Grippe A : une campagne coûteuse à l’efficacité incertaine| vie-publique.fr | Actualités | En bref

[ Publicité ]
Imprimer

Grippe A : une campagne coûteuse à l’efficacité incertaine

le 10 02 2011 Archives.

La Commission des affaires sociales du Sénat avait demandé à la Cour des comptes, à la fin de l’année 2009, de procéder à une enquête sur l’utilisation des fonds mobilisés pour la lutte contre la pandémie grippale A (H1N1). C’est pour présenter les conclusions de cette étude qu’un rapport d’information a été déposé au Sénat le 1er février 2011. La Cour des comptes évalue le coût de la campagne de vaccination entre 700 et 760 millions d’euros. Ce montant est sensiblement supérieur à l’estimation faite par la Direction générale de la santé en septembre 2010 (548 millions d’euros), estimation à laquelle se tenait le gouvernement jusque là.

Avec une commande initiale de 94 millions de doses de vaccins, la France a fait partie du très petit nombre de pays ayant prévu la vaccination de toute sa population. Les données fournies par l’Institut de veille sanitaire (INVS) ont en effet conduit les pouvoirs publics à qualifier la menace sanitaire de majeure tout au long de la crise, malgré l’apparition progressive d’éléments rassurants. Au final, seulement 44,05 millions de doses ont été achetées et 5,360 millions de personnes vaccinées, soit 8,5% de la population. Pour la Cour des comptes, le prix d’achat de ces vaccins a été particulièrement élevé, les laboratoires ayant su faire jouer la concurrence entre les États alors que les pouvoirs publics voulaient disposer le plus vite possible des vaccins. De plus, les besoins des centres de vaccination, surdimensionnés à certains moments puis insuffisamment équipés au fort de la crise, n’ont pas été vraiment anticipés.

Comparant les conclusions de la Cour des comptes avec celles auxquelles la Commission d’enquête constituée par le Sénat sur le même sujet avait abouti en juillet 2010, le rapporteur du Sénat souligne les concordances d’analyse concernant notamment les faiblesses du processus de pilotage interministériel, les insuffisances de la communication, l’erreur constituée par la mise à l’écart des médecins libéraux du processus de vaccination, des procédures contestables pour les contrats d’acquisition de vaccins et le déséquilibre de ces contrats avec des clauses exorbitantes imposées à l’administration.

Mots clés :

Rechercher