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Viol : le Haut Conseil à l’égalité dénonce une banalisation

le 7 10 2016

Le 5 octobre 2016, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE/fh) a remis à la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes et à la présidente de la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité de l’Assemblée nationale, un “Avis pour une juste condamnation sociétale et judiciaire du viol et autres agressions sexuelles”.

Parmi les 84 000 femmes majeures déclarant chaque année être victimes de viol ou tentative de viol, moins de 10% déposent plainte et seule une plainte sur dix aboutira à une condamnation. 20,4% des femmes déclarent avoir été victimes d’au moins une forme de violence sexuelle au cours de la vie. Le HCE/fh dénonce le viol comme un “phénomène massif”, mais reconnaît que sa mesure statistique est une entreprise “délicate”. L’ampleur du phénomène, dont les conséquences sont lourdes et plurielles pour les victimes, leurs familles et la société, demeure cependant peu dénoncée et peu condamnée en raison, notamment, d’une certaine tolérance sociale valorisant la “culture des violeurs”. De nombreux stéréotypes persistent à propos du viol. Ainsi, les femmes sont encore largement considérées comme responsables des violences sexuelles qu’elles subissent.

Les 12 recommandations formulées par le HCE/fh pour lutter contre le viol et autres agressions sexuelles s’articulent autour de 5 leviers :

  • la sensibilisation de la société par une campagne nationale d’information, la valorisation d’initiatives associatives, un traitement médiatique plus adapté et la promotion de la ligne nationale 39-19, numéro d’appel anonyme et gratuit pour toutes les victimes de violences faites aux femmes ;
  • la formation des professionnels, en renforçant notamment l’action de la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF) ;
  • l’accueil, la protection et l’accompagnement des victimes par l’instauration de “guichets uniques” pour offrir aux victimes un accueil et un accompagnement rapides et pluridisciplinaires ;
  • le traitement judiciaire, avec l’allongement des délais de prescription, la modification du code pénal pour rendre le droit plus explicite et pédagogique et une meilleure protection des mineures victimes de violences sexuelles ;
  • l’éducation et la protection des jeunes dès le plus jeune âge, en rendant effective l’obligation légale d’éducation à la sexualité de l’école au lycée.

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