Imprimer

Inégalités professionnelles femmes-hommes : quel est le rôle des naissances ?

le 2 mars 2018

Une étude du ministèreMinistèreEnsemble des services de l’Etat (administration centrale et services déconcentrés) placés sous la responsabilité d’un ministre. du travail, publiée en février 2018, évalue les inégalités femmes-hommes tout au long de leur vie active pour les générations de 1932 à 1957, soit les personnes ayant au moins 50 ans en 2007. Elle s’efforce ensuite d’établir un lien entre l’évolution socioprofessionnelle des femmes et des hommes et la survenue de naissances.

Les facteurs généraux des inégalités dans les mobilités socioprofessionnelles des femmes et des hommes

En France métropolitaine, les femmes représentent la moitié de l’effectif salarié. Aussi diplômées que les hommes en moyenne, elle ne sont que 40% parmi les cadres et représentent 64% des employés et ouvriers non qualifiés. Les femmes occupent des positions socioprofessionnelles moins élevées et connaissent moins de promotions durant leur vie active. L’occupation d’un emploi à temps partiel, essentiellement féminin, aurait des effets négatifs sur l’évolution professionnelle.

Entre la fin des études et l’âge de 50 ans, la probabilité d’occuper une position adéquate au regard du niveau d’études augmente de près de 25 points de pourcentage pour les femmes et de plus de 30 points pour les hommes. Pour les femmes cette augmentation se réalise de façon relativement uniforme sur l’ensemble de la vie active. Pour les hommes, l’essentiel de l’évolution socioprofessionnelle se fait les 15 premières années sur le marché du travail.

Le rôle de la parentalité dans la formation et la persistance des inégalités professionnelles femmes-hommes

Les inégalités socioprofessionnelles femmes-hommes sont croissantes avec le nombre final d’enfants : pour les femmes, diplômées ou non du baccalauréat, la probabilité d’accéder à une position adéquate au regard du niveau d’études est d’autant moindre que le nombre d’enfants à 50 ans est important. En revanche, avoir eu un enfant tardivement serait favorable à la progression professionnelle des femmes.

La mobilité socioprofessionnelle diverge avec l’arrivée du premier enfant : elle augmente pour les pères, particulièrement pour ceux qui n’ont pas le baccalauréat, elle décroît pour les mères en raison de réductions d’activités ou de retraits plus ou moins durables du marché du travail.

Quelques années après la dernière naissance, une réduction des inégalités est observée, particulièrement pour les non-diplômés du baccalauréat, mais elle est insuffisante pour que le taux d’accès des femmes à une position en relation avec leur niveau d’études rattrape celui des hommes.

L’étude montre cependant que des inégalités existent avant la naissance d’un premier enfant ce qui tendrait à prouver que la parentalité n’est pas l’unique facteur d’inégalité. Les normes sociales et les stéréotypes à l’égard des femmes pourraient jouer un rôle important dans la construction des inégalités professionnelles femmes-hommes.

Mots clés :

Rechercher