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Agriculture : le potentiel de croissance des protéines végétales dans l’UE

le 3 décembre 2018

Publié le 22 novembre 2018, le rapport de la Commission européenne consacré aux protéines végétales dresse un état de l’offre et de la demande. Il examine aussi les voies pour développer leur production dans le cadre de travail de la prochaine politique agricole commune (PAC 2021-2027).

Une demande croissante

Le marché des protéines végétales (graines de colza, graines de tournesol, lentilles, etc.) a connu une segmentation notable ces dernières décennies dans l’Union européenne. Les aliments conventionnels pour animaux demeurent de loin leur premier débouché. Portée par l’engouement pour les régimes végétariens, la consommation en protéines végétales augmente dans l’alimentation humaine. Les protéagineux et les oléagineux abondent en huile (soja, colza) et sont riches en fibres et en protéines, y compris les légumineuses. La demande grandit également pour l’alimentation animale de qualité supérieure en évitant le recours au soja transgénique importé.

En 2016-2017, les besoins en protéines végétales ont atteint 27 millions de tonnes de protéines brutes. Le taux d’autosuffisance de l’Union varie selon les produits. Il est de 5% pour le soja et de 79% pour les graines de colza.

Réduire la dépendance de l’Union aux protéines importées

La surface consacrée au soja dans les États membres a doublé, atteignant près d’un million d’hectares depuis la réforme de la PAC en 2013. Les principaux producteurs de soja sont l’Italie, la France et la Roumanie. La production de légumineuses a, quant à elle, quasiment triplé. En dépit de ces évolutions, l’Union souffre, à l’heure actuelle, d’un important déficit en protéines végétales : elle importe chaque année environ 17 millions de tonnes de protéines brutes, dont 13 millions à base de soja.

La question des protéines est donc une préoccupation majeure pour les agriculteurs et les consommateurs à la fois sur le plan de la sécurité alimentaire mais également d’un point de vue social et environnemental.

Les agriculteurs attendent beaucoup d’un "plan protéine européen" afin de rendre les élevages européens plus autonomes, expérimenter de nouvelles pratiques culturales et soutenir les variétés locales de légumineuses déjà cultivées en Europe au lieu de n’envisager qu’une expansion de la culture du soja.

Dans son rapport, la Commission européenne propose notamment de :

  • soutenir les agriculteurs qui cultivent des protéines végétales par le biais des dispositions de la future PAC et ses plans stratégiques nationaux (aider les producteurs à se convertir à des types d’agriculture plus durable) ;
  • stimuler la compétitivité grâce à la recherche et à l’innovation (notamment par des appels à projets spécifiques à la culture de protéagineux).

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