Elections européennes : l’abstention, un enjeu du scrutin ?
Le ParlementParlementOrgane collégial qui exerce le pouvoir législatif (adoption des lois et contrôle du pouvoir exécutif). En France, le Parlement est composé de deux chambres : l’Assemblée nationale et le Sénat. européen, dont les élections se dérouleront du 4 au 7 juin 2009, est peu connu des Européens. Comment remédier à cette situation ? Quelles sont les attentes exprimées par les Européens pour ces élections ?
L’abstention, une tendance générale à la hausse avec des situations variables au sein de l’Union européenne
Le contexte institutionnel général
Le 7 juin 2009, les électeurs français de métropole se rendront aux urnes pour élire 72 députés européens dans 8 circonscriptions, composées de plusieurs régions. Du 4 au 7 juin, 736 députés seront élus pour représenter les 27 États membres de l’Union européenne (UE) au Parlement européen, dans le cadre du traité de Nice toujours en vigueur. Si le traité de Lisbonne entre en vigueur après cette élection et si le correctif prévu par le Conseil européen de décembre 2008 est ratifié, la France aura 2 députés supplémentaires et le nombre total de députés du Parlement passera à 754.
Selon le code électoral français, les votes nul et blanc sont considérés comme des votes de "non choix" et comptabilisés ensemble. A la différence d’autres pays européens, les votes blancs ne sont donc pas comptabilisés dans les suffrages exprimés. Par ailleurs l’abstention est le fait d’électeurs inscrits sur les listes électorales qui ne participent pas à l’élection, comportement électoral impossible en Belgique, en Grèce et au Luxembourg, où le vote est obligatoire.
L’abstention : un phénomène paradoxal ?
9 pays membres participent aux élections européennes depuis 1979 (Allemagne, Belgique, Danemark, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni). Aux élections de 1984 viennent s’ajouter l’Espagne et le Portugal et, en 1994, l’Autriche, la Finlande et la Suède. En l’espace de 30 ans, avec les élargissements successifs de l’UE, l’augmentation du nombre et des pouvoirs des députés, le PE est passé d’un organe purement consultatif à une institution co-législative clef. Cependant, depuis 1979, la participation des électeurs aux élections européennes décline dans la plupart des États membres (y compris en Belgique et en Grèce). Seuls le Danemark, la Finlande, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Royaume-Uni enregistrent une participation électorale à la hausse pour ce type d’élection. En moyenne, entre 1979 et 2004, date de la précédente élection européenne, le taux d’abstention dans l’Europe des Quinze est passé de 37% à 47,2%.
En France, l’abstention n’a cessé de progresser aux scrutins européens, avec une exception en 1994 (39,3 % en 1979, 43,3% en 1984, 51,2% en 1989, 47,3 en 1994, 53,2% en 1999 et 57,2 % en 2004). En 2004, l’abstention aux élections européennes dans les nouveaux États membres atteint 59,7% en moyenne, avec un minimum pour Malte (17,6%) et un maximum pour la Slovaquie (83%). En 2005, le référendumRéférendumProcédure de vote permettant de consulter directement les électeurs sur une question ou un texte, qui ne sera adopté qu’en cas de réponse positive. portant sur le projet de constitution européenne avait vu un recul de l’abstention en France : seulement 30,63% des inscrits n’étaient pas aller voter.
Causes et remèdes à l’abstention
Un désintérêt relatif pour un scrutin jugé sans enjeu réel.
- La faible connaissance de l’Union européenne est avancée comme le principal facteur de l’abstention : les citoyens ne savent pas pour qui ni pour quoi ils votent. Peu d’électeurs savent que 80% de la législation nationale est conçue au niveau européen avant d’être transposée au niveau national : les eurodéputés restent des personnes peu visibles et leur pouvoir réel est en grande partie méconnu.
- En France, comme ailleurs dans l’Union européenne, ces élections sont considérées par les partis, les médias et les électeurs comme un scrutin de "second ordre", sans enjeu réel et peu susceptibles de provoquer une réelle alternance politique. Par ailleurs, l’objectif de ces élections est souvent détourné par l’opposition et les citoyens, qui y trouvent un moyen de sanctionner le gouvernementGouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale. en place.
Quels remèdes à l’abstention ?
- Mieux communiquer : partant de l’idée que la réticence à l’égard de l’Europe serait due à une connaissance insuffisante de ce qui s’y fait, la Commission européenne s’est dotée, dès 1974, d’un instrument de référence pour l’analyse de l’opinion publique européenne, les enquêtes Eurobaromètre. Après les référendums du printemps 2005, elle lance le programme intitulé "Plan D comme Démocratie, Dialogue et Débat" avant de publier, en février 2006, un livre blanc sur la politique de communication européenne. De son côté, le PE a entrepris un important travail de réflexion sur son rôle en tant que défenseur des intérêts des citoyens faisant contrepoids à la Commission et au Conseil. Cela se traduit par une meilleure mise en valeur des débats autour de dossiers sensibles, a priori propices à des discussions de fond et susceptibles d’attirer l’attention des médias et des citoyens.
Outre les remèdes au "déficit de communication", d’autres solutions ont été proposées :
- élaborer une campagne électorale dans laquelle chaque familleFamilleGroupe de personnes liées par des liens de filiation et d’alliance. politique mène des campagnes similaires sur des questions européennes dans chaque État membre (à l’instar du Parti vert européen ou du mouvement Libertas) ;
- coupler l’élection au Parlement européen avec une élection nationale ou locale (comme au Luxembourg) ;
- porter un effort sur la pédagogie des enjeux du scrutin ou offrir la possibilité de voter par courrier ou par internet.
Les enjeux des élections européennes de juin 2009
Qu’attendent les citoyens des élections européennes de juin 2009, à quels thèmes donnent-ils la priorité ?
- L’enquête Eurobaromètre sur l’opinion publique dans l’Union européenne, parue en décembre 2008, révèle l’importance des préoccupations liées à la crise financière. Si 71% des participants à l’enquête se déclarent "particulièrement pessimistes" à propos de la situation de l’économie mondiale, la situation de l’économie européenne est perçue sous un jour légèrement plus positif comparée à l’opinion que les Européens se font de leur économie nationale ou de l’économie mondiale. L’appartenance à l’UE est toujours considérée comme positive par les Européens. Le soutien à l’UE demeure l’opinion majoritaire (53%) tandis que seulement 15% des Européens considèrent que l’appartenance de leur pays à l’Union est une mauvaise chose.
- Concernant les attentes des électeurs, le sondage de l’institut LH2 du 6 mars 2009 confirme que les sujets sur lesquels les sondés estiment que les solutions n’existent qu’au niveau européen sont l’environnement (82%) et l’immigration (74%). Dans le contexte de crise économique et financière, ils attendent également davantage de coordination économique et de politique sociale au niveau européen.
- Des éléments nouveaux sont par ailleurs susceptibles de modifier la donne. D’abord, l’internet, dont l’influence a été soulignée lors de la campagne qui a abouti au rejet du traité constitutionnel de 2005. Ensuite, dans la perspective des élections de juin 2014, et dans le cas où le traité de Lisbonne serait adopté d’ici là, chaque famille politique européenne serait encouragée à donner un visage à son action par la mise en avant d’un candidat, le traité faisant obligation au Conseil européen de choisir son candidat à la présidence de la Commission européenne en se fondant sur le résultat des élections au Parlement européen.
Mots clés :
Discours
Premier ministre Gouvernement Partis politiques
- Déclaration de Mme Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, présentant les propositions des listes du "Front de gauche" aux élections européennes de 2009, à Paris le 8 mars 2009, Vie-publique.fr
- Déclaration de M. Gérard Larcher, président du Sénat, sur les élections européennes et l’Europe face à la crise économique et financière, Paris le 26 février 2009, Vie-publique.fr
- Interview de M. Jean-Pierre Raffarin, premier vice-président de l’UMP, dans "Les Echos" du 16 février 2009, sur le projet de réforme territoriale débattu au sein de la commission Balladur, le rôle de l’actuel Premier ministre, la préparation des élections européennes et le plan de relance de l’économie, Vie-publique.fr
- Interview de M. Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, dans "Valeurs actuelles" du 18 septembre 2008, sur la politique européenne de la France, Vie-publique.fr
- Déclaration de M. Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, sur les défis européens et les priorités de la présidence française de l’UE, après le vote négatif de l’Irlande, Lisbonne le 21 juin 2008, Vie-publique.fr
- Déclaration de M. François Bayrou, président du Mouvement démocrate, sur l’unité nationale en politique étrangère, l’euro-scepticisme, la préparation des élections européennes de 2009, la nature du projet européen et la crise démographique et énergétique, Paris le 8 juin 2008, Vie-publique.fr
- Déclaration de M. Jean-Marie Le Pen, président du Front national, sur le thème de la Nation et la République, Reims le 20 septembre 2006, Vie-publique.fr
Sur la Toile
- Rapport d’information fait au nom de la Commission des affaires européennes sur les conséquences institutionnelles de la non-entrée en vigueur du traité de Lisbonne, Bibliothèque des rapports publics - La Documentation française (janvier 2009)
- Décret n° 2009-317 du 20 mars 2009 fixant le nombre de sièges et le nombre de candidats par circonscription pour l’élection des représentants au Parlement européen, Légifrance
- Conseil économique et social : contribution au Livre blanc sur une politique de communication européenne, Bibliothèque des rapports publics - La Documentation française (juillet 2006)
- Loi n° 77-729 du 7 juillet 1977 relative à l’élection des représentants au Parlement européen - Version consolidée au 15 janvier 2009, Légifrance
- Herbillon (Michel).- La fracture européenne - Après le référendum du 29 mai 2005 : 40 propositions concrètes pour mieux informer les Français sur l’Europe, Bibliothèque des rapports publics - La Documentation française (juin 2005)
- Le Parlement européen,
- Zimmermann (Marie-Jo).- Elections à venir : faire vivre la parité, Bibliothèque des rapports publics - La Documentation française (décembre 2003)
- Commission européenne - Opinion publique - Sondages Eurobaromètre,
- Enquête Eurobaromètre sur l’opinion publique dans l’Union européenne , (8 janvier 2009)
- Le Parlement européen face aux attentes des citoyens européens, Parlement européen (janvier-février 2009)
- L’UE vous écoute - "Le Plan D : Démocratie, Dialogue et Débat", Commission européenne (13 octobre 2005)
- Livre Blanc sur une politique de communication européenne, Eur-Lex (février 2006)
- Evolution du taux de participation aux élections européennes, Parlement européen (juillet 2004)






