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D’Erasmus à Erasmus+ : un programme européen populaire depuis 30 ans

le 10 01 2017

Le 9 janvier 2017, était célébré le trentième anniversaire du programme Erasmus. Né en 1987, Erasmus a permis à 3,3 millions d’étudiants d’effectuer une mobilité dans le cadre de leurs études supérieures. Basé sur la reconnaissance des diplômes, l’octroi d’aides financières et la simplification des démarches administratives, Erasmus est un des programmes les plus populaires de l’Union européenne.

Un des programmes communautaires les plus populaires

Erasmus (European Region Action Scheme for the Mobility of University Students - Programme d’action communautaire en matière de mobilité des étudiants) a pour vocation première de faciliter la mobilité étudiante en créant des partenariats pédagogiques et administratifs entre les universités européennes.

Créé en juin 1987, après plusieurs expérimentations pilotes, et non sans difficulté, certains États se montrant alors réticents à la mise en place d’une telle action de la Commission européenne dans le domaine réservé aux États qu’est l’éducation. Pourtant, depuis sa création, le programme Erasmus a rencontré un succès croissant tout en évoluant dans sa forme et dans ses objectifs.

Entre 1987 et 2013, ce sont ainsi trois millions d’étudiants qui ont bénéficié du programme Erasmus. Depuis 2014, le programme Erasmus + rassemble 33 pays participants (États membres de l’UE, Islande, Liechtenstein, Norvège, Turquie, Ancienne République Yougoslave de Macédoine) et 169 pays partenaires du monde entier. Les destinations les plus prisées des étudiants ont été l’Espagne, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie en 2012-2013. Les Espagnols ont en outre été les plus nombreux à partir à l’étranger, suivis des Français, des Allemands, des Italiens et des Polonais.

Sur le principe, Erasmus est au cœur du projet de construction européenne puisqu’il est un des rouages du marché unique dont l’une des quatre libertés est celle de la libre circulation des personnes. Or, pour que cette liberté puisse s’appliquer à la vie étudiante, il fallait qu’un programme particulier voie le jour, rendant possible la poursuite matérielle et éducative des études dans un cadre d’accueil où l’organisation et les programmes sont parfois très différents de l’établissement d’origine, mêmes pour des cursus identiques.

Erasmus repose donc sur certains principes : reconnaissance des périodes d’études et des diplômes, octroi d’aides financières et d’hébergement ainsi que simplification des démarches administratives (inscription dans l’université d’accueil).

Erasmus est également au cœur de la stratégie Europe 2020 dont un des axes est le développement de l’innovation, de la recherche à travers des projets communs entre États communautaires et extracommunautaires.

Sur la forme, le programme Erasmus a beaucoup évolué. Fort de son succès, il s’est ouvert à d’autres publics, et notamment aux personnels enseignants et non enseignants des établissements d’enseignement supérieur. Depuis 2007, il permet également aux étudiants d’effectuer un stage dans une entreprise européenne. En outre, Erasmus a fait émerger des programmes de coopération universitaire avec des pays tiers (Tempus) et avec le monde entier (Erasmus mundus). Enfin, il a été décliné sous la forme d’autres programmes permettant la mobilité des scolaires (Comenius), celle des candidats à la formation professionnelle (Leonardo) et celle des adultes (Grundtvig).

Le bilan de la mobilité étudiante Erasmus

Ainsi que le montre une étude d’impact menée pour le compte de la Commission européenne en mars 2012 par le Centre international d’études pédagogiques (CIEP) "Mobilité étudiante Erasmus : apports et limites des études existantes", les retombées du programme Erasmus sont nombreuses et s’observent à plusieurs niveaux.

Erasmus est, par essence, un "vecteur de l’internationalisation des établissements". En cela, il contribue au bon développement du processus de Bologne, né en 1999, et dont la vocation est de créer un espace européen de l’enseignement supérieur. Si les universités françaises ont aujourd’hui leur propre stratégie à l’international, c’est parce que Erasmus s’est imposé comme un modèle qui, dès son lancement, a mis cette dimension au cœur du fonctionnement et des projets des établissements. A tel point que la mobilité des étudiants et des personnels serait à l’origine d’une "modernisation des établissements d’enseignement supérieur et des politiques éducatives", par l’ouverture sur d’autres manières de faire que permet Erasmus.

Erasmus, en permettant d’étudier et travailler ensemble tout en s’ouvrant à d’autres cultures, a permis par ailleurs de donner un sens concret à la notion de citoyenneté européenne, jusqu’à faire émerger "une génération d’Européens".

Globalement, Erasmus contribue en outre à développer et renforcer le fonctionnement de l’espace européen de l’enseignement supérieur, priorité de l’Europe pour devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde (stratégie Europe 2020). Individuellement, l’impact économique des séjours Erasmus favorise l’insertion professionnelle, le développement personnel. Enfin, bien qu’aucune étude européenne ne mesure l’impact précis des séjours Erasmus sur le niveau de langue, il n’en reste pas moins que l’amélioration du niveau de langue est une des principales motivations pour partir étudier à l’étranger.

D’Erasmus à Erasmus +

Pour faire d’Erasmus un catalyseur de mobilité encore plus efficient, la Commission européenne a rassemblé, pour la période budgétaire 2014-2020 l’ensemble des mécanismes en place en matière d’éducation, de formation, de jeunesse et de sport sous le nom d’Erasmus +.

Erasmus + regroupe l’ensemble des anciens programmes européens dédiés à l’éducation, la formation, la jeunesse (Comenius, Erasmus, Erasmus Mundus, Leonardo da Vinci, Grundtvig, Jeunesse en action, Jean Monnet, Alpha, Edulink) et intègre un nouveau volet sport.

Doté d’un budget de 14,7 milliards d’euros pour la période 2014-2020 soit 40% de plus par rapport aux programmes précédents, ce programme permettra à plus de quatre millions d’Européens d’étudier, de se former, d’acquérir une expérience professionnelle et de travailler comme bénévoles à l’étranger sur cette période. S’ajoutent à cette somme 1,68 milliard d’euros pour les activités liées à la dimension internationale (hors UE) du programme.

Dans le cadre d’Erasmus+, deux mesures ont été introduites pour favoriser plus encore la mobilité :

  • la mise en place d’ "un mécanisme de caution de prêts géré par le Fonds européen d’investissement visant à aider les étudiants en master à financer leurs études à l’étranger" et
  • la création de plus 150 "alliances de la connaissance" (partenariats entre des établissements d’enseignement supérieur et des entreprises pour "promouvoir la créativité, l’innovation et l’esprit d’entreprise en offrant de nouvelles possibilités d’apprentissage et de nouvelles qualifications") et de plus de 150 "alliances sectorielles pour les compétences"(partenariats entre des prestataires de services d’enseignement et de formation professionnels et des entreprises, visant à promouvoir l’employabilité et à pallier le déficit de compétences en créant de nouveaux programmes d’études par secteurs et en élaborant des méthodes innovantes d’enseignement professionnel).

En dépit de sa popularité, Erasmus ne permet qu’à une minorité d’étudiants (en moyenne 5% d’étudiants Erasmus par rapport au nombre d’étudiants diplômés de la même année) et de personnels d’exercer une mobilité géographique. En effet, malgré les aides accordées, le coût d’un séjour à l’étranger reste un obstacle. En 2012-1013, le montant de la bourse mensuelle de l’UE perçue par les étudiants s’élevait en moyenne à 272 euros.

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