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Ségrégation entre collèges : impact de la sectorisation et du recours à l’enseignement privé

le 1er octobre 2018

Une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiée le 20 septembre 2018 analyse le rôle des familles dans le manque de mixité sociale dans les collèges en prenant pour échantillon les élèves entrés en 6e en 2015 dans la ville de Paris et les métropoles de Bordeaux et Clermont-Ferrand.

La sectorisation, principal critère d’affectation des élèves dans les collèges

La répartition des élèves entre collèges publics se fait principalement par le biais de la carte scolaire. Les familles peuvent cependant demander une dérogation pour un autre collège public (recherche d’une option rare), ou décider de scolariser leur enfant dans un collège privé dont le recrutement ne dépend pas de la carte scolaire.

58% des élèves sont scolarisés dans leur collège de secteur à Paris, 65% dans la métropole de Clermont-Ferrand et 68% dans celle de Bordeaux. Du fait des dérogations accordées par les rectorats, 12% sont inscrits dans un collège public autre que celui de leur secteur à Paris et à Clermont-Ferrand et 11% à Bordeaux. La part moyenne du privé à l’échelle nationale est de 22% et de 30% à Paris, 23% à Clermont-Ferrand et 21% à Bordeaux.

Les choix des parents, facteur d’amplification de la ségrégation scolaire et résidentielle

La répartition des élèves de 6e en fonction du collège de scolarisation et du milieu social des parents reflète les mécanismes qui jouent sur la mixité sociale : assignation des élèves résidant dans des quartiers socialement défavorisés aux collèges “difficiles”, choix par les familles les plus aisées de “bons” collèges ou du recours à un collège privé.

À Paris, le choix d’un collège privé contribue pour 45% à la ségrégation observée, le contournement de la carte scolaire pour un autre collège public 5%. Pour les métropoles de Bordeaux et Clermont-Ferrand, les contributions de l’“évitement” vers le privé sont de 33%, celles du choix d’un collège public autre que celui du secteur de 6% et 4% respectivement.

Les différences de profils sociaux entre les familles qui optent pour le privé et celles qui, résidant dans le même quartier, scolarisent leurs enfants dans un collège public expliquent l’essentiel de la contribution positive de l’enseignement privé à la ségrégation sociale.

À Paris, les enfants issus de milieux très favorisés socialement constituent, en 2015, 72,7% des élèves scolarisés en 6e dans un établissement privé, tandis qu’ils ne représentent que 49,7% de l’ensemble des élèves parisiens. 4,2% des élèves scolarisés en 6e le sont dans le privé à Paris.

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