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Aides sociales : le point de vue de l’Onpes sur leur efficacité

le 9 juillet 2018

Alors que la présentation du plan pauvreté du président de la République est attendue prochainement et au lendemain de ses déclarations sur le coût des aides sociales, l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (Onpes) revient sur le rôle des aides sociales dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, dans un communiqué du 18 juin 2018.

Aides sociales : de quoi parle-t-on ?

L’Onpes rappelle que les aides sociales sont des transferts sociaux destinés aux personnes et familles les plus pauvres sous conditions de ressources. Il s’agit à la fois des minima sociauxMinima sociauxPrestations sociales visant à garantir un revenu minimal à une personne en situation de précarité. (minimum vieillesse, revenu de solidarité active – RSA, etc.), mais aussi des allocations familiales, des aides au logement allouées sous conditions de ressources, des aides sociales non obligatoires distribuées par les collectivités locales et des secours distribués par le monde associatif.

La dépense totale assurée par l’État et les départements représente 25,6 milliards d’euros (chiffre 2015), soit 1,2% du PIB pour 4,15 millions de bénéficiaires. Elle progresse d’environ 4,3% par an depuis 2009 sous l’effet de l’augmentation du nombre de bénéficiaires, de l’ordre de 2,9% par an, et de la revalorisation de certains minima sociaux.

Selon l’Observatoire, l’effort de redistribution “n’est pas a priori choquant” et “en toute rigueur, cela pourrait être davantage”.

Une efficacité certaine contre la pauvreté monétaire

Selon l’Onpes, l’efficacité des aides sociales est réelle. En effet, l’ensemble des transferts sociaux permet de réduire de près de 7 points le taux de pauvreté monétaire au seuil de 60% du revenu médian. Sans ces transferts, le taux de pauvreté serait de 21% et non de 14%.

L’impact positif de ces transferts est plus net encore si on considère leur impact sur l’intensité de la pauvreté et sur le risque de tomber dans l’extrême pauvreté (seuil de 40% du salaire médian). Depuis 2010 et malgré l’aggravation du chômage de longue durée depuis 10 ans, ces dispositifs ont permis la stabilisation de la proportion de personnes vivant en dessous de ce seuil.

En revanche, au regard de l’emploi, la stratégie d’inclusion française montre des faiblesses. La proportion de personnes vivant dans un foyer où les revenus du travail sont très faibles demeure au même niveau qu’au début de la crise économique en 2008. L’Onpes en appelle à un marché du travail moins exclusif, préalable indispensable à une lutte durable contre l’exclusion sociale.

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