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Niveau de vie, diplôme : l’influence de l’origine sociale

le 23 juillet 2018

Dans une note d’analyse publiée le 6 juillet 2018, France stratégie s’interroge sur le déterminisme social en France. A l’appui des statistiques de l’Insee, l’étude fait apparaître que l’inégalité des chances prend sa source principalement dans l’origine sociale et le niveau de diplôme.

L’importance de l’origine sociale sur le niveau de vie

La probabilité d’atteindre un niveau de vie élevé dépend en grande partie de l’origine sociale.

Ainsi, parmi les 10% de personnes les plus modestes nés entre 1970 et 1984, plus de la moitié sont des enfants d’ouvriers. A l’inverse, au sein des 10% les plus aisés, 35% sont des enfants de cadres supérieurs. Au sein du 1% le plus riche, 50% sont des enfants de cadres supérieurs.

La profession du père joue un rôle majeur. Les enfants dont le père exerce une profession libérale sont les plus avantagés. Ils ont une chance sur deux d’intégrer les 20% de personnes les plus aisées. Ils sont suivis des enfants de cadres et de chefs d’entreprises. A contrario, les enfants dont le père est ouvrier agricole ou ouvrier non qualifié ont près d’une chance sur trois d’appartenir aux 20% des plus modestes et une chance sur dix aux 20% les plus aisés.

L’origine sociale produit des effets en cascade

L’origine sociale produit des effets sur le niveau de diplôme, qui, à son tour, agit de façon déterminante sur le niveau de revenus : "L’influence de l’origine sociale sur le niveau de vie des individus transite pour moitié par l’influence qu’elle exerce sur le niveau de diplôme obtenu". L’écart moyen de revenus entre un enfant de cadre supérieur et un enfant d’ouvrier non qualifié, qui résulte de cette "inégalité des chances éducative" (écart lié au diplôme), atteint 428 euros par mois.

Par ailleurs, il semble exister une corrélation entre le niveau de diplôme d’une personne et celui de son conjoint. Cette "homogamie éducative" conforte les écarts de niveau de vie. "67% des conjoints d’enfants d’ouvriers non-qualifiés bacheliers sont eux-mêmes bacheliers, alors que cette proportion est de 89% pour les conjoints des enfants de cadres supérieurs titulaires du baccalauréat".

Alors que la France figure parmi les pays les moins inégalitaires en Europe grâce notamment à son système de redistribution, elle révèle paradoxalement un niveau élevé d’inégalités des chances.

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