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Banque de France : les transformations attendues par la Cour des comptes

le 7 décembre 2018

La Cour des comptes analyse l’évolution de l’activité de la Banque de France sur les exercices comptables 2011-2017, dans le cadre du cycle de transformation qu’elle a engagé à l’horizon 2020. Malgré la bonne santé financière de l’établissement, un plan stratégique pour la future décennie doit être élaboré.

Des revenus financiers élevés

L’établissement affiche un bilan en hausse qui a permis d’augmenter ses réserves. Pour la Cour des comptes, "cette situation résulte, d’une part, de la croissance des refinancements accordés aux banques et, d’autre part, de l’augmentation des actifs des portefeuilles de titres détenus". Le bénéfice net dégagé sur 2017 atteint 3,3 milliards d’euros. Les bons résultats de la Banque de France contribuent à renforcer substantiellement ses fonds propres depuis 2011.

Les dépenses de personnel diminuent du fait de la baisse des effectifs provoquée par de nombreux départs en retraite. En revanche, les frais de fonctionnement augmentent de 29%, notamment en raison de fortes dépenses informatiques. La Banque de France reverse 70% de ses résultats à l’État. Avant 2014, la part des bénéfices laissée à l’établissement était de 25% contre 30% actuellement. Pour la Cour, cette modification est "discutable" dans une période de progression des bénéfices.

Une transformation qui doit être poursuivie

La Banque de France remplit davantage de missions que les autres banques centrales européennes. Outre la production et l’entretien de la monnaie fiduciaire, elle exerce des missions d’intérêt général pour le compte de l’État (traitements des dossiers de surendettement, etc.). Pour la Cour, ces missions supplémentaires ne justifie que pour partie son réseau, dense et coûteux, de 126 sites d’implantation.

Par ailleurs, le rapport recommande d’engager une réflexion sur les outils industriels. Des choix risqués ont été conduits en matière de recyclage des billets. Côté production, la Cour des comptes préconise d’effectuer un bilan des besoins en billets (euros et billets étrangers) en 2019, avant le lancement de la construction d’une nouvelle imprimerie.

Le rapport s’interroge également sur l’ampleur du mécénatMécénatSoutien matériel apporté, sans contrepartie directe de la part du bénéficiaire, à une oeuvre ou à une personne pour l’exercice d’activités présentant un intérêt général. culturel au regard de l’acquisition d’un tableau de Rembrandt en faveur du musée du Louvre pour 80 millions d’euros.

La Cour des comptes relève, en outre, l’explosion du budget alloué au projet de la cité de l’économie et de la monnaie (Citéco), mené par la Banque de France. Le montant total prévisionnel du projet s’élevait à 47,5 millions d’euros, il culmine à 97 millions sur la période 2009-2017.

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