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Mal-logement : une recrudescence de logements surpeuplés

le 9 février 2018

Selon le 23e rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre sur la situation du mal-logement en France, publié le 30 janvier 2018, 4 millions de personnes souffrent de mal-logement et quelques 12,1 millions de personnes sont fragilisées par leurs conditions de logement. Le rapport souligne aussi une résurgence du surpeuplement des logements.

Recrudescence du surpeuplement

En déclin sensible pendant des décennies, le surpeuplement connaît une recrudescence. En 2013, 7 656 000 personnes vivent dans un logement en surpeuplement modéré (contre 6 865 000 en 2006, soit une hausse de 11,5%), et 934 000 personnes en surpeuplement accentué (contre 797 000 en 2006, soit une hausse de 17,2%).

Le surpeuplement frappe en premier lieu les démunis. La part des ménages à bas revenus en suroccupation est cinq fois plus élevée que celle des ménages les plus aisés. Les situations de surpeuplement se rencontrent surtout dans les grandes agglomérations marquées par des tensions sur les marchés du logement. Les jeunes sont particulièrement vulnérables, avec un taux de surpeuplement de 15% pour les moins de 30 ans, contre 3,5% chez les plus de 55 ans.

Les coûts sociaux du surpeuplement pour la collectivité en termes d’échec scolaire, de risques de santé (asthme, allergies, saturnisme, etc.), de conflits dans la famille ou avec le voisinage, de dégradation de logement ne sont pas suffisamment pris en compte.

Des logements trop chers, trop froids

La nature du mal-logement n’est pas qu’un stock à résorber à un moment donné mais avant tout un flux continu de situations diverses qui s’améliorent ou se détériorent.

La question de la précarité énergétique touche des millions de personnes, contraintes à des dépenses énergétiques excessives ou qui ont froid à leur domicile parce qu’elles n’ont pas les moyens de se chauffer correctement.

Plus de 5,7 millions de personnes consacrent plus de 35% de leurs revenus à leurs dépenses de logement, ne leur laissant pour vivre qu’un revenu inférieur à 65% du seuil de pauvreté, soit 650 euros par mois et par unité de consommation.

Face à cette situation, la Fondation Abbé Pierre s’inquiète des mesures récentes sur le logement (réforme des aides personnalisées au logement, les APL, financement du logement social, etc.).

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