Imprimer

Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens : l’avis du HCSP

le 20 décembre 2018

Le 10 décembre 2018, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a mis en ligne une analyse sur le projet de deuxième Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE2) en cours d’élaboration. Son avis s’inscrit dans la continuité des préconisations du rapport des inspections générales de la santé, de l’agriculture et du développement durableDéveloppement durableDéveloppement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs., publié à la suite de l’évaluation de la SNPE1, en février 2018.

L’analyse des trois grands objectifs du projet de SNPE2

Le premier objectif du projet de stratégie nationale vise la prévention de l’imprégnation de l’environnement par les perturbateurs endocriniens (PE), avec des campagnes de mesures des différents milieux. La mise en œuvre de mesures de substitution des PE par d’autres substances continue de privilégier une approche volontariste par les entreprises, mais nécessite une adaptation du cadre réglementaire européen pour inclure, aux côtés des PE "avérés" et "présumés", des PE "suspectés".

Le deuxième objectif porte sur la protection de la population par des actions de formation et d’information à caractère pratique. Ainsi l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail prévoit, d’ici fin 2021, la publication d’une liste de substances chimiques pouvant avoir des propriétés de PE. Une meilleure formation aux PE est prévue pour les professionnels de santé (pédiatres, gynécologues) et de la petite enfance ainsi que pour les secteurs d’activité concernés.

Le troisième objectif est d’accroître la connaissance sur les PE : soutien de la recherche à long terme, développement d’une recherche appliquée en santé, surveillance élargie à plusieurs pathologies liées aux PE (au-delà des seuls troubles reproductifs).

Le HCSP met l’accent sur certaines lacunes du projet

Le HCSP souligne que le caractère réaliste de ces objectifs répond globalement aux axes proposés par les inspections générales, mais dépend “largement” des financements qui leur seront affectés.

Il juge l’approche de gestion des risques trop conditionnée par les procédures communautaires. L’alimentation comme source d’exposition aux PE n’est pas suffisamment prise en compte et aucune mention n’est faite des inégalités d’exposition selon le profil socio-économique.

Le Haut Conseil souhaite que la version finale actualisée soit assortie de financements et que les listes de pilotes et/ou opérateurs pour chaque action puissent être complétées.

Mots clés :

Rechercher