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Protection du loup : un plan national critiqué par les éleveurs

le 23 février 2018

Le gouvernementGouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale. a présenté, le 19 février 2018, le 4e Plan national d’actions sur le loup et les activités d’élevage couvrant la période 2018-2023. L’objectif du plan est de permettre la viabilité de cette espèce protégée tout en protégeant les troupeaux et les éleveurs.

Un objectif de 500 loups en 2023

Le plan vise une population de 500 loups en 2023. Le pourcentage d’animaux abattus chaque année pour régulation se situe désormais entre 10 et 12% de la population totale (avec un plafond maximum initial pour 2018 fixé à 40 spécimens). Les autorisations d’abattage de loups sont étendues aux situations de défense des troupeaux.

Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN), dans un avis du 12 janvier 2018, note que "le quota retenu frôle la croissance zéro" de l’espèce. Compte tenu de l’augmentation de la population, de 292 à 360 loups entre 2016 et 2017, l’objectif de 500 loups pourrait entraîner un grand nombre d’abattages.

Des organisations non-gouvernementales (ONG), le WWF notamment, préconisent que les tirs contre les loups soient "réservés à des situations dérogatoires, aux fins de protection des élevages".

L’indemnisation des dommages du loup conditionnée à de mesures de protection

Lorsqu’un troupeau est attaqué par un loup, l’État a mis en place un système d’indemnisation pour dédommager l’éleveur. Le plan d’action modifie les règles de ce système. Désormais, un éleveur pourra être indemnisé à la condition d’avoir mis en place des mesures de protection des troupeaux (clôtures ou regroupement nocturnes, chiens de protection, gardiennage ou surveillance).

Cette modification est mal acceptée par les agriculteurs. La Confédération paysanne a montré que les frais liés à la protection sont importants pour les éleveurs, de l’ordre de 5 millions d’euros en 2016. Quant à la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricole (FNSEA), elle déplore que l’État encourage l’augmentation du nombre de loup alors qu’il est désigné responsable de l’attaque mortelle de 10 000 animaux d’élevage en 2016 et 12 000 en 2017.

Les autres mesures du plan
  • création d’un centre de ressources rassemblant l’état des connaissances sur l’espèce ;
  • accompagnement technique des éleveurs situés sur les 15% de territoires qui totalisent 60% des attaques ;
  • développement d’expérimentations de mesures de protection et d’effarouchements (sonores, visuels ou olfactifs) ;
  • extension de la procédure simplifiée de demande d’indemnisation aux éleveurs volontaires ;
  • pérennisation de la brigade loup de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) chargée de participer à des tirs de défense et de réaliser des constats de dommage ;
  • mise en place d’un plan de soutien au pastoralisme
  • autorisation des tirs de défense toute l’année.

De retour dans le paysage alpin français, durant l’hiver 1992-93, les loups entrent dans la catégorie des espèces protégées depuis 1994. On les recense notamment dans le Massif central, les Pyrénées, le Massif des Vosges, en Lorraine et dans les Alpes.

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