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Commerce de l’acier et de l’aluminium : la Commission européenne réagit aux restrictions américaines

le 23 03 2018

La Commission européenne a pris note de l’annonce faite par le président des États-Unis, Donald Trump, le 1er mars 2018, d’imposer des taxes supplémentaires sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance de l’Union européenne (UE). Le 7 mars 2018, à l’occasion de sa réunion hebdomadaire, le collège des commissaires a donné son aval à la proposition présentée par Jean-Claude Juncker sur les mesures à adopter.

Quelles mesures américaines sur l’acier et l’aluminium ?

Les États-Unis ont annoncé, le 1er mars, que les droits d’importation seraient fixés à 25% pour l’acier et à 10% pour l’aluminium. Le 8 mars, le président Donald Trump a signé les documents qui officialisent cette décision.

Cette décision fait suite à des enquêtes menées entre avril 2017 et janvier 2018 par le Département du commerce des États-Unis qui ont conclu que les importations européennes d’acier et d’aluminium menaçaient la sécurité nationale du pays.

Le 22 mars, les États-Unis ont finalement annoncé que, outre le Mexique et le Canada, l’Argentine, le Brésil, la Corée du Sud et l’Union européenne ne seraient pas soumis à cette nouvelle taxation.

Quelle réaction de l’Union européenne ?

Dès les premières annonces américaines, la Commission européenne a considéré que cette nouvelle taxation avait d’abord comme objectif de protéger l’industrie nationale de la concurrence exercée par les importations. Elle ne pouvait pas être justifiée par des impératifs de sécurité nationale. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a déclaré que "l’UE réagira fermement et de manière proportionnée pour défendre ses intérêts". La Commission a établi comme contre-mesure une liste de produits en provenance des États-Unis qui pourraient être taxés (beurre de cacahuètes, jus d’orange, whisky, jeans, etc.).

Lors du Conseil européen des 22 et 23 mars 2018, les dirigeants européens se sont félicités de la visite à Washington de la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, qui a négocié avec les représentants américains pour une exemption pour l’UE. Cette suspension n’a cependant pas dissipé toutes les inquiétudes européennes.

Quelle politique commerciale européenne ?

Dans le cadre de la politique commerciale commune, la Commission européenne négocie des accords commerciaux et représente les intérêts de l’UE au nom des 28 États membres.

Depuis 2004, l’UE, la Chine et les États-Unis sont les trois principaux acteurs mondiaux du commerce international. En 2016, le montant total des échanges de biens (exportations et importations) de l’Union européenne, de la Chine et des États-Unis était presque identique, culminant à 3 455 milliards d’euros dans l’UE, soit 109 milliards d’euros de plus que la Chine et 125 milliards d’euros de plus que les États-Unis.

Les États-Unis restent, de loin, la plus importante destination des biens exportés par l’Union en 2016, même si la part des exportations européennes vers ce pays est passée de 28% du total en 2002 à 16,7% en 2013, avant de remonter à 20,8 % en 2016.

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