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Université : les thèmes marquants de la rentrée 2005/2006

le 30 09 2005 Archives.

Université, les enjeux de la rentrée 2005

Université, les enjeux de la rentrée 2005 © La Documentation française Photo : Vincent Dubourg

Du début du mois de septembre jusqu’au milieu du mois d’octobre, 1 367 000 étudiants font leur rentrée dans les 83 universités du territoire. Généralisation du système européen de diplômes, lutte contre l’échec, conditions de vie des étudiants, démocratisation, tels sont les thèmes marquants de la rentrée universitaire 2005/2006.

Une généralisation inachevée du système européen de diplômes

Pour la rentrée 2005, tous les établissements universitaires, à l’exception de l’Université des Antilles-Guyane, ont installé le système licence, master, doctorat dit "LMD" dans leur offre de formation.

La mise en place du cursus licence, master, doctorat (LMD) résulte d’une initiative intergouvernementale visant à créer un « espace européen de l’enseignement supérieur et de la recherche compétitif et attractif. »

Ce processus, engagé en 1998 par 4 pays (déclaration de la Sorbonne signée par l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni) rassemble aujourd’hui 45 pays de la « grande Europe ». Il prévoit notamment l’instauration d’une architecture comparable des études supérieures fondée sur trois grands niveaux : la licence, le master, le doctorat. Les formations sont organisées par module sur un semestre et donnent droit à des crédits organisés dans le système européen des ECTS (European Credit Transfer System). Ces crédits comptabilisés en points, sont capitalisables et transférables en principe dans toutes les universités européennes.

Le mise en place de la LMD reste cependant inachevée. L’ensemble du secteur des enseignements de santé doit encore intégrer le processus. Et selon un rapport de l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale (publié en juin 2005), de nombreuses difficultés sont constatées : les formations professionnalisées ne s’intègrent au système que lentement, l’organisation du contrôle des connaissances reste confuse, les services administratifs des universités peinent à s’adapter... Surtout l’objectif de création d’un espace européen d’enseignement supérieur semble encore lointain : les formations multiples aux dénominations diverses nuisent à la lisibilité des diplômes, la mobilité des étudiants tant internationale qu’entre universités françaises reste souvent théorique...

Lutte contre l’échec et démocratisation

Le taux d’échec des universités françaises est un des facteurs concourant à leur mauvais classement au niveau international. L’OCDE place la France au 19ème rang pour la qualité de son enseignement supérieur sur 26 pays répertoriés, le classement réalisé par l’Université de Shanghaï ne place que 2 établissements français dans les 100 premiers. Selon l’OCDE, seulement 59% des étudiants parviennent en France à terminer leurs études, ce qui représenterait 11% de moins que la moyenne des pays développés.

Les pouvoirs publics ont affirmé en cette rentrée universitaire leur volonté de corriger cette situation. Des budgets doivent être débloqués pour améliorer l’accueil et l’orientation des étudiants, informer sur les débouchés et mettre en place pour chacun des parcours personnalisés adaptés à leurs possibilités et compétences.

Ces mesures doivent aussi permettre, selon les pouvoirs publics, de favoriser la démocratisation de l’enseignement supérieur. La mise en place de parcours de réussite adaptés à chaque étudiant est présentée comme un des moyens d’aller vers l’égalité des chances pour offrir aux lycéens des quartiers difficiles des débouchés vers les formations supérieures. Azouz Begag, Ministre délégué à la Promotion et à l’égalité des chances, et François Goulard, Ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, ont lancé un appel à projets aux universités en vue de les inciter à mettre en œuvre des dispositifs innovants allant dans ce sens. Le calendrier prévoit la mise en oeuvre des premières actions à la rentrée 2006.

Des conditions de vie plus précaires pour les étudiants ?

Dès le mois de juillet, plusieurs études, émanant d’organisations étudiantes, dénoncent une « précarisation croissante » en constatant une forte augmentation des dépenses de rentrée évaluée à 5,6% alors que le montant des aides n’a augmenté que de 1,5%. Ces organisations ont à cette occasion demandé la mise en place d’un plan d’urgence soulignant que cette situation constituait un obstacle à la démocratisation de l’enseignement supérieur.

Parmi les dépenses en hausse, figure l’augmentation des droits universitaires, notamment celle des droits d’inscription spécifiques à chaque université. Ces droits doivent en principe correspondre à une véritable prestation complémentaire à celle du « service publicService publicActivité d’intérêt général prise en charge par une personne publique ou par une personne privée mais sous le contrôle d’une personne publique. On distingue les services publics d’ordre et de régulation (défense, justice...), ceux ayant pour but la protection sociale et sanitaire, ceux à vocation éducative et culturelle et ceux à caractère économique. Le régime juridique du service public est défini autour de trois principes : continuité du service public, égalité devant le service public et mutabilité (adaptabilité). de l’enseignement » et dans ce cadre doivent rester facultatifs. Certains établissements n’ayant pas respecté ces règles (moins de 10% selon le ministre de l’éducation nationale), il a été demandé aux recteurs d’en appeler au tribunal administratif si certains présidents d’universités continuaient à rendre payantes des prestations qui ne devraient pas l’être.

L’inadaptation du système des aides sociales est également souvent évoquée. Il existe aujourd’hui une centaine de bourses différentes (bourses sur critères sociaux comportant de nombreux barêmes, bourses de 3ème cycle, bourses du mérite, bourses d’agrégations, ....). Pourtant de nombreuses situations particulières ne sont pas prises en compte (les coûts plus élevés en Ile-de-France, les familles où plusieurs enfants sont étudiants, les études imposant une mobilité). Avant de prendre des mesures visant à réformer ces dispositifs le gouvernementGouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale. à demandé un rapport au député Laurent Wauquiez, rapport qui doit être rendu avant le mois de janvier 2006. Pour cette rentrée les pouvoirs publics ont annoncé qu’un effort serait fait pour accélérer le versement des bourses sans attendre la fin de l’automne comme c’est la tradition. 500 000 étudiants environ sont boursiers.

La question du logement des étudiants reste préoccupante. Un plan de 10 ans prévoit, sur la base des propositions formulées dan un rapport remis au Premier ministre par le député Jean-Paul Anciaux en janvier 2004, la rénovation de 70 000 logements universitaires, la construction de 50 000 logements et la remise en état de plus de 20 résidences. Cette année, pour parer à l’urgence, un projet de décret prévoit de doubler l’allocation de logement social (ALS) accordée aux étudiants logés dans une chambre universitaire rénovée pour compenser l’augmentation du loyer de cette chambre. D’autre part les étudiants boursiers, qui font appel à l’organisme « locapass » pour payer leur caution à leur propriétaire, n’auront plus à présenter que l’avis conditionnel de bourse et non l’avis définitif qui n’arrive qu’au mois de décembre.

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