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Les pôles de compétitivité, futurs ressorts de l’innovation

le 17 08 2005 Archives.

Le plateau de Saclay, un des 67 pôles retenus

Le plateau de Saclay, un des 67 pôles retenus © La Documentation française Photo : Philippe Guignard

Les neurosciences en Ile de France, les communications informatiques sécurisées en Provence-Alpes-Côte d’Azur, les activités végétales en Pays de Loire... tels sont quelques-uns des 67 pôles de compétitivitéPôle de compétitivité / Pôles de compétitivitéRapprochement, sur un territoire donné, d’entreprises, de centres de formation et d’unités de recherche engagés dans une démarche partenariale destinée à dégager des synergies autour de projets innovants. retenus par le Comité interministériel pour l’aménagement du territoireAménagement du territoireEnsemble des actions publiques tendant à un développement équilibré des régions et à une organisation de l’espace selon une conception directrice. (CIADT) du 12 juillet 2005. Ces pôles visent à relancer l’innovation, mais comment ?

Labellisation de 67 pôles de compétitivitéPôle de compétitivité / Pôles de compétitivitéRapprochement, sur un territoire donné, d’entreprises, de centres de formation et d’unités de recherche engagés dans une démarche partenariale destinée à dégager des synergies autour de projets innovants.

Le Comité interministériel pour l’aménagement du territoireAménagement du territoireEnsemble des actions publiques tendant à un développement équilibré des régions et à une organisation de l’espace selon une conception directrice. (CIADT) du 12 juillet 2005 a décidé de donner le label "Pôle de compétitivité" à 67 projets de développement économique. Les projets concernent non seulement les domaines technologiques en émergence (nanotechnologie, biotechnologie, microélectronique, ...) mais également des domaines déjà existants (automobile, aéronautique, etc..).

Parmi les 67 projets, 6 ont déjà une envergure mondiale : l’Ile-de-France avec les neurosciences et les systèmes informatiques complexes ; Toulouse et Bordeaux avec l’aéronautique et l’espace ; Lyon avec la santé ; Grenoble avec les nanotechnologies ; la région Provence-Alpes-Côte d’Azur avec les communications informatiques sécurisées. 9 autres pôles ont vocation à atteindre une dimension mondiale : les biotechnologies en Alsace ; la construction ferroviaire dans le Nord ; les biocarburants en Champagne-Ardenne et Picardie ; les activités végétales en Pays de Loire ; les activités liées à la mer à Brest et à Toulon ; les images et réseaux à Rennes ; la chimie industrielle à Lyon ; le multimédia à Paris. La cinquantaine de pôles restants sont des pôles à vocation nationale reflétant la diversité de l’économie française.

Chaque pôle labellisé fera par ailleurs l’objet d’un suivi individualisé par un comité de coordination mis en place par le préfet de région. Ce comité sera chargé d’élaborer un contrat cadre définissant le fonctionnement du pôle, sa stratégie, ses priorités de recherche ainsi que les critères d’évaluation des résultats.

1,5 milliard d’euros seront dédiés aux pôles sur 2006-2008 : 300 millions correspondront à des exonérations sociales et fiscales, 400 millions proviendront de crédits de différents ministères et 800 millions de financements de 3 agences : l’agence nationale de la recherche, l’agence de l’innovation industrielle (en cours de création) et OSEO (issu de la fusion l’agence des PME (ADPME), la banque du développement des PME (BDPME) et l’agence nationale de valorisation de la recherche (ANVAR)).

L’innovation, nouveau ressort de la compétitivité

Avec la définition de pôles de compétitivité, le gouvernementGouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale. entend relancer l’innovation car le manque de compétitivité de la France s’expliquerait avant tout par son mauvais positionnement dans le domaine de l’innovation, plus que par la fiscalité ou les coûts de production.

Ainsi, pour Jean-Louis Beffa dans le rapport « Pour une nouvelle politique industrielle » (2005), la faiblesse de la France tiendrait à une trop grande spécialisation industrielle dans des secteurs de faible technologie, « qui sont davantage soumis aux nouvelles concurrences internationales » et donc aux délocalisations. Aussi, son rapport invitait les pouvoirs publics à déployer des aides dans des secteurs nouveaux, aides « essentielles pour initier les innovations industrielles » et non plus dans les grands programmes du passé (défense, aéronautique, industrie spatiale, nucléaire civile, composants électroniques).

Relancer l’innovation, mais comment ? Le pôle de compétitivité vise justement à favoriser l’innovation en mettant en réseau sur un même territoire entreprises, centres de formation et unités de recherche. Selon le rapport de Christian Blanc « Pour un écosystème de la croissance » (2004), le développement économique s’explique par les liens de proximité entre entreprises, universités et centres de recherche. La proximité géographique et culturelle est créatrice ; les personnes, se retrouvant dans un même pôle, « discutent, se comprennent et sont donc capables d’entreprendre ensemble ». La Silicon Valley aux Etats-Unis est d’ailleurs donnée comme exemple des effets bénéfiques résultant d’une concentration de ressources sur un même lieu.

C’est à travers la diversité d’acteurs que se construit l’innovation. Xavier Ragot dans un article intitulé "Les stratégies de lutte contre les délocalisations" (Regards sur l’actualité, 2005) décrit les échanges à l’origine de l’innovation : les ingénieurs ont besoin des investisseurs parce qu’ils ne connaissent pas le marché de consommateurs ; les chercheurs ne connaissent pas les techniques de production même s’ils sont pourvoyeurs d’idées et les investisseurs qui perçoivent une demande potentielle ne savent pas comment la produire.

Initialement prévu pour un nombre limité de pôles, une vingtaine, le label "pôles de compétitivité" a été finalement décerné à 67 projets sur un total de 105 (contre une quarantaine de projets attendus) avec une enveloppe financière qui a vu alors son volume doubler. Un nouvel appel d’offres devrait être ouvert par ailleurs à la fin de l’année à des activités autres que l’industrie, par exemple le tourisme, la culture, l’environnement.

Au lendemain de l’annonce des sites labellisés "pôles de compétitivité", certains acteurs de la vie publique ont dénoncé la logique de "saupoudrage" des aides publiques. Toutes les régions peuvent-elles avoir un pôle de compétitivité ? Au sens de la Silicon valley, la réponse est non, selon le rapport « Pour un écosystème de la croissance ». Seules trois ou quatre en ont la possibilité. Mais quasiment toutes les régions de métropole ont un secteur d’excellence scientifique et technologique, explique encore le rapport. Aussi, les régions ont intérêt à concentrer leurs forces sur un petit nombre de secteurs d’excellence, distincts de ceux des autres régions. Dans une logique d’aménagement du territoire, l’auteur du rapport appelle ainsi à la spécialisation économique des territoires.

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