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Cour des comptes : Pôle emploi face au chômage de masse

le 7 07 2015 Archives.

La Cour des comptes rend public, le 2 juillet 2015, un rapport sur Pôle emploi, opérateur issu de la fusion en 2008 de l’ANPE (retour à l’emploi des chômeurs) et des Assédic (indemnisation des demandeurs d’emploi). Depuis cette date, Pôle emploi doit faire face à une forte dégradation des chiffres du chômage : entre janvier 2009 et janvier 2015, le nombre de personnes inscrites est en effet passé de 3,9 millions à 6,2 millions (+58%).

Pour la Cour, les résultats de Pôle emploi "sont contrastés, avec des coûts croissants". Globalement, l’indemnisation des chômeurs est satisfaisante, mais les données disponibles sur le chômage de longue durée et la satisfaction des offres d’emploi traduisent une évolution défavorable. La Cour indique que les coûts de Pôle emploi ont augmenté du fait de la fusion, et continuent de le faire, compte tenu de la montée du chômage (recrutement de 4 000 conseillers en contrat à durée indéterminée entre 2012 et 2014).

Sans contester la nouvelle stratégie adoptée par Pôle emploi en 2012, la Cour souligne les difficultés que pose sa mise en œuvre. La nouvelle orientation vise à mieux différencier les services aux demandeurs d’emploi et aux entreprises, en fonction de leurs besoins. Toutefois, elle a entraîné une baisse des offres d’emploi collectées et la part du temps de travailTemps de travailTemps pendant lequel le salarié est à la disposition de l’employeur et doit se conformer à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles. des conseillers consacrée aux entreprises est faible (12%). Pour la Cour, ces évolutions ont contribué à affaiblir le lien avec les entreprises et à fragiliser l’expertise par Pôle emploi du marché du travail. En outre, la différenciation des services rendus aux demandeurs d’emploi reste insuffisante. Alors que trois accompagnements distincts sont désormais appliqués, en fonction du degré d’autonomie du demandeur d’emploi (le suivi, l’accompagnement guidé et l’accompagnement renforcé), la Cour constate que l’accompagnement renforcé présente la plus faible proportion de chômeurs de longue durée. De surcroît, la fréquence des contacts entre conseillers et chômeurs diminue avec la durée du chômage.

En conclusion, la Cour formule trois orientations pour l’État, les partenaires sociaux, Pôle emploi et l’Unedic, ainsi que 13 recommandations visant à améliorer les services rendus aux employeurs et aux demandeurs d’emploi, à optimiser la gestion et à assurer un pilotage plus efficace de Pôle emploi.

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