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Migrants : santé précaire et difficultés d’accès aux soins

le 18 09 2017

Dans son édition du 5 septembre 2017, le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) présente plusieurs études sur l’état de santé des migrants les plus précaires. Les différents travaux mettent en relief la nécessité d’un meilleur accès aux soins pour ces populations.

De nombreux facteurs de vulnérabilité

Les données recueillies par les différentes enquêtes soulignent l’extrême fragilité sociale de certaines populations migrantes.

S’agissant des exilés, installés dans les camps de fortune (Grande Synthe, Calais, Paris), le Comité pour la santé des exilés (Comede) souligne le cumul de facteurs de vulnérabilité : faibles ressources financières, absence de logement et d’hébergement, précarité du séjour, défaut de protection maladie, obstacles linguistiques, difficultés d’accès à l’alimentation, isolement et situation de détresse sociale.

S’y ajoutent des traumatismes résultant en premier lieu des causes ayant provoqué leur départ, ainsi que des conséquences immédiates de l’exil. 62% des quelque 5 000 personnes reçues en consultation médicale par l’association entre 2012 et 2016, originaires pour la grande majorité d’Afrique et d’Asie du Sud, ont été victimes de violence, 14% de torture et 13% de violences liées au genre et à l’orientation sexuelle (viols, mariages forcés, excisions, etc.)

Des troubles surreprésentés

Dans les camps, les pathologies infectieuses sont très présentes, notamment les infections respiratoires aiguës, les syndromes grippaux et la gale. Des épisodes épidémiques ont été détectés qui ont donné lieu, pour les limiter, à des campagnes de vaccination contre la rougeole, la varicelle et la grippe. De très nombreuses violences subies sont aussi rapportées.

Ces constats sont également ceux établis dans les permanences d’accès aux soins de santé pour les immigrés sans domicile et sans couverture maladie présents en France depuis moins d’un an. Dans les centres d’accueil, de soins et d’orientation qui reçoivent une majorité de migrants, l’association Médecins du monde souligne une fréquence plus forte de certains problèmes de santé par rapport à la population consultant en médecine de ville, tels que les troubles digestifs (14,5% contre 7,8%), oculaires (3,7 % / 1,0 %), cutanés (9,2% / 4,8%) et respiratoires (19,5% / 12,9%).

La santé des femmes immigrées

Les femmes immigrées présentent un risque accru de mort maternelle ou de morbidité maternelle, en particulier pour celles nées en Afrique subsaharienne (risque relatif de décès multiplié par 3,4).

Sans occulter les impacts des conditions de vie des femmes sur la dégradation de leur état de santé, l’étude montre que c’est un suivi prénatal inadéquat qui est la source principale de cette surmortalité. Il est donc possible d’y remédier en adaptant le système de soins.

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