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Migrants de Calais : des conditions de vie dénoncées par le Défenseur des droits

le 21 06 2017

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a déploré les conditions de vie subies par les migrants à Calais dans un communiqué du 14 juin 2017, à la suite d’une visite sur place de ses services. Il a également publié une décision à ce sujet le 21 juin.

Des conditions de vie inhumaines

Le Défenseur estime à 500 ou 600 le nombre de personnes, dont des mineurs, qui dorment à même le sol, et se disent traqués jour et nuit dans plusieurs sous-bois de la ville de Calais. "Ils sont visiblement dans un état d’épuisement physique et mental". Les points d’eau ayant été supprimés, les migrants ne peuvent ni se laver, ni boire. Les femmes ne bénéficient d’aucune structure dédiée depuis le démantèlement du bidonville. Les enfants sont particulièrement vulnérables. Les associations sont entravées et menacées lorsqu’elles tentent de mettre en œuvre des dispositifs qui devraient l’être par les pouvoirs publics (douches, distribution de repas et d’eau).

L’adresse aux pouvoirs publics

Dans son communiqué, le Défenseur rappelle ses précédentes alertes à propos de la situation des migrants. Par crainte "d’un appel d’air", les pouvoirs publics ont renoncé à de nombreuses reprises à mettre en place un accueil et un traitement dignes et respectueux des droits des migrants. Au contraire, ils s’efforcent de rendre le moins visible possible le regroupement des migrants dans le Calaisis et de ne pas créer des "points de fixation".

Le Défenseur des droits exhorte "les pouvoirs publics à ne pas s’obstiner dans ce qui s’apparente à un déni d’existence des exilés qui, présents sur notre territoire, doivent être traités conformément aux droits et engagements internationaux de la France".

La décision du 21 juin 2017

Dans sa décision du 21 juin 2017, le Défenseur des droits met en évidence les atteintes aux droits fondamentaux les plus élémentaires des exilés telles qu’elles ont été constatées à Calais : atteintes au droit à l’hébergement, au droit à ne pas subir d’atteintes à son intégrité physique, au droit à des conditions matérielles de vie décentes, au droit en tant que femme à une protection spéciale de la santé et à ne pas subir de violences sexuelles, au droit des mineurs à bénéficier de la protection de l’enfance, atteintes au droit de demander l’asile.

Le Défenseur demande instamment :

  • un accès pérenne à l’eau pour les migrants ainsi que des distributions de repas dans des conditions dignes ;
  • un accueil de jour spécialisé et la mise à l’abri des femmes et des mineurs ;
  • un lieu où les migrants peuvent se reposer, se laver ;
  • une dérogation à la régionalisation de l’accès à l’asile.

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