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@vous la parole : la mondialisation

mis à jour le 3 05 2012

Pour sa collection Doc’en Poche - Entrez dans l’actu, la Documentation française a fait appel aux internautes de vie-publique.fr pour connaître leurs questions les plus fréquentes sur des thèmes d’actualité. La rubrique "@ vous la parole" qui rassemble les questions des internautes postées sur le blog de vie-publique.fr ou adressées directement à Doc’en Poche ainsi que les réponses rédigées par la rédaction de Doc’en Poche, est publiée, à la fois, dans l’ouvrage "Parlons mondialisation en 30 questions" et sur vie-publique.fr.

Doc’ en poche : Entrez dans l'actu

Toutes les FAQs citoyens

Quel est le rôle du FMI ?

Le Fonds monétaire international (FMI) est une institution spécialisée des Nations unies créée en 1944 (187 membres début 2012) dont le siège est à Washington. Son objectif principal est d’encourager la coopération monétaire et de favoriser la stabilité du système financier international. Son rôle consiste en particulier à aider, par des conseils et des prêts, les États qui rencontrent des difficultés de balance des paiements, mais aussi des pays en développement pour lutter contre la pauvreté.

Le soutien du FMI fait l’objet de "conditionnalités" : l’État bénéficiaire d’un prêt s’engage à mettre en œuvre des mesures d’austérité et des réformes structurelles afin de rétablir l’équilibre de sa balance des paiements. C’est la raison pour laquelle les interventions du FMI sont très souvent critiquées par les populations qui les subissent et par les organisations non gouvernementales (ONG).

Le rôle du FMI a été renforcé depuis la crise de 2008-2009 puisque les ressources à sa disposition ont été considérablement augmentées. Celles-ci proviennent des États membres qui lui fournissent des ressources en devises et en monnaies nationales, ce qui correspond à leur quote-part. Cette quote-part détermine leur droit de vote (le principe "un État, une voix" ne s’applique pas au FMI) et le montant des ressources qu’ils peuvent emprunter au Fonds. Le FMI est également critiqué en raison de la prédominance des pays occidentaux en son sein : les États-Unis disposent d’une minorité de blocage pour toute décision importante et c’est un Européen qui est systématiquement à la tête de l’institution.

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Qu’est-ce que la Banque mondiale ?

La Banque mondiale est une institution spécialisée des Nations unies créée en 1944. C’est un ensemble de cinq institutions dont l’objectif est de fournir une assistance financière et technique aux pays en développement (PED) dans le but de réduire la pauvreté et de soutenir leur développement.

La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (AID) forment ce que l’on appelle communément la Banque mondiale. La BIRD compte 187 membres à l’instar du Fonds monétaire international puisqu’un État doit d’abord être membre du FMI avant d’intégrer la Banque mondiale. La BIRD a pour objectif de réduire la pauvreté dans le monde en favorisant un développement durableDéveloppement durableDéveloppement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.. Elle fournit une assistance technique et des conseils ainsi que des prêts à des taux préférentiels aux PED à revenu intermédiaire et aux pays plus pauvres mais solvables qui ne peuvent lever des capitaux sur les marchés financiers. Ses ressources proviennent principalement des fonds qu’elle lève sur les marchés financiers.

Quant à l’AID, elle fournit des dons et des prêts sans intérêt aux États les plus pauvres.

Le groupe de la Banque mondiale compte d’autres institutions comme la Société financière internationale (SFI), qui stimule l’investissement privé dans les PED, l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) et le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI).

L’activité de la Banque mondiale est souvent décriée car ses prêts sont conditionnés, ils ont pu servir à financer des projets peu respectueux de l’environnement et l’institution est systématiquement dirigée par un Américain.

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La mondialisation est-elle une menace ou une chance pour les citoyens ?

Le citoyen est généralement schizophrène face à la mondialisation. Prenons le cas d’un ouvrier syndiqué dans une entreprise rachetée par un fonds d’investissement qui délocalise une partie de ses activités de production dans un pays à faible coût de production. Ses valeurs et/ou ses intérêts matériels le conduiront vraisemblablement à se montrer hostile à l’égard de ce phénomène. Il ne fait plus confiance aux hommes politiques qui, de son point de vue, sont désormais impuissants face aux marchés financiers, aux investisseurs ou aux agences de notation. Il peut donc s’abstenir lors de consultations électorales ou choisir de voter en faveur d’un parti qui aspire à une démondialisation. En même temps, il bénéficie aussi des avantages de la mondialisation. Il consomme des produits qui, s’ils étaient fabriqués en France, seraient bien plus onéreux et pèseraient lourdement sur son pouvoir d’achat. Il part en vacances à l’étranger à un prix relativement raisonnable via le vol d’une compagnie aérienne low cost. Il suit régulièrement ses séries américaines favorites sur sa télévision coréenne. Ses rares sorties consistent à voir des films généralement américains au cinéma ou à dîner dans un restaurant japonais, indien ou chinois. Il peut même disposer d’un contrat d’assurance-vie dont les sommes sont placées sur les marchés financiers dans le monde entier et qui se valorisent année après année. En définitive, la mondialisation est plutôt une chance pour l’investisseur, le consommateur, le salarié qualifié ou le touriste, tandis qu’elle peut constituer une menace pour le salarié peu ou pas qualifié et, plus largement, pour le citoyen dans l’exercice de ses droits démocratiques. Lien vers le haut de page

Quelles sont les étapes historiques du développement de la mondialisation ?

La mondialisation est un processus géohistorique qui s’est élaboré progressivement. Du XVe au XIXe siècle, les Grandes Découvertes, le développement d’un capitalisme marchand en Europe occidentale, l’expansion du commerce, le début des colonisations ouvrent aux États un espace mondial de relations et de confrontations. Du XIXe siècle à 1918, intervient ce que les historiens ont appelé la "première mondialisation". La révolution industrielle conduit les États européens à dominer le monde sur le plan économique, technologique et militaire. Ils imposent à leurs colonies l’exploitation de matières premières qu’ils transforment en produits à forte valeur ajoutée qu’ils vont ensuite exporter. C’est également durant cette période que d’importantes vagues de migrations se dirigent vers les "Nouveaux mondes", que les échanges internationaux se développent à l’instigation du Royaume-Uni, puissance dominante favorable au libre-échange, et que les mouvements de capitaux traversent les frontières.

On observe néanmoins un important reflux du processus de mondialisation dans l’entre-deux-guerres avec une fermeture généralisée des frontières aux flux d’hommes et de marchandises.

Après la Seconde Guerre mondiale, différentes institutions économiques internationales (Fonds monétaire international, GATT) et régionales sont mises en place à l’instigation des États-Unis afin de favoriser à nouveau les échanges internationaux. Mais c’est véritablement à partir des années 1970-1980 que les ferments de la mondialisation actuelle peuvent être identifiés.

La domination des idées libérales prend alors son essor, en particulier aux États-Unis et au Royaume-Uni. Par ailleurs, les intérêts économiques des principaux États les incitent à favoriser une flexibilité des taux de change, une ouverture des marchés financiers pour pouvoir financer leur déficit budgétaireDéficit budgétaireSolde négatif du budget de l’Etat. ou une libéralisation des échanges dans le cadre du GATT. Enfin, au même moment, le cadre technologique se met en place avec le développement du micro-ordinateur, puis d’internet à partir de 1989-1990.

L’effondrement de l’URSS ouvre la phase actuelle de la mondialisation. Les ex-pays communistes ou des anciens pays protectionnistes comme l’Inde décident alors de s’intégrer à l’économie mondiale. Parallèlement, les pays développés renforcent leur intégration économique régionale (marché unique en Europe et Alena en Amérique du Nord), les marchés de capitaux se globalisent de plus en plus et les technologies de l’information commencent à se diffuser.

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Comment les transports ont-ils favorisé la mondialisation ?

Le transport maritime est aujourd’hui le principal mode de circulation des marchandises. Certains progrès intervenus dans ce secteur ont fortement réduit les coûts de transport. C’est le cas, par exemple, de l’apparition des porte-conteneurs. Les marchandises sont transportées sur les navires dans des conteneurs de taille standardisée, ce qui permet de charger et de décharger rapidement et de passer facilement d’un mode de transport à un autre (bateau-train, bateau-camion…).

Cela a favorisé la mondialisation en diminuant pour les entreprises les contraintes liées à la distance géographique. Tant que le transport coûte cher, une entreprise aura intérêt à produire près du lieu où la production doit être vendue et à recourir à des fournisseurs situés à proximité, voire à produire elle-même les composants dont elle a besoin. Lorsque le coût du transport diminue, les stratégies de fragmentation internationale de la production, élément au cœur de la mondialisation, deviennent plus attractives : ainsi, une entreprise a davantage intérêt à se recentrer sur une activité dans laquelle elle est spécialisée, et à externaliser le reste. Elle peut choisir ses fournisseurs dans le monde entier et délocaliser plusieurs unités de production dans des pays différents, puis réimporter l’ensemble dans le pays où la production est vendue. À l’avenir, la rareté des ressources énergétiques et les émissions de gaz à effet de serre que le transport des marchandises génère pourraient néanmoins accroître le coût des transports et inciter les entreprises à relocaliser quelque peu leur production.

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Y a-t-il une concurrence en matière de fiscalité dans le monde globalisé ? Quelles en sont les conséquences ?

Dans un monde globalisé, les entreprises peuvent mettre en concurrence les différents territoires et choisir leur localisation en comparant ce que chacun offre dans des domaines variés : stabilité politique, sécurité des transactions, taille du marché, formation des travailleurs, coût du travail, infrastructures, droit du travail, mais aussi fiscalité. Dans une moindre mesure, les individus les plus riches peuvent aussi arbitrer entre les différents pays pour la localisation de leur résidence fiscale.

La concurrence fiscale est d’autant plus forte que les autres caractéristiques des territoires sont proches. C’est pourquoi on peut difficilement parler de concurrence fiscale au niveau mondial. Mais ce phénomène est bien réel dans l’Union européenne. Les États membres partagent une proximité institutionnelle, une réglementation commune et une monnaie unique (pour les membres de la zone euroEuroMonnaie unique de plusieurs Etats membres de l’Union européenne qui forment la zone euro.). Il en résulte une contrainte pour les États qui cherchent à accroître leurs recettes : ils ne peuvent décider de leur politique fiscale sans tenir compte de celle de leurs voisins car une pression fiscale perçue comme trop forte risque d’accroître l’évasion fiscale.

En même temps, des études économiques ont montré qu’il existait une inégalité entre les États à l’échelle européenne, ce qui peut expliquer aussi les politiques de "dumping fiscal" mises en place par certains d’entre eux. Même si la fiscalité est élevée en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas, les entreprises continueront à s’implanter dans ces pays compte tenu de la taille de leur marché et parce qu’ils sont au cœur de l’immense marché européen. En revanche, pour un État excentré dont le marché est de faible taille, comme les États baltes, cela paraît beaucoup plus difficile d’attirer des investissements. Cela explique la fiscalité très attractive instituée par certains États européens.

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Les banques sont-elles des agents de la mondialisation ? Doit-on les réformer ?

Le processus de mondialisation des économies est surtout impulsé par les firmes multinationales à travers leurs stratégies de fragmentation internationale de la production. Mais les banques jouent un rôle de premier plan dans la mondialisation financière. Comme les autres acteurs de la finance (fonds de pension, fonds d’investissement, hedge funds, traders, etc.), elles participent à ce que les capitaux circulent à grande vitesse dans le monde entier par l’intermédiaire de produits financiers toujours plus sophistiqués.

La crise récente a mis au jour plusieurs failles dans la réglementation mondiale des banques (dispositif de Bâle) : les normes qu’elles devaient respecter les incitaient à un "comportement procyclique", c’est-à-dire un comportement qui aggrave l’irrégularité de la conjoncture. Elles étaient poussées à accroître leur offre de crédit en période de boom économique et à la réduire en période de crise. Ces règles ont été améliorées avec le dispositif de Bâle III adopté fin 2010.

Par ailleurs, plusieurs pays ont réformé leurs mécanismes de surveillance et de contrôle des banques (ex : loi Dodd-Frank aux États-Unis votée en juillet 2010). La crise a également fait émerger des interrogations quant à la nécessité de cloisonner davantage les activités bancaires classiques (banques de dépôt) des autres activités (banques d’investissement). Il faut noter que même si la régulation des banques semblent insuffisante, il s’agit de loin des acteurs financiers les plus contrôlés.

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En quoi consiste le protectionnisme ? Dans quelles circonstances les États ont-ils pu y recourir ?

Le "protectionnisme" désigne une politique économique consistant à limiter l’entrée des produits et/ou des capitaux en provenance de l’étranger sur son territoire dans l’objectif de protéger les acteurs économiques nationaux de la concurrence étrangère. Le protectionnisme peut être tarifaire (droits de douanes) et/ou non tarifaire (quotas, subventions, normes de sécurité, sanitaires, sociales ou environnementales). La Chine, par exemple, a interdit l’importation de chocolats belges pour des raisons sanitaires. Il existe aussi une forme plus insidieuse de protectionnisme, ou du moins d’obstacle aux échanges, qui consiste à sous-évaluer sa monnaie afin de favoriser ses exportations et par conséquent de renchérir les importations.

Depuis 1945, le libre-échange s’est imposé sous l’égide du GATT et maintenant de l’Organisation mondiale du commerce, mais le protectionnisme n’a pas pour autant disparu. Un réseau d’experts (Global Trade Alert) a ainsi répertorié 425 initiatives commerciales protectionnistes dans le monde entre novembre 2008 et septembre 2009.

La crise économique a fait craindre un retour du protectionnisme. Toutefois, l’intégration du marché mondial semble telle qu’il faut relativiser ce scénario. Néanmoins, une rupture dans le processus d’ouverture des politiques commerciales a eu lieu. Le protectionnisme se présente de plus en plus sous des formes moins visibles, plus insidieuses que les simples droits de douane, avec des barrières non tarifaires dommageables pour la concurrence internationale, mais aussi une politique monétaire "agressive", diverses mesures anti-délocalisations ou des politiques visant à inciter à acheter des produits nationaux. On observe de plus un regain d’intérêt pour les stratégies protectionnistes dans le débat public, notamment autour du protectionnisme européen, de la "démondialisation", de "l’acheter français" et dans une moindre mesure de la TVA sociale.

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