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Paris 2015 : les points clés des négociations à venir

le 1er 11 2015 Archives.

La 21e conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP 21) se tient à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015. Elle doit aboutir à la définition du premier accord applicable à 195 pays, à compter de 2020. Les négociations devraient être marquées par deux sujets clés.

Conformément aux conclusions de la conférence de Copenhague en 2009, l’accord à conclure lors de la conférence Paris 2015 doit permettre de limiter la hausse des températures à 2°C par rapport à l’ère industrielle, ce qui nécessite de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) de 40% à 70% d’ici à 2050, par rapport à leur niveau de 2010. L’accord doit également assurer le financement de la lutte contre le changement climatique dans les pays en voie de développement. Ces deux questions devraient constituer les points clés des négociations.

Premier point clé : les contributions nationales à la réduction des émissions de GES

Dans la perspective de Paris 2015, chaque Etat est invité à définir, avant le 1er octobre 2015, sa contribution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre à compter de 2020. Ces « contributions prévues déterminées au niveau national » (INDCs) doivent être supérieures aux engagements déjà pris par les Etats au cours des périodes précédentes (première ou deuxième période du Protocole de Kyoto, etc.), mais les moyens pour les réaliser et les périodes de référence sont laissés au libre choix des Etats.

A la date du 1er octobre 2015, 146 pays, dont les 28 Etats membres de l’Union européenne, ont rendu leur contribution auprès de l’ONU. Ces pays représentent plus de 85% des émissions mondiales, avec notamment 13 des 15 plus grands pays émetteurs de GES : la Chine (22,3%), les Etats-Unis (13,4%), l’Inde (5,1%), la Russie (4,8%), l’Indonésie (4,5%), le Brésil (3,1%), le Japon (2,5%), le Canada (1,8%), le Mexique (1,6%), la Corée du Sud (1,4%), l’Australie (1,3%), ainsi que l’Allemagne (1,8%) et le Royaume-Uni (1,2%) qui appartiennent à l’Union européenne (9,3%). Les 2 autres grands pays émetteurs n’ont, à cette date, pas transmis leur contribution. Il s’agit de l’Iran (1,6%) et de l’Arabie Saoudite (1,2%).

Ces contributions sont agrégées dans un rapport de synthèse afin d’évaluer, avant l’ouverture de Paris 2015, leur impact au regard de l’objectif de limitation de la hausse des températures, fixé à 2°C. Publié le 1er novembre 2015, le rapport indique qu’"en l’état actuel, les contributions permettent de contenir le réchauffement de la planète mais ne sont pas suffisantes pour retrouver la trajectoire des 2°C".

Aussi, il revient à l’accord de Paris, qui doit être conclu lors de la COP 21, de renforcer cette première série de contributions. Un autre sujet sensible est celui du choix des mécanismes devant permettre de contrôler la réalisation effective des engagements pris par les Etats et de mesurer son impact réel.

Deuxième point clé : les transferts financiers vers les pays en voie de développement

Outre la réduction des émissions de gaz à effet de serre, Paris 2015 a pour objectif de déterminer les règles ayant trait aux transferts financiers des pays développés vers les pays en voie de développement. Lors de la conférence de Copenhague en 2009, les pays développés ont fait la promesse de mobiliser 100 milliards de dollars d’aide annuelle d’ici à 2020, sur fonds public et fonds privés, pour aider les pays en voie de développement à réduire leurs émissions de GES ("l’atténuation") et à s’adapter aux effets du réchauffement climatique ("l’adaptation"). A cet effet, un Fonds vert, par lequel doit transiter une partie de ces 100 milliards, a été créé par l’Organisation des Nations Unies en 2010.

Depuis la première réunion de capitalisation de ce fonds, qui s’est tenue en novembre 2014, 32 pays ont fait la promesse de l’abonder à hauteur de 10,2 milliards de dollars. Ces montants doivent être accordés sous forme de dons ou de prêts sur une période de 4 ans (2015-2018). La moitié doit être consacrée à l’adaptation au changement climatique dans les pays les plus vulnérables, et l’autre moitié à des investissements dans les énergies renouvelables ou tout autre projet favorisant la décarbonation de l’économie.

A la date du 21 mai 2015, plus de la moitié des 10,2 milliards de dollars promis ont été délivrés, condition requise pour que le fonds puisse engager ses premiers projets. Ce devrait être chose faite d’ici la tenue de Paris 2015.

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