Hébergement d’urgence : une politique publique sous tension [20170111]| vie-publique.fr | Actualités | En bref

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Hébergement d’urgence : une politique publique sous tension

le 11 01 2017

Le sénateur Philippe Dallier, rapporteur spécial de la mission Égalité des territoires et logement du Sénat, a présenté son rapport d’information sur les dispositifs d’hébergement d’urgence, le 14 décembre 2016. Selon le rapporteur, le secteur de l’hébergement d’urgence est "au bord de l’asphyxie", avec une demande sans cesse en progression sous l’effet conjugué de la crise économique et de la crise migratoire.

Le rapport souligne les efforts réalisés depuis quelques années, grâce notamment à l’augmentation des capacités du parc généraliste de l’hébergement d’urgence (30 000 places créées entre 2012 et 2015 pour arriver à un total de 112 550 places). Il insiste néanmoins sur la sous-budgétisation chronique des crédits consacrés à l’hébergement d’urgence. La sous-budgétisation met en péril le financement des dispositifs et pèse sur les acteurs de ce secteur, parfois amenés à pallier les retards de financement de l’État. Il pointe également un déficit de pilotage avec "une gestion de l’urgence dans l’urgence" qui conduit à privilégier des solutions temporaires, souvent très coûteuses. Ainsi, le recours aux nuitées hôtelières a doublé depuis le 2012 (un équivalent de 41 000 places en juin 2016). Le plan de réduction de ces nuitées, lancé en 2015, a seulement permis de contenir la hausse. Enfin, de nombreux demandeurs d’asile se retrouvent dans des centres d’hébergement de droit commun, en raison d’une autre sous-budgétisation chronique, celle du programme Immigration et asile.

Selon le rapporteur, l’amélioration du système d’hébergement passe d’abord par une plus grande rationalisation des coûts. Il conseille ainsi de soutenir les opérations de rachats d’hôtels, qui permettent de faire baisser les coûts d’hébergement, tout en proposant un meilleur accueil. En outre, le taux de rotation en hébergement d’urgence est très faible : 14 mois en moyenne pour une place en centre d’hébergement, un an pour un hébergement dans un appartement géré par une structure. Le rapport recommande de développer des solutions de sortie pour les personnes hébergées. La sortie des dispositifs d’urgence doit se réaliser par le logement social et par le parc privé, grâce à l’intermédiation locative qui permet aux ménages sans domicile de louer à moindre coût des logements vides via une association garantissant aux propriétaires le loyer et la remise en état de l’appartement.

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