Radicalisation islamiste en prison : débat sur la mise en place d’unités dédiées [20150630]| vie-publique.fr | Actualités | En bref

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Radicalisation islamiste en prison : débat sur la mise en place d’unités dédiées

le 30 06 2015 Archives.

L’avis du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) du 11 juin 2015 sur la prise en charge de la radicalisation islamiste en milieu carcéral, ainsi que les observations faites par la ministre de la justice pour le gouvernementGouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale. le 26 juin 2015, ont été publiés au Journal officielJournal officielJournal de la République française dans lequel sont publiés les lois et les règlements. du 30 juin 2015. Cet avis répond à une double actualité :

  • l’expérimentation par le centre pénitentiaire de Fresnes depuis octobre 2014 d’une "Unité de prévention du prosélytisme" et sa "duplication" projetée dans d’autres établissements de la région parisienne et du nord de la France,
  • l’annonce par le Premier ministre de la création, d’ici la fin de l’année 2015, de cinq quartiers dédiés au regroupement des personnes détenues "radicalisées ou perméables au prosélytisme".

Concernant l’expérimentation menée à Fresnes, le CGLPL note que la mise en place de cette unité n’a pas eu d’effet apaisant sur le reste de la détention. En outre, les personnes détenues affectées dans cette unité déclarent craindre d’être durablement étiquetées comme islamistes radicaux et de ne pas pouvoir se défaire de l’emprise de leurs codétenus, n’ayant désormais plus aucun lien avec le reste de la population carcérale. Le CGLPL s’interroge également sur les critères d’identification des personnes radicalisées, ainsi que sur leur régime de détention qui ne s’apparente ni à la détention ordinaire, ni à la mise à l’isolement. Plus largement, la concentration des futures unités de prévention du prosélytisme en région parisienne met en cause le droit au maintien des droits familiaux, alors que la famille joue un rôle indispensable dans la réinsertion. En conclusion, le CGLPL ne se déclare pas favorable au dispositif de regroupement des personnes radicalisées, car il est potentiellement dangereux et ne découle d’aucune disposition légale applicable.

La ministre de la justice indique qu’un régime de détention ordinaire sera appliqué dans ces unités dédiées et que l’encellulement individuel y sera garanti. Il s’agit de proposer une prise en charge adaptée des personnes détenues radicalisées ou en voie de radicalisation, tout en garantissant le respect de leurs droits (maintien des liens familiaux, accès aux activités de travail, de formation et socioculturelles, etc.) et en protégeant les autres personnes détenues d’éventuelles actions prosélytes. L’affectation d’une personne détenue dans ces unités sera décidée après une évaluation pluridisciplinaire à partir notamment de la grille de détection en cours d’actualisation et d’entretiens conduits par une équipe pluridisciplinaire. Les modalités de prise en charge des personnes détenues affectées en unité dédiée sont en cours d’élaboration.

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