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Sécheresse 2006 : quel état des lieux ? quelles actions ?

le 14 08 2006 Archives.

La Tremblade (17). Terre asséchée

La Tremblade (17). Terre asséchée Crédit : © La Documentation française Photo : Sylvain Frappat

Au 8 août 2006, 62 départements Français ont pris un arrêté de limitation des usages de l’eau. La situation hydrologique est jugée préoccupante dans 38 départements, délicate dans 31 départements et 27 départements sont en situation de vigilance. Tel est le dernier état des lieux des effets de la sécheresse en France dressé par le ministèreMinistèreEnsemble des services de l’Etat (administration centrale et services déconcentrés) placés sous la responsabilité d’un ministre. de l’écologie.

Sécheresse : l’état des lieux

Le dernier comité national de suivi des effets de la sécheresse réuni jeudi 27 juillet a rendu public un bilan de la situation hydrologique et des impacts sur les différents usages de l’eau dont l’électricité. Malgré des pluies, les mois de juin et de juillet ont été secs sur l’ensemble du territoire. Quatre grandes zones sont particulièrement concernées par la sécheresse : le Sud-Est qui connaît un déficit de précipitations depuis février, le bassin parisien où les nappes phréatiques mal rechargées en 2005 et 2006 sont à des niveaux très bas, le Sud-Ouest affecté par un déficit de pluies depuis trois mois et la région Poitou-Charentes dont les ressources en eau sont limitées.

Si jusqu’ici aucune rupture de l’alimentation des populations en eau potable n’a été signalée, le déficit hydrique couplé aux fortes températures a contribué à affaiblir le niveau des cours d’eau. Des mortalités de poissons sont observées ainsi qu’une dégradation de la qualité des eaux. D’après les estimations du ministèreMinistèreEnsemble des services de l’Etat (administration centrale et services déconcentrés) placés sous la responsabilité d’un ministre. de l’agriculture, des baisses de rendement sont attendues par rapport à l’année dernière pour le blé (-3,3%), l’orge (-1,4%), le colza (-19,6%) et la production de fourrages (-17%). Pour le maïs, les résultats dépendront de la pluviométrie d’août. 40 départements ont par ailleurs demandé ou prévoient de demander une procédure de « calamités agricoles » permettant l’indemnisation des agriculteurs touchés par la sécheresse.

Comment traiter le problème de la sécheresse à court terme ?

Les pouvoirs publics disposent de plusieurs outils pour faire face à la situation de sécheresse. On peut distinguer les outils qui visent à faire face à la sécheresse dans l’immédiat et ceux qui visent une action à moyen et long termes.

Des mesures de limitation ou d’interdiction des prélèvements d’eau sont prises au gré de l’évolution de la situation hydrologique de chaque département. Certains bassins versants sont ainsi concernés par une interdiction totale de prélèvement pour l’irrigation. Sur les huit dernières années, le ministère de l’écologie a observé que chaque année une vingtaine de départements connaissaient des limitations de consommation. Ce chiffre atteint plus de 60 départements les années les plus sèches (2003, 2005, 2006).

Autre mesure utilisée pour faire face à la situation de sécheresse : l’information du public et l’appel à la responsabilisation du citoyen. Une campagne de sensibilisation du grand public aux économies d’eau a été lancée sur la radio depuis le 22 juillet et sur les chaînes de télévision du 30 juillet au 22 août. Des conseils pour économiser l’eau sont divulgués : prendre une douche plutôt qu’un bain, récupérer l’eau de nettoyage des légumes pour l’arrosage de plantes, choisir du matériel d’arrosage « goutte à goutte » plutôt que des canons à eau, ne pas arroser un gazon qui va reverdir dès les premières pluies ... Lors de son intervention du 27 juillet, la ministre de l’écologie Nelly OLIN a indiqué que la sécheresse et la canicule actuelles "illustraient très concrètement les conséquences du changement climatique" et a invité les Français à contribuer dans leur vie quotidienne à réduire leurs émissions de CO2 (isolation des logements, chauffe-eau solaires ...).

Les actions de lutte contre la sécheresse à moyen et long termes

A la suite des sécheresses rencontrées les années précédentes, le ministère de l’écologie a proposé en octobre 2005 un plan de gestion de la rareté de l’eau réactualisé à deux reprises. Il a été demandé aux préfets d’expérimenter ce plan sur 10 bassins versants et 2 îles. Ce plan s’articule autour de trois axes : priorité à l’eau potable, partage de l’eau entre les différents usages et meilleure valorisation de l’eau.

Le plan propose d’inscrire en premier lieu plusieurs mesures dans le projet de loiProjet de loiProjet de texte législatif déposé au Parlement à l’initiative du gouvernement. sur l’eau et les milieux aquatiques, projet de loi qui sera à nouveau débattu à la rentrée au ParlementParlementOrgane collégial qui exerce le pouvoir législatif (adoption des lois et contrôle du pouvoir exécutif). En France, le Parlement est composé de deux chambres : l’Assemblée nationale et le Sénat.. Il s’agirait ainsi d’affirmer la priorité à l’eau potable par rapport aux autres usages et d’étendre les missions des agences de l’eau à la recherche d’économies d’eau (notamment aide à la lutte contre les fuites dans les réseaux d’eau).

Le plan invite en deuxième lieu à examiner les économies d’eau qui peuvent être réalisées. Cette démarche d’économie d’eau entend s’appliquer à tous les acteurs, et « prioritairement aux plus importants consommateurs d’eau en période de sécheresse », indique le plan. Concernant les particuliers, ces économies d’eau vont passer par exemple par la pose obligatoire de compteurs d’eau froide pour chaque logement en immeubles collectifs neufs. Concernant l’agriculture, le plan préconise une gestion collective des ressources en eau, accompagnée de pratiques environnementales adaptées. Le plan appelle aussi à valoriser les résultats des programmes de recherche portant sur l’adaptation des cultures au climat (sélection génétique, pratiques culturales...) ou la réduction de la consommation d’eau dans les filières industrielles les plus consommatrices en eau, notamment les centrales de production électrique.

Les techniques de valorisation des eaux de pluie, des eaux usées ou la désalinisation sont connues, mais peu utilisées. Le plan de gestion de la rareté de l’eau entend dans les six prochains mois développer des actions en ce sens pour mobiliser de nouvelles ressources en eau. En particulier, des expériences de récupération et d’utilisation des eaux de pluie seront menées pour certains usages (arrosage, nettoyage des sols, ...).

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