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Ouvriers intérimaires : une prévention des risques professionnels à améliorer

le 19 octobre 2018

La Dares publie, le 10 octobre 2018, une étude sur l’exposition des ouvriers intérimaires aux risques professionnels. Elle s’appuie sur les résultats de l’enquête surveillance médicale des expositions des salariés aux risques professionnels de 2010 (Sumer) et de l’enquête conditions de travail 2013.

Des ouvriers plus fortement exposés à des contraintes physiques

Ouvrier dans l'industrie automobile © fotolia.comOuvrier dans l’industrie automobile © fotolia.com Quel que soit leur statut, les ouvriers sont fortement exposés à des contraintes physiques. Ces contraintes sont encore plus fortes pour les ouvriers intérimaires.

42% des ouvriers intérimaires travaillent debout au moins 20 heures par semaine contre 39% pour l’ensemble des ouvriers. Ils sont 22% à déplacer manuellement des charges plus de 20 heures par semaine contre 12% chez l’ensemble des ouvriers. De même, ils sont 20% à subir un bruit d’au moins 85 décibels contre 15% pour l’ensemble. Ils sont encore 29% à endurer un travail répétitif plus de 10 heures par semaine contre 21% chez l’ensemble des ouvriers.

Selon l’étude, ces différentes s’expliquent le plus souvent par les caractéristiques des métiers exercés plutôt que par le statut d’intérimaire.

Des ouvriers moins souvent signalés comme exposés à des agents chimiques cancérogènes

Les ouvriers intérimaires semblent moins exposés aux agents cancérogènes : ils étaient 19% à être exposés à au moins un produit chimique cancérogène contre 25% des ouvriers.

L’écart s’explique en partie par l’interdiction de l’exposition des travailleurs intérimaires à certains agents chimiques dangereux (c’est le cas pour l’amiante, le chlorure de vinyle, le cadmium, les amines aromatiques, etc.). Cependant, la Dares estime que cet écart résulte aussi d’une "sous-évaluation" de l’exposition des travailleurs intérimaires par les médecins enquêteurs. Les intérimaires restent souvent peu de temps sur leur poste de travail, ce qui "rend plus difficile une connaissance approfondie de leur situation concrète par les médecins".

S’agissant des risques psychosociaux, la Dares note que les salariés temporaires souffrent moins de pressions psychologiques ou d’un manque de reconnaissance. En revanche, leur contrat de travail temporaire suscite une forte insécurité socio-économique.

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