Les partis politiques à l’étranger
le 30 05 2006
Si la structure, le nombre, la reconnaissance juridique du rôle des partis peuvent varier d’un pays à l’autre, on retrouve, tout comme en France, une constante : la tendance à la bipolarisation de l’offre politique, peu ou prou entre gauche et droite, ou courant conservateur et courant progressiste.
1. La Grande-Bretagne
La Grande Bretagne connaît, en raison de son mode de scrutin (majoritaire à un tour) le bipartisme. Si au XIXe siècle, cette opposition a mis face à face deux partis de cadres, composés de membres des élites de la nation, les Tories (conservateurs) et les Whigs (libéraux), ces derniers ont cédé la place, au début du XXe siècle, au Labour Party (Parti travailliste). Officiellement créé en 1906, ce parti de masse est organiquement lié aux syndicats (l’affiliation au syndicatSyndicatAssociation de personnes dont le but est de défendre les droits et les intérêts sociaux, économiques et professionnels de ses adhérents. vaut adhésion au parti). Les différences ont eu tendance, ces dernières années, à se réduire entre les deux partis, en raison de l’arrivée à la tête du Labour d’une génération plus libérale (incarnée par Tony Blair), mais aussi sur la question européenne. Les deux grands partis sont en effet divisés entre pro-européens et "eurosceptiques". Quant aux autres partis, ils n’ont qu’un rôle très limité, même le Parti libéral-démocrate qui, s’il a récemment rallié un nombre important de suffrages (22,8 % aux élections générales de 2005), est écarté de toute représentation parlementaire significative en raison du mode de scrutin (62 députés contre 198 pour les conservateurs qui ont recueilli 33 % des suffrages et 355 pour les travaillistes avec 36,2 %).
2. L’Allemagne
L’Allemagne connaît elle aussi un système bipartisan. Les deux grands partis sont, à gauche, le SPD (parti social-démocrate), à droite, la CDU-CSU (parti chrétien-démocrate auquel est liée l’Union chrétienne-sociale bavaroise ). Tous deux sont relativement modérés et ont toujours manifesté un choix clair en faveur de la construction européenne. Leurs divergences dans le domaine économique (degré d’interventionnisme étatique, place de la rigueur budgétaire) tendent à s’atténuer, mais restent sensibles sur les problèmes sociétaux (rôle de la religion dans la vie publique, législation dans le domaine des mœurs ). Le FDP (parti libéral démocrate) a traditionnellement joué le rôle de parti pivot, s’alliant tantôt avec l’un, tantôt avec l’autre des deux grands partis dans une coalition. Mais il a perdu de son audience électorale avec la montée en puissance du parti des Verts ( Grünen ), aux affaires dans le cadre d’une coalition avec le SPD jusqu’en 2005 (le ministre des Affaires étrangères, notamment, est issu de ses rangs). Enfin, depuis la réunification , le Parti du socialisme démocratique (héritier du SED est-allemand), devenu Parti de gauche en 2005 jouit d’une importante audience électorale dans les Länder de l’Est qu’il tente d’élargir en s’alliant à des dissidents du SPD.
3. Les État-Unis
Les États-Unis présentent un système bipartisan très strict, en raison de leur mode de scrutin (majoritaire à un tour), où s’opposent le Parti républicain et le Parti démocrate. Il n’est pas toujours aisé de cerner les positions respectives de ces deux forces : chacune d’entre elles rassemble des couches diverses de la population, ce qui s’explique souvent par l’histoire américaine. De plus, du fait de la structure fédérale du pays, les positions d’un même parti varient selon les États. On peut néanmoins dire que le Parti républicain, au pouvoir depuis 2000, réunit les partisans d’une intervention limitée de l’État, les membres des classes aisée ou moyenne, et généralement aussi les personnes les moins favorables à la libération des moeurs. Le Parti démocrate prône traditionnellement l’interventionnisme fédéral (Big government) et la liberté en matière de moeurs (avortement notamment), et compte en son sein nombre de membres des minorités ethniques. Le Parti démocrate des présidences Clinton (1993-2001) a cependant adopté un discours plus centriste.
4. L’Italie
L’Italie , après plus de quarante ans de domination de la Démocratie chrétienne (" bipartisme imparfait " face au puissant PC italien) a connu dans les années 1990 d’importantes transformations du fait de l’implosion du système de partis en place depuis 1945, miné par les affaires politico-judiciaires . Deux coalitions ont occupé tour à tour le pouvoir depuis. À droite, un " Pôle des libertés " au pouvoir en 1994 et depuis 2001 regroupe les partisans de Silvio Berlusconi ( Forza italia ), les néo-fascistes de l’Alliance nationale et la Ligue du Nord (qui prône la partition entre la " Padanie ", le Nord, et le Sud " assisté "). À gauche, la coalition de " l’Olivier ", au pouvoir entre 1996 et 2001, regroupe les Démocrates de gauche (DS, ex-PCI) et les petits partis du centre gauche . Un parti communiste orthodoxe, à l’audience électorale plus faible que par le passé, se maintient néanmoins autour de 10 % des suffrages.
5. L’Espagne
L’Espagne voit s’opposer le Parti Populaire, démocrate-chrétien (au pouvoir entre 1996 et 2004 ), et le PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol), aux affaires de 1982 à 1996 et depuis 2004. Ces deux formations ont assuré la transition pacifique du pays vers la démocratie et sa modernisation économique et sociale. Pro européennes, elles se différencient dans leurs rapports aux différentes autonomies qui composent le royaume, sur la législation dans le domaine des mœurs et dans les relations internationales. Au pouvoir, elles doivent composer avec les partis régionalistes modérés les plus importants (Catalogne, Pays basque). À gauche, le parti communiste anime une coalition de petits partis qui représente environ 5 % de l’électorat .






























