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@vous la parole : l’école

mis à jour le 10 10 2012

Pour sa collection Doc’en Poche - Entrez dans l’actu, la Documentation française a fait appel aux internautes de vie-publique.fr pour connaître leurs questions les plus fréquentes sur des thèmes d’actualité. La rubrique "@ vous la parole" qui rassemble les questions des internautes adressées à vie-publique.fr ou directement à Doc’en Poche ainsi que les réponses rédigées par la rédaction de Doc’en Poche, est publiée, à la fois, dans l’ouvrage "Parlons école en 30 questions" et sur vie-publique.fr.

Doc’ en poche : Entrez dans l'actu

Toutes les FAQs citoyens

Quels sont les changements prévus à la rentrée 2012  ?

Les changements prévus pour la rentrée 2012 restent assez superficiels mais donnent cependant le sens des orientations futures. En effet, la rentrée scolaire nécessite une longue préparation et l’élection du nouveau président de la République en mai dernier seulement n’a pas permis d’en bouleverser l’organisation. Ainsi, il s’agit d’abord de palier au plus pressé en créant 1 000 postes d’enseignants dans le Primaire et 280 postes supplémentaires de professeurs pour le second degré (collèges et lycées). La prolongation des vacances de la Toussaint à deux semaines, contre une semaine et demi précédemment, est due à la volonté de réformer les rythmes scolaires afin de faciliter les apprentissages des élèves les plus jeunes. Ensuite, l’enseignement de l’histoire-géographie en série scientifique, devenu optionnel à la rentrée 2011, est offert à tous les élèves de terminale S avant de redevenir obligatoire. Enfin, la formation des enseignants fait l’objet de mesures transitoires en attendant une réforme plus globale. Ses aspects pédagogiques avaient été mis à mal par la réforme dite de la "mastérisation". Le service des enseignants nouvellement recrutés est ainsi aménagé afin qu’ils disposent d’un temps d’adaptation et de formation. Les changements et réformes de fond ne pourront véritablement intervenir qu’à partir de la rentrée 2013, lorsque la concertation sur l’école – qui a débuté le 5 juillet 2012 – aura abouti et qu’une probable loi de programmation de l’éducation ait été votée. Les changements seront alors tangibles. Lien vers le haut de page

On parle d’une loi de programmation pour l’école. De quoi est-il question  ?

Cela consiste à programmer sur le long terme, en l’occurrence sur l’ensemble du quinquennat de François Hollande, des réformes et des financements destinés à l’éducation. Cela permet à l’État de réaliser des investissements de grande ampleur sur plusieurs années. Les 60 000 créations de postes dans l’Éducation nationale seront ainsi étalées sur cinq ans, ce qui implique une «  programmation  ». De plus, réformer l’école en profondeur nécessite de dresser un bilan de son état pour définir les voies à suivre pour l’améliorer. Accorder «  plus de moyens  » ne sera pas suffisant, encore faut-il savoir où les affecter et quels aspects réformer, redéfinir les objectifs, prévoir l’évaluation des effets des réformes, etc.

Le ministre de l’Éducation nationale a choisi pour cela de mettre en place une concertation sur la "refondation de l’école" de façon à "bâtir une école plus juste et plus efficace". Cette concertation rassemble tous les acteurs de l’école jusqu’au début du mois d’octobre 2012 : enseignants, syndicats, chefs d’établissement, chercheurs, parents d’élèves, etc. Ses quatre priorités sont l’école primaire et les premières années d’apprentissage, la révision des rythmes scolaires, l’amélioration des orientations et la limitation des sorties sans qualification, la mise en place d’une formation initiale et continue de qualité pour les maîtres. Après la remise d’un rapport de synthèse de cette concertation, une loi de programmation et d’orientation de l’école sera soumise au Parlement à l’automne 2012.

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Pourquoi avoir introduit un enseignement du droit au lycée  ?

La réforme du lycée mise en place à la rentrée 2010 avait notamment pour but d’adapter les élèves à l’enseignement supérieur et de revaloriser certaines filières trop souvent "boudées" par les lycéens. C’est le cas de la filière littéraire (L) dont le nombre d’élèves baisse d’année en année. Pour cela, le rapport Descoings de 2009 préconisait de faire de cette filière une voie d’accès à des cursus attractifs de l’enseignement supérieur comme les sciences politiques et le droit. C’est dans cette perspective qu’une option "Droit et grands enjeux du monde contemporain" est proposée aux élèves de terminale L pour la première fois à la rentrée 2012. Il ne s’agit pas de cours de droit sur le modèle universitaire, mais d’une sensibilisation à la place du droit dans les sociétés contemporaines. Selon le ministère, cet enseignement propose une mise en perspective "des situations réelles afin de montrer comment le droit y est présent et avec quels instruments, quels résultats et quelles limites il y répond". Lien vers le haut de page

Existe-t-il une meilleure méthode d’enseignement de la lecture et de l’écriture ? Comment sont-elles évaluées  ?

L’une des particularités du français est d’être une langue que les linguistes qualifient de peu "régulière", c’est-à-dire pour laquelle le lien entre l’écrit (le "graphème") et le son (le "phonème") n’est pas constant. Par exemple, le son "o" peut s’écrire "o", "au" ou "eau" ce qui rend complexe l’apprentissage de la lecture. On distingue habituellement trois méthodes d’enseignement de la lecture. Celle dite "syllabique" consiste à associer de façon systématique les lettres et les sons pour déchiffrer les mots. La méthode "globale" part de l’identification des mots à partir de la mémoire visuelle des enfants. Enfin, la méthode "mixte" consiste à débuter par la méthode globale et à passer ensuite à un déchiffrage systématique des mots. Toutefois, ces trois "méthodes" ne rendent compte que de façon très schématique des activités réelles des enseignants dans leur classe. Les possibilités et les "mixages" de moyens d’apprentissage sont en effet beaucoup plus variables. Sur le plan de l’efficacité, et dans le cas des langues peu régulières comme le français et à plus forte raison l’anglais, la méthode d’enseignement la plus efficace passe par un déchiffrage systématique des mots comme dans la méthode syllabique et la méthode mixte. Cette méthode est, de plus, particulièrement adapté aux enfants qui présentent des difficultés d’apprentissage. Lien vers le haut de page

Les classements des établissements sont-ils fiables  ? Selon quelles méthodes sont-ils établis  ?

Actuellement, les établissements secondaires (collèges et lycées) sont évalués à partir des résultats de leurs élèves aux épreuves externes du brevet (pour les collèges) et du baccalauréat (pour les lycées). Pour que ces évaluations soient fiables, on ne peut se contenter des résultats "bruts" à ces épreuves car la réussite des élèves dépend également de leur niveau de départ. Un lycée qui n’accueillerait que des très bons élèves en seconde n’aurait aucun mérite à avoir un taux de réussite très élevé au baccalauréat trois ans après  ! Il est donc nécessaire de prendre en compte la nature du public de chaque établissement (l’origine sociale et l’âge des élèves, leur niveau de départ mesuré par les scores aux épreuves du brevet dans le cas des lycées) pour donner une mesure fiable du travail de chaque établissement. C’est ce que font les Indicateurs de pilotage des établissements du second degré (IPES) publiés chaque année sur le site internet de l’Éducation nationale. Ces indicateurs évaluent les établissements à partir de leur "valeur ajoutée", c’est-à-dire leur capacité à faire réussir leurs élèves au brevet des collèges ou au baccalauréat compte tenu de leurs caractéristiques et de leur niveau de départ. Cette valeur ajoutée peut être positive (l’établissement fait mieux que l’attendu compte tenu de son public d’élèves), négative (l’établissement fait moins bien) ou proche de zéro (il fait ce que l’on attend de lui). Lien vers le haut de page

Les élèves se sentent-ils bien à l’école ? Quelle peut en être l’influence sur leurs résultats  ?

Se "sentir bien" à l’école peut recouvrir plusieurs sens. Cela peut signifier aimer l’école et la culture scolaire (étudier, apprendre, ouvrir ses horizons). Cela peut aussi exprimer le fait que les élèves apprécient de retrouver leurs amis et leurs camarades de classe. Quoi qu’il en soit, ces deux dimensions ne sont pas contradictoires et une des conditions déterminantes de la qualité des apprentissages est bien le plaisir que les élèves peuvent éprouver à être scolarisés et à apprendre. Plus on avance dans le cursus, de l’école enfantine à l’école primaire, puis au collège et au lycée, plus la compétition scolaire s’accroît, le poids des évaluations augmente et les enjeux se font plus pressants. Ceux qui se "sentent bien" à l’école sont les plus adaptés à ce contexte scolaire. Les enquêtes PISA questionnent tous les trois ans les élèves de 15 ans sur leur rapport à l’école, à leurs enseignants et aux disciplines scolaires. Elles montrent que les élèves français sont dans la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) : les relations entre enseignants et élèves sont légèrement moins bonnes qu’en moyenne, mais l’ambiance des classes est jugée, plus souvent, propice aux apprentissages et les élèves français se sentent plus soutenus et encouragés par leurs enseignants que dans les autres pays de l’OCDE. Toutefois, le climat général de l’établissement est déterminant pour comprendre le bien-être des élèves à l’école : une comparaison entre collèges, conduite par le ministère de l’Éducation nationale, montre que les élèves se sentent moins bien dans les établissements où les handicaps sociaux et scolaires sont les plus présents, comme les collèges "ambition réussite". Lien vers le haut de page

Existe-t-il des alternatives aux notes  ?

Tout dépend du niveau de scolarisation et des buts assignés à l’évaluation. Pour l’école élémentaire (du CP au CM2), les alternatives aux notes peuvent être des évaluations dites "critériées". Dans ce cas, on situe l’élève non pas par rapport aux autres élèves (Matthieu est moins bon que Noémie mais est meilleur que Steeve, etc.), mais en fonction des objectifs pédagogiques : telle compétence ou telle connaissance peut ainsi être "acquise", "en voie d’acquisition" ou "non acquise". Cela a l’avantage de donner aux élèves, comme aux enseignants, des repères quant aux acquisitions scolaires, en évitant la dimension compétitive et comparative des notes chiffrées. Cela permet aussi d’éviter de stigmatiser les élèves dont les apprentissages sont plus lents que les autres. La Finlande est un des pays dans lesquels les notes n’existent pas à l’école primaire avant l’âge de 9 ans. Cela n’empêche en rien les élèves d’y réussir, tout au contraire, puisque ce pays est classé premier dans les enquêtes internationales PISA. Pour les niveaux de scolarisation plus avancés, trouver une alternative aux notes nécessite de repenser l’ensemble du système car le but explicite est alors de distinguer les meilleurs des moins bons et de produire un classement. Dans ce cas, et si l’on accepte cette fonction de l’enseignement post-obligatoire, il est difficile d’imaginer mieux que les notes chiffrées. Lien vers le haut de page

Le brevet des collèges sert-il encore à quelque chose  ?

Le Diplôme national du brevet (DNB) est le premier diplôme qu’obtiennent les élèves. Son objectif n’est pas de certifier leur capacité à poursuivre des études au lycée, mais seulement d’estimer leur niveau d’acquisition des compétences et des connaissances enseignées au collège. En tant que tel, il peut être utile à ceux, peu nombreux il est vrai, qui n’obtiendront pas d’autres diplômes dans la voie professionnelle ou générale. Selon l’INSEE en 2009, seulement 8 % des élèves sortant du système éducatif n’ont obtenu que le brevet. Leur insertion professionnelle n’est pas meilleure que ceux qui ne disposent d’aucun diplôme : 40 % d’entre eux étaient au chômage en 2010. Dans une société où le niveau de diplôme s’est fortement accru, le brevet apparaît comme une résurgence du passé de l’école, au même titre que le certificat d’études primaires. Celui-ci avait un sens lorsque la plupart des élèves arrêtaient leurs études à la fin du Primaire, mais il a perdu toute signification lorsque l’enseignement secondaire s’est généralisé. Lien vers le haut de page

Quelles sont les écoles alternatives  ?

Une alternative à la scolarisation consiste à instruire son enfant à la maison avec un précepteur, que ce rôle soit tenu par les parents ou par une personne extérieure à la famille qui enseigne à domicile. Cela est possible avant 16 ans car ce n’est pas la scolarisation qui est obligatoire mais l’instruction. Une solution complémentaire est d’utiliser les cours par correspondance du Centre national d’éducation à distance (CNED) qui a largement profité de la révolution internet pour se développer et diversifier son offre. En 2011, on comptait 8 000 élèves du Primaire, 29 000 collégiens et 49 000 lycéens inscrits au CNED, ce qui est loin d’être négligeable. Ce type de scolarisation recouvre une grande diversité de cas. Ils peuvent être motivés par une mobilité réduite ou un handicap de l’enfant. Mais ce choix correspond souvent à des visées pédagogiques, philosophiques ou religieuses privilégiées par les parents. Au sein même de l’Éducation nationale, certaines écoles proposent des modèles pédagogiques alternatifs, comme les écoles Freinet qui valorisent la libre expression des enfants. C’est aussi le cas de certains lycées, dits"alternatifs" au sens où leur fonctionnement est qualifié d’ "autogéré" car basé sur la participation de chacun (élèves et enseignants notamment) à l’organisation de l’établissement et aux prises de décision. C’est le cas du lycée autogéré d’Oléron ou encore du collège expérimental Clisthène à Bordeaux. Lien vers le haut de page

Les internats d’excellence, quel premier bilan  ?

Il s’agit d’un dispositif clé de la politique d’éducation du quinquennat de Nicolas Sarkozy mis en place à partir de 2008. L’idée était de favoriser la réussite des élèves motivés de milieux défavorisés "notamment issus des quartiers de la politique de la ville et de l’éducation prioritaire" en les "extrayant" de leur milieu familial et urbain. L’encadrement est donc constant, y compris en dehors des cours avec des révisions, une aide aux devoirs, et des activités culturelles notamment. Les enseignants sont recrutés sur profil et sur la base du volontariat. En 2011, on comptait 2 400 élèves dans les 26 internats d’excellence. Selon le rapport d’évaluation de l’Inspection générale de l’Éducation nationale (IGEN) de 2011, le bilan de cette innovation est plutôt mitigé. Certes, le dispositif a pu être efficace sur le plan scolaire grâce à un encadrement personnalisé. Mais le surcoût est très important. Il est lié aux investissements nécessaires pour les bâtiments, aux conditions exceptionnelles d’encadrement en personnels ainsi qu’aux nombreuses activités annexes proposées. De plus, les imprécisions quant aux critères de recrutement des élèves ont donné lieu à l’admission dans ces internats d’élèves peu motivés et présentant des problèmes de comportement relevant d’autres dispositifs. En définitive, l’avenir de ces internats semble compromis. Dans sa lettre à tous les personnels de l’Éducation nationale du 26 juin 2012, le nouveau ministre rappelait que "tous les internats doivent proposer l’excellence", un changement de politique semble donc probable en la matière. Lien vers le haut de page

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