuaire du Grand Ouest capable de supporter le passage de 9 millions de passagers par an à l’horizon 2040. Les médiateurs présentent une estimation des coûts financiers et écologiques des deux options. Les options en présence sont toutes les deux “raisonnablement envisageables”. Mais les analyses par critère confirment l’absence de solution parfaite.

  • Le coût réel d’un réaménagement de l’aéroport Nantes Atlantique, “beaucoup moins étudiée jusqu’ici”, est estimé entre 415 et 545 millions d’euros, hors prise en compte d’une éventuelle indemnisation à verser au titulaire du contrat de concession. Le projet de construction de Notre-Dame-des-Landes est estimé à 740 millions d’euros.
  • L’augmentation du trafic à Nantes Atlantique “serait sans effet significatif dommageable” sur le site remarquable du lac de Grand Lieu, mais laisse subsister des nuisances sonores significatives. Le projet de Notre-Dame-des-Landes écarte des zones urbanisées les nuisances aéroportuaires, mais accroît significativement l’artificialisation des espaces agricoles et naturels ainsi que l’étalement urbain.
  • S’agissant du bilan carbone, le rapport met en évidence un léger avantage à Nantes Atlantique, de près de 200 kilotonnes par CO2 sur 20 ans d’exploitation.

La mission, sans privilégier l’une ou l’autre option, souligne la nécessité d’une décision de l’État. Celle-ci devra être accompagnée d’un projet collectif de territoire porté par l’État, les collectivités et tous les acteurs socioéconomiques.

En l’absence de travaux, au 10 février 2018, la déclaration d’utilité publique du projet sera considérée caduque, à moins que l’État ne décide auparavant de la prolonger.

Un dossier de plus de 50 ans

Commencée en 1965, la recherche d’un “nouveau site aéronautique pour les régions Bretagne et Pays-de-la-Loire” conduit au choix de Notre-Dame-des-Landes. En 1974, une zone d’aménagement différé (ZAD) de 1 225 hectares est créée autour du site avant que le projet ne soit mis en sommeil.

A la suite du décret de février 2008 déclarant le nouvel aéroport d’utilité publique, la société Vinci remporte l’appel d’offres en décembre 2010 pour la conception, le financement, la construction et l’exploitation du futur aéroport pour une période de 55 ans.

Le 26 juin 2016, lors d’une consultation locale organisée à la demande du président François Hollande, les électeurs de Loire-Atlantique votent en faveur de la construction du nouvel aéroport, à plus de 55% des voix.

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