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Enseignement secondaire : comment offrir à chaque élève le choix de l’orientation qui lui convient ?

le 12 09 2008 Archives.

Paris (75). Lycée Lurçat. Cours de français pour des élèves en réinsertion scolaire.

Paris (75). Lycée Lurçat. Cours de français pour des élèves en réinsertion scolaire. © La Documentation française Photo : Samuel Bollendorff/L’Oeil Public

Si le diplôme tend à perdre de son influence dans la détermination de la position sociale des Français, il reste aujourd’hui encore la meilleure protection contre le chômage des jeunes. Cependant, toutes les formations n’offrent pas les mêmes facilités d’accès à l’emploi. Bénéficier d’une orientation scolaire réussie se révèle décisif, mais dans ce domaine également, les inégalités persistent. Comment y remédier ?

Chaque année, en fin de 3ème, de 2nde ou de terminale, plus de 2 millions d’élèves doivent choisir entre la poursuite d’études, l’entrée en apprentissage ou dans la vie active. Si une orientation réussie doit permettre à chacun d’exploiter tout son potentiel et de s’insérer professionnellement, les logiques et contraintes associées à la plupart des décisions d’orientation contrarient cet idéal. En accord sur ce constat, les professionnels de l’orientation contestent cependant les préconisations du Haut Conseil de l’éducation.

L’orientation scolaire, un mécanisme de sélection par l’échec ?

Premier constat dressé par le Haut Conseil de l’éducation dans son rapport annuel 2008, les logiques associées à l’orientation des élèves échouent à révéler et exploiter le potentiel de chacun.

Les décisions d’orientation se fondent sur les résultats des élèves dans les « matières principales », qui font appel aux savoirs abstraits et à l’intelligence déductive. Les élèves qui présentent des faiblesses dans ces disciplines sont écartés des cursus jugés les plus prestigieux (enseignement général et technologique, terminales scientifiques) sans que soient par ailleurs détectées leurs autres aptitudes. Les filières professionnelles pâtissent tout particulièrement de cette logique.

De plus, et contrairement aux établissements d’enseignement général, les choix d’orientation en lycée professionnel peuvent être contredits par les décisions administratives d’affectation. L’entrée des élèves est en effet soumise aux capacités d’accueil, les places par spécialités étant contingentées. A l’issue de la classe de 3ème, certains élèves peuvent ainsi se voir affectés dans une spécialité qui ne les intéresse pas ou qui ne correspond pas à leurs aptitudes.

L’orientation scolaire est conditionnée par la structure de l’offre éducative

Second constat présenté par le Haut Conseil, les choix d’orientation sont également influencés par la structure de l’offre éducative, qui diffère selon l’académie considérée.

Les académies présentant les meilleurs résultats en nombre annuel de diplômés se caractérisent à la fois par la diversité des catégories sociales composant leur population et par l’offre de formation. A l’inverse, dans les régions très marquées socio-économiquement, une seule filière d’enseignement prédomine et tous les élèves n’obtiennent pas une qualification.

Par ailleurs, la structure de l’offre de formation professionnelle fait face à des rigidités tendant à retarder son adaptation aux besoins économiques, même lorsque que ceux-ci sont connus : les rectorats, qui assurent notamment le recrutement et la formation des enseignants, ainsi que les régions en charge du financement des équipements et du bâti, s’adaptent trop lentement aux variations du contexte économique. En outre, les entreprises peinent le plus souvent à estimer leurs besoins à long terme.

L’absence de l’élasticité de l’offre de formation, si elle influence l’orientation des élèves, peut également compromettre leur insertion professionnelle : il arrive qu’il y ait des possibilités d’insertion, mais sans filières d’enseignement correspondantes et, à l’inverse, des filières pléthoriques, mais sans débouchés professionnels.

Les recommandations du Haut Conseil de l’orientation

Après avoir mis en lumière ces dysfonctionnements, le Haut conseil formule plusieurs recommandations.

Il préconise tout d’abord que les régions pilotent désormais les missions d’accueil et d’information des jeunes qui ont à s’orienter, compétence qu’elles partagent actuellement avec divers services de l’Etat (ministèreMinistèreEnsemble des services de l’Etat (administration centrale et services déconcentrés) placés sous la responsabilité d’un ministre. de l’éducation nationale, de l’emploi, etc.) dont il résulte un enchevêtrement des structures d’accueil (centres d’information et d’orientation, missions locales, etc.) et des coûts inutiles "manifestes".

Ensuite, le Haut Conseil propose que soit redéfinie la fonction de conseil en orientation, « aujourd’hui mal exercée ». Cette fonction demandant « une spécialisation au moyen d’une formation adaptée, qui ne soit pas exclusivement ni même principalement axée sur la psychologie », il recommande d’arrêter le recrutement des conseillers d’orientation-psychologues, pour faire appel à des enseignants et employer « des spécialistes déjà reconnus de l’insertion professionnelle, de l’emploi, de la formation continue, ainsi que des représentants des milieux professionnels ».

Enfin, il souhaite que l’éducation à l’orientation (stage d’observation en entreprise, option "découverte professionnelle", etc.) soit renforcée.

Les réactions des représentants des personnels du service publicService publicActivité d’intérêt général prise en charge par une personne publique ou par une personne privée mais sous le contrôle d’une personne publique. On distingue les services publics d’ordre et de régulation (défense, justice...), ceux ayant pour but la protection sociale et sanitaire, ceux à vocation éducative et culturelle et ceux à caractère économique. Le régime juridique du service public est défini autour de trois principes : continuité du service public, égalité devant le service public et mutabilité (adaptabilité). d’orientation

En accord sur le constat dressé par le Haut Conseil, les représentants des professionnels de l’orientation contestent le bien fondé du lien établi entre l’action des conseillers d’orientation psychologues et les "conséquences d’un système scolaire avant tout élitiste pour les jeunes en formation".

Défendant l’apport de ces professionnels de l’orientation qui offrent "un accompagnement individualisé, et non uniquement une information sur les métiers", ils dénoncent la diminution de leurs effectifs, chaque conseiller ayant en charge un trop grand nombre d’élèves.

Ils appellent enfin à l’adoption de "mesures de fond, visant à augmenter les capacités d’accueil, à faciliter les réorientations et à mieux prendre en compte les intérêts et les capacités des élèves".

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