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Inégalités des niveaux vie : quels sont les effets des évolutions du couple ?

le 13 novembre 2018

Dans une note, publiée le 8 novembre 2018, France Stratégie s’intéresse aux effets de la hausse de l’emploi des femmes et des transformations du couple sur les inégalités. L’auteure de la note, Pauline Grégoire-Marchand, constate que les inégalités entre couples et la part des ménages modestes progressent.

Des inégalités persistantes entre les ménages malgré la hausse de l’emploi féminin

D’après la note, qui s’appuie sur les données 1996-2015 de l’enquête "Revenus fiscaux et sociaux" de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), la forte croissance de l’emploi féminin, engagée dans les années 1960, a logiquement réduit les inégalités de revenus entre les sexes. Le revenu moyen d’activité des femmes en couple a augmenté de presque 50% entre 1996 et 2015. Dans le même temps, la part des couples où la femme ne travaille pas a été divisé par deux. La montée en charge du travail féminin a eu pour résultat une réduction des inégalités.

Toutefois, ce résultat doit être nuancé dans la mesure où les inégalités entre ménages sont demeurées stables. Deux facteurs l’expliquent :

  • la baisse du nombre de couples (69% des Français vivent en couple en 2015 contre 78% en 1996) a fragilisé la situation de certains ménages, en particulier des familles monoparentales ;
  • le renforcement de "l’homogamie de revenus", c’est-à-dire le fait que les couples associent souvent des femmes et des hommes aux revenus proches. Les plus aisés se marient entre eux, les plus modestes aussi. Ce phénomène accroit la polarisation sociale et la part des ménages pauvres.

La nécessité de mieux prendre en compte la redistribution privée au sein des ménages

Les évolutions économiques et sociales ont conduit à faire baisser de 7,5% les inégalités de revenus d’activité entre individus en 20 ans. Mais, la redistribution privée, c’est-à-dire la redistribution opérée entre conjoints par la mise en commun des ressources, a diminué d’un quart.

Pour l’auteure, cette situation, générée par les évolutions du couple, constitue un nouveau risque social pour l’État-providence.

Si le recul de la redistribution privée a été compensé par la redistribution publique, c’est au prix d’une progression des dépenses de prestations sociales (évaluée à 6,2 milliards d’euros) qui n’a néanmoins pas empêché la pauvreté d’augmenter.

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