@vous la parole : la jeunesse| vie-publique.fr | Actualités

[ Publicité ]
Imprimer

@vous la parole : la jeunesse

mis à jour le 5 12 2013

Pour sa collection Doc’en Poche - Entrez dans l’actu, la Documentation française a fait appel aux internautes de vie-publique.fr pour connaître leurs questions les plus fréquentes sur des thèmes d’actualité. La rubrique "@ vous la parole", qui rassemble les questions des internautes et les réponses rédigées par la rédaction de Doc’en Poche, est publiée, à la fois, dans l’ouvrage "Parlons jeunesse en 30 questions" et sur vie-publique.fr.

Doc’ en poche : Entrez dans l'actu

Toutes les FAQs citoyens

Beaucoup de jeunes travaillent-ils pour se payer leurs études ?

Selon la dernière enquête de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE), en 2010, près des trois quarts des étudiants exerçaient au moins un petit job pendant l’été et/ou l’année universitaire, allant de quelques heures de baby-sitting à de véritables mi-temps. 50 % avaient une activité rémunérée tout au long de l’année universitaire. Parmi ces derniers, 68 % avaient un emploi sans rapport avec leurs études. Pour les autres, leur activité était en partie liée à leurs études (stage rémunéré, vacation dans un laboratoire, internat hospitalier, etc.).

40 % des étudiants interrogés déclaraient que le revenu de leur travail était indispensable pour vivre. L’indépendance vis-à-vis des parents était une motivation pour 41 % des étudiants. Alors qu’autrefois gagner de l’argent servait essentiellement à financer les loisirs et les sorties, c’est devenu ces dernières années un complément plus souvent nécessaire en raison de la diversification sociale du public étudiant issu plus qu’autrefois de milieux moins aisés.

Mais, au-delà d’un certain seuil (15 à 20 heures hebdomadaires) exercer une activité rémunérée parallèlement à ses études n’est pas sans conséquence sur les résultats universitaires. 23 % déclaraient concilier difficilement études et travail et pour 13 % de ceux qui travaillaient plus de six mois pendant l’année, leur principal intérêt avait fini par résider dans l’activité rémunérée au détriment des études. Les résultats d’une étude menée par l’INSEE montrent que travailler régulièrement plus de 16 heures par semaine réduit les chances de réussir l’examen de fin d’année universitaire (66 % de réussite pour les étudiants qui ne travaillent pas et 45,5 % pour ceux qui travaillent).

L’articulation entre les études et l’emploi est très différente d’un pays à l’autre. Le cumul emploi-études est très fréquent en Europe du Nord, sans que cela semble pénaliser ces étudiants.

Lien vers le haut de page

Les jeunes consomment-ils beaucoup de drogues ?

Une enquête réalisée en 2011 auprès d’adolescents européens scolarisés et âgés de 15-16 ans (ESPAD – European School Survey Project on Alcohol and Other Drugs) montre que la France est particulièrement touchée par la consommation de cannabis dans cette tranche d’âge. En 2011, près de deux élèves sur cinq (39 %) âgés de 15-16 ans déclarent en avoir déjà fumé au moins une fois dans leur vie. Au cours des 30 jours précédant l’enquête, c’était le cas de 24 % d’entre eux (26 % des garçons contre 22 % des filles). Cette consommation a augmenté entre 1999 et 2011, passant de 22 % à 24 %, et plus rapidement chez les filles (de 19 % à 22 %) que chez les garçons (de 25 % à 26 %).

Par ailleurs, la France se distingue des autres pays d’Europe, en étant le seul pays avec un niveau largement supérieur à 15 %. Parmi les pays d’Europe centrale où les usages au cours du mois sont généralement modérés, la République tchèque occupe une place particulière avec un niveau d’usage déclaré supérieur à celui de ses voisins frontaliers directs. Pour les autres drogues, la consommation est moindre mais reste à un niveau élevé. En 2011, un jeune sur dix (10 %) âgés de 15-16 ans déclare avoir déjà consommé au moins un produit psychoactif illicite autre que le cannabis (amphétamines, cocaïne, crack, ecstasy, LSD ou autres hallucinogènes, héroïne ou GHB). C’est le double de la part de jeunes concernés en 1999 (5 %). Les filles sont dorénavant 10 % à avoir déjà consommé une substance illicite autre que le cannabis, contre 9 % parmi les garçons.

À un tel niveau, la France fait partie, avec la Bulgarie et Monaco, du groupe de pays européens qui ont le plus fort taux d’expérimentations. Une large majorité des autres pays présentent en effet des niveaux compris entre 5 % et 9 %.

Lien vers le haut de page

Quel est l’intérêt des jeunes pour le sport ?

Les 15-24 ans sont la catégorie la plus sportive de la population : 64 % d’entre eux pratiquent régulièrement une activité sportive (au moins une fois par semaine), contre 44 % de l’ensemble des Français. 23 % d’entre eux ne pratiquent aucun sport, contre 46 % de la population. Ils font du sport principalement « par plaisir », pour 44 % des 15-24 ans, alors que les 25-49 ans ont pour objectif premier de « se détendre et d’éliminer le stress », et les plus de 50 ans de « se maintenir en bonne santé » (Les Français et le sport, TNS Sofres, 2008).

Parmi les grands événements sportifs, celui qui les intéresse le plus est la Coupe du monde de football, citée par 55 % des 15-24 ans et 44 % des 25-34 ans. Pour les 35-64 ans, ce sont les Jeux olympiques et, pour les plus de 65 ans, le Tour de France (Les Français et le sport, TNS Sofres, 2008).

La place excessive de l’argent leur semble nuire au sport dans une proportion moindre que pour l’ensemble des Français : 51 % des 15-24 ans considèrent que c’est un problème, contre 64 % de l’ensemble de la population. À l’inverse, la violence physique ou verbale des supporters porte atteinte au sport pour 65 % d’entre eux, contre 56 %. Pour ce qui concerne la lecture de la presse sportive, les jeunes sont également les plus assidus. Ainsi, 38 % des hommes de 15-24 ans lisent L’Équipe contre 28 % pour l’ensemble de la population française. Pour Tennis magazine, ces pourcentages sont de 10 % des 15-24 ans contre 4 % de l’ensemble des Français.

Lien vers le haut de page

Les jeunes regardent-ils encore la télévision ?

Entre 1999 et 2010, « les lycéens et les étudiants ont en partie remplacé la télévision par l’ordinateur et l’Internet : une demi-heure de moins pour la première, trois quarts d’heure de plus pour les seconds ». Le temps moyen passé devant la télé pour l’ensemble des Français (2 heures par jour) est, quant à lui, resté stable. Les filles regardent un peu moins la télévision que les garçons : 1h19 par jour en moyenne contre 1h27 (enquête « Emploi du temps 2010 » de l’INSEE).

De plus, les jeunes ne regardent plus la télévision comme avant. Une pratique désormais courante consiste à être devant la télévision tout en s’adonnant à d’autres tâches sur l’ordinateur ou le téléphone portable. Ainsi, la moitié des jeunes internautes regardent la télé tout en surfant sur internet et, parmi eux, 52 % discutent avec leurs amis sur le net de ce qu’ils sont en train de regarder à la télévision. C’est une pratique plus accentuée chez les jeunes Français que chez les autres jeunes Européens qui ne sont que 45 % en moyenne dans ce cas (enquête 2010 du cabinet Forrester).

Par ailleurs, un jeune sur quatre préfère regarder certains programmes par internet (enquête Médiamétrie 2008). Par le biais du téléchargement (plus ou moins illégal), les jeunes se composent ainsi leur propre programme, qu’ils pourront regarder au moment de leur choix. L’utilisation du replay (possibilité de regarder un programme en différé) leur laisse la même liberté.

D’une façon générale, le contenu des chaînes commerciales semble éloigné des préoccupations des jeunes, ce qui explique en partie leur désaffection. Des chaînes comme TMC, W9, NRJ12, Virgin 17, France 4 sont les seules à bénéficier d’une augmentation d’audience de la part des jeunes. Entre la fin 2007 et la fin 2008, la durée d’écoute moyenne des 15-24 ans est passée de 13 minutes par jour à 18 minutes sur l’ensemble de la TNT, alors que sur les chaînes « historiques », elle est passée de 87 à 75 minutes (étude 2009 du cabinet NPA Conseil).

Lien vers le haut de page

Pourquoi les jeunes doivent-ils participer à une Journée défense et citoyenneté ?

À l’âge de 16 ans, tout jeune Français, garçon ou fille, doit se faire recenser. Il est ensuite convoqué, avant ses 18 ans, à participer à une Journée défense et citoyennetéCitoyennetéLien social établi entre une personne et l’État qui la rend apte à exercer l’ensemble des droits politiques attachés à cette qualité sous réserve qu’elle ne se trouve pas privée de tout ou partie de cet exercice par une condamnation pénale (privation de droits civiques). Juridiquement, un citoyen français jouit de droits civils et politiques et s’acquitte d’obligations envers la société. (JDC) sur un site militaire. Obligatoire pour tous, la JDC permet d’informer les jeunes Français sur leurs droits et leurs devoirs en tant que citoyens, ainsi que sur le fonctionnement des institutions de leur pays. Cette journée (d’abord appelée Journée d’appel et de préparation à la défense-JAPD) remplace le service militaire depuis sa suspension en 1997.

Au cours de cette journée, le jeune répond à des tests d’évaluation de ses capacités en lecture. Il assiste à une présentation de la défense nationale et des différentes formes d’engagement : volontariat pour l’insertion, service civique, volontariat dans les armées, réserve opérationnelle, réserve citoyenne, métiers civils et militaires de la défense, sécurité civile. Cette journée est également l’occasion d’une sensibilisation au secourisme ainsi que d’une information sur le don de sang, de gamètes ou d’organe, et sur la possibilité de s’inscrire au registre national des refus.

Enfin, chaque participant reçoit la charte des droits et devoirs du citoyen français, ainsi qu’un certificat de participation, qu’il devra obligatoirement fournir lors de l’inscription aux examens et concours soumis au contrôle de l’autorité publique.

Les jeunes en difficulté peuvent lors de cette journée, s’ils le souhaitent, obtenir des conseils d’orientation vers des structures d’aide adaptées (éducation nationale, missions locales).

Lien vers le haut de page

Peut-on encore parler d’illettrisme chez les jeunes aujourd’hui ?

Parmi les 750 000 jeunes de 17 ans testés dans le cadre de la Journée défense et citoyennetéCitoyennetéLien social établi entre une personne et l’État qui la rend apte à exercer l’ensemble des droits politiques attachés à cette qualité sous réserve qu’elle ne se trouve pas privée de tout ou partie de cet exercice par une condamnation pénale (privation de droits civiques). Juridiquement, un citoyen français jouit de droits civils et politiques et s’acquitte d’obligations envers la société. (JDC) en 2011, un pourcentage non négligeable présentait un niveau faible en lecture. Ainsi, 10,4 % étaient considérés comme des lecteurs en difficulté et 4,8 % en grande difficulté. Ces derniers, qui ont un déficit important de vocabulaire et une maîtrise insuffisante du langage écrit, sont en situation d’illettrisme selon les critères de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme. Chaque année, les JDC permettent de détecter environ 40 000 nouveaux jeunes dans ce cas.

Par ailleurs, une récente enquête internationale (PIRLS 2011) montre une baisse significative des performances en lecture des élèves à la fin du CM1 sur une période de 10 ans (2001-2011).

Les 18-25 ans représentent 4,5 % des illettrés en France. Les dispositifs « Défense-Deuxième chance », « Écoles de la deuxième chance » ou la formation en alternance sont des outils relativement efficaces pour les aider à dépasser cette situation.

Les centres « Défense-Deuxième chance », placés sous la tutelle des ministères chargés de l’Emploi, de la Ville et de la Défense, s’adressent aux jeunes de 18 à 25 ans subissant de grandes difficultés d’insertion sociale et professionnelle en raison de leur comportement. La formation dispensée dans ces centres, d’une durée de six mois à deux ans, comporte notamment une remise à niveau des fondamentaux scolaires. Les « Écoles de la deuxième chance » s’adressent, quant à elle, aux 18 à 25 ans qui sont sortis du système scolaire sans diplôme. Elles offrent une formation de 9 mois à 1 an pour parvenir à la maîtrise des savoirs de base : lire, écrire, compter, notions d’informatique et en langue étrangère. Si ces dispositifs ont une certaine efficacité (environ 40 % des jeunes trouvent un emploi à la sortie), il n’en reste pas moins que les effectifs concernés sont limités par rapport aux besoins.

Lien vers le haut de page

Mots clés :

Rechercher