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Femmes en prisons : le Contrôleur général des lieux de privation de liberté demande plus de mixité

le 24 02 2016

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a publié au Journal officiel du 18 février 2016 un avis sur la situation des femmes privées de liberté. Alors qu’elles ne représentent que 3,2% de la population carcérale, 5% à 6% des personnes placées en centres de rétention administrative, les femmes enfermées sont davantage privées de leurs droits que les hommes incarcérés.

Le maintien des liens familiaux est rendu plus difficile pour les femmes du fait du maillage territorial inégal des lieux d’enfermement. Sur 188 établissements pénitentiaires, seuls 56 accueillent des femmes et deux leur sont entièrement réservés (Rennes et Fleury-Mérogis). Les autres sont, pour la plupart, implantés dans le nord de la France, et il n’y en a aucun dans le sud-est. La situation est plus difficile encore pour les mineures, qui faute de place dans les centres éducatifs fermés où elles devraient être prises en charge, se trouvent la plupart du temps hébergées dans les quartiers réservés aux femmes majeures, alors que la législation l’interdit. L’interdiction de communiquer avec les hommes et l’enclavement des quartiers de détention destinés aux femmes contraignent l’accès des femmes aux équipements communs (unités sanitaires, terrains de sport, bibliothèques) et aux activités proposées (travail, formation professionnelle, enseignement..). En outre, les locaux réservés aux femmes sont souvent plus réduits que ceux des hommes, les intervenants moins nombreux et les équipements plus sommaires. Les femmes ont près de trois fois moins de chances d’obtenir une mesure de semi-liberté ou un aménagement de peine que les hommes. Pour le CGLPL, développer la mixité lors des temps collectifs serait un moyen d’accroître et de diversifier l’offre des activités pour les femmes et de favoriser au moment de la libération un retour plus aisé dans la société. Plusieurs expérimentations sont actuellement menées dans ce sens (atelier « slam » à Metz, atelier de production mixe au centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan…).

Mais une égalité de traitement ne doit pas empêcher une prise en charge spécifique des femmes. La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan, juge certaines mesures de sécurité attentatoires à la dignité des femmes et insiste sur la déficience des soins gynécologiques dans les lieux de détention.

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