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Investissements : les entreprises françaises privilégient l’immatériel

le 31 octobre 2018

L’investissement des entreprises françaises est d’un niveau plus élevé que la moyenne européenne mais il n’engendre pas les effets escomptés en matière de productivité et de compétitivité. La Fabrique de l’industrie et France Stratégie ont organisé un séminaire le 26 octobre 2018 pour étudier les raisons du caractère trop peu productif de l’investissement en France.

Le taux élevé de l’investissement stimule peu la compétitivité de la France

Les entreprises françaises se classent parmi celles qui investissent le plus en Europe. Selon Eurostat, elles y consacrent, en 2016, environ 23% de leur valeur ajoutée contre 20% environ en Allemagne et en Italie. Dans le secteur manufacturé, le taux d’investissement atteint même 25,7% de la valeur ajoutée contre 19% en Allemagne et 17,6% au Royaume-Uni.

Pourtant, sur la période de 2000 à 2017, la part des exportations de biens et services en valeur de la France dans le total de la zone euroEuroMonnaie unique de plusieurs Etats membres de l’Union européenne qui forment la zone euro. baisse de 17% à 13%.

L’investissement plutôt orienté vers les logiciels et la R&D que dans les biens d’équipement

Selon les chercheurs, le choix d’investissement des entreprises françaises expliquerait le caractère peu productif de l’investissement français.

En effet, l’étude montre qu’en 2016 le taux d’investissement en logiciels et base de données des entreprises industrielles françaises se situe entre 4,5% à 6% de la valeur ajoutée, alors que celui des principaux pays européens ne franchit pas 3%. S’agissant de la "Recherche et du Développement" (R&D), les industriels français y consacrent plus de 10% de leur investissement, contre 8,4% pour les entreprises allemandes.

Le taux élevé de l’investissement immatériel des entreprises françaises traduit leur choix de privilégier la conception et l’innovation à la fabrication.

Par ailleurs, depuis 2007, le taux d’investissement français en machines et biens d’équipements a chuté de 7,9% de la valeur ajoutée à 6,2% en 2015 alors que les concurrents européens investissaient plus dans ce secteur (15% pour l’Italie et 8,5% pour l’Allemagne). Ce moindre investissement dans la fabrication pourrait expliquer la dégradation de la compétitivité de l’industrie française.

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