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Les élections présidentielles depuis 1958

le 14 01 2018

1958 - 1965 - 1969 - 1974 - 1981 - 1988 - 1995 - 2002 - 2007 - 2012 - 2017

1958 : l’élection du 21 décembre

L’élection du 21 décembre 1958 est la première élection présidentielle de la Ve République. Elle intervient après la crise de mai 1958 qui a entraîné le retour du général de Gaulle comme chef du GouvernementGouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale. et l’adoption d’une nouvelle Constitution par référendumRéférendumProcédure de vote permettant de consulter directement les électeurs sur une question ou un texte, qui ne sera adopté qu’en cas de réponse positive. le 28 septembre, promulguée le 4 octobre. C’est aussi la seule élection présidentielle de ce régime qui ne se soit pas déroulée au suffrage universelSuffrage universelDroit de vote accordé à tous les citoyens majeurs. direct. En effet, ce mode d’élection du président n’est intervenu qu’après la révision de la Constitution en 1962.

En 1958, le président de la République est donc élu par un collège d’environ 80 000 personnes, des notables pour l’essentiel, constitué par les parlementaires, les conseillers généraux, les membres des assemblées des territoires d’outre-mer et par des représentants élus des conseils municipaux. Trois candidats se présentent : Charles de Gaulle, Georges Marrane pour le Parti communiste français (PCF) et Albert Châtelet (centre gauche). De Gaulle est élu avec 78,5% des suffrages exprimés, loin devant ses concurrents.

Charles de Gaulle, président de la République

Déclaration du Général de Gaulle : acceptation du mandatMandatDurée d’exercice d’une fonction élective de président de la République

Le général De Gaulle et madame reçus à l’Élysée par le Président Coty

1965 : la première élection au suffrage universel

Le scrutin des 5 et 19 décembre 1965 est le premier à se dérouler au suffrage universel direct à deux tours. C’est également pendant cette campagne que la télévision joue pour la première fois en France un rôle important.

Au premier tour, six candidats se présentent : le Président sortant Charles de Gaulle, François Mitterrand (candidat unique de la gauche), Jean Lecanuet (centriste) sont les trois candidats ayant le soutien le plus important dans l’opinion. S’y ajoutent Jean-Louis Tixier-Vignancour (extrême droite), Pierre Marcilhacy (centre-droit) et Marcel Barbu (sans étiquette). Si Jean Lecanuet obtient un peu plus de 15 % des suffrages exprimés, ce sont le général de Gaulle (44,6 % des suffrages exprimés) et François Mitterrand (31,8 % des voix) qui demeurent présents au second tour.

La mise en ballottage du général de Gaulle est une surprise, car la plupart des observateurs s’attendent à sa victoire dès le premier tour. Mais il l’emporte finalement, avec 55,2% des suffrages exprimés au second tour.

De Gaulle réélu avec 55% des suffrages

1969 : des élections après le départ du général de Gaulle

Le contexte de l’élection des 1er et 15 juin 1969 est particulier. Il s’agit de la démission du général de Gaulle - provoquée par l’échec du référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat – met en présence sept candidats au premier tour : Georges Pompidou, qui a été le Premier ministre du général de Gaulle (1962-1968), Alain Poher, président du Sénat, Jacques Duclos pour le PCF, Gaston Defferre pour la SFIO (socialiste), Michel Rocard pour le PSU (Parti socialiste unifié) ; se présentent également Louis Ducatel (sans étiquette) et Alain Krivine (Ligue communiste). Georges Pompidou arrive largement en tête avec 44,5% des voix, devant Alain Poher (23,3% des suffrages exprimés) et Jacques Duclos (21,3%). Le candidat de la SFIO (5%) est éliminé. Au second tour, Georges Pompidou l’emporte avec 58,2% des voix.

Élections présidentielles : annonce de la candidature de Georges Pompidou

Déclaration de candidature de Georges Pompidou

Résultat des élections présidentielles : déclaration de Georges Pompidou

1974 : des élections après le décès de Georges Pompidou

Le scrutin des 5 et 19 mai 1974 résulte du décès, en cours de mandat, du Président Pompidou. Le premier tour est marqué par un nombre record de douze candidats (ce qui a justifié par la suite une modification des règles de présentation : on passe en 1976 de 100 à 500 parrainages nécessaires pour concourir). À l’issue de ce premier tour, résultat inédit, c’est un candidat non gaulliste qui arrive au premier rang des candidats de la droite (Valéry Giscard d’Estaing devance Jacques Chaban-Delmas). Face à lui, François Mitterrand, candidat de l’Union de la gauche (PS, PC et MRG – Mouvement des radicaux de gauche) réalise un bon score (43,2% des suffrages exprimés). Une femme se présente pour la première fois (Arlette Laguiller). Le second tour est très serré, puisqu’en définitive Valéry Giscard d’Estaing ne l’emporte qu’avec 50,8% des suffrages exprimés.

Candidature à l’élection présidentielle de Valéry Giscard d’Estaing à Chamalières

Débat d’entre deux tours Valéry Giscard d’Estaing - François Mitterrand

1981 : la première victoire de la gauche sous la Ve République

L’élection présidentielle des 26 avril et 10 mai 1981 se déroule au terme du mandat présidentiel précédent. Dans un contexte de désunion de la majorité sortante (manifestée par la présence de quatre candidats de droite, dont trois issus du Rassemblement pour la République – RPR, gaullistes), le Président sortant, Valéry Giscard d’Estaing, se représente. Parmi les dix candidats en lice au premier tour, lui sont opposés notamment François Mitterrand, Georges Marchais pour le PCF et Michel Crépeau pour le MRG. Le second tour met de nouveau face à face les deux candidats qui s’étaient déjà affrontés en 1974. Dans un climat de passion, la campagne oppose deux projets bien différents (libéralisme tempéré à droite, intervention de l’État à gauche). Finalement, François Mitterrand l’emporte avec 51,8% des voix : au bout de vingt-trois ans, l’alternance s’avère possible sous la Ve République.

Le mécanisme ou dictionnaire (règlement de la campagne officielle à la télévision)

Message de Valéry Giscard d’Estaing (« Au revoir »)

Investiture de François Mitterrand : la matinée

1988 : la réélection de François Mitterrand

Le scrutin des 24 avril et 8 mai 1988 voit le Président sortant se représenter, et le nombre de candidats diminuer à nouveau (neuf en tout au premier tour). Cette élection présente, en outre, la particularité de voir le chef de l’État affronter son ancien Premier ministre (d’un camp opposé), à l’issue de la première expérience de cohabitation en France. Après un bon score au premier tour (34,1% des suffrages exprimés), François Mitterrand s’impose largement au second tour (54,02% des voix).

Les neuf candidats au premier tour

Débat d’entre deux tours : « Vous avez tout à fait raison M. le Premier ministre »

1995 : l’élection de Jacques Chirac

L’élection qui a lieu les 23 avril et 7 mai 1995, et qui clôt à nouveau une période de cohabitation, est marquée par la présence, au premier tour, de deux personnalités du RPR, Jacques Chirac et Édouard Balladur. Neuf candidats se présentent au total dont, pour le PS, Lionel Jospin, après le renoncement de Jacques Delors. Au premier tour, Jacques Chirac arrive devant son concurrent direct du RPR, mais c’est Lionel Jospin, de manière inattendue, qui est en tête des suffrages. Au second tour, Jacques Chirac devient président de la République (52,6% des suffrages exprimés).

Candidature de Jacques Chirac

Annonce des résultats du premier tour

Passation de pouvoir : Jacques Chirac raccompagne François Mitterrand

2002 : le choc du 21 avril et la réélection de Jacques Chirac

L’élection présidentielle des 21 avril et 5 mai 2002 présente plusieurs particularités. Première élection pour un mandat présidentiel de cinq ans et non de sept, elle fait suite à une cohabitation de cinq ans entre le président de la République sortant, Jacques Chirac (RPR), et son Premier ministre, Lionel Jospin (PS). Tous deux sont considérés comme les principaux candidats en lice et leur duel au second tour ne semble pas faire de doute.

Cette élection est aussi caractérisée par un nombre inédit (16) de candidats au premier tour.

Mais ce sont les résultats du premier tour du scrutin qui représentent un choc de grande ampleur pour la démocratie française. En effet, pour la première fois un candidat d’extrême-droite, Jean-Marie Le Pen, se qualifie pour le second tour de l’élection avec 16,85 % des suffrages exprimés face à Jacques Chirac (19,88% des voix). Lionel Jospin, battu au premier tour (16,18%), annonce dès le 21 avril au soir son retrait de la vie politique.

La présence du FN au second tour suscite une mobilisation républicaine. Elle se traduit par de nombreuses manifestations dans les grandes villes françaises et culmine lors du 1er mai, où près d’un million et demi de personnes défilent dans les rues.

Au second tour, le Président sortant Jacques Chirac est réélu avec 82,21 % des suffrages exprimés contre 17,79 % pour Jean-Marie Le Pen. Ce score sans précédent s’explique par le report du vote des électeurs de gauche sur le candidat républicain.

Déclaration de Lionel Jospin au soir du premier tour

Les résultats définitifs du premier tour

1er mai 2002 : paroles de manifestants

2007 : l’élection de Nicolas Sarkozy

L’élection présidentielle des 22 avril et 6 mai 2007, qui a opposé 12 candidats au premier tour, s’est caractérisée par :

  • la relative « jeunesse » des deux principaux candidats, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, âgés d’une cinquantaine d’années, et qui se présentent tous les deux pour la première fois ;
  • un taux de participation très élevé, au premier comme au second tour, avec près de 84% des votants à chaque fois ;
  • l’importance du score réalisé, pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, par un candidat du centre, puisque François Bayrou obtient 18,57% des suffrages exprimés. La candidate socialiste, Ségolène Royal, est présente au second tour. Elle bénéficie au premier tour du « vote utile » des électeurs de gauche qui ne veulent pas revivre le traumatisme de l’élimination de leur candidat dès le premier tour, et se souviennent encore du 21 avril 2002. Au second tour, le candidat de l’UMP, Nicolas Sarkozy, est élu avec 53,06% des suffrages exprimés, contre 46,94% pour Ségolène Royal.

Candidature de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007

Le premier tour de l’élection présidentielle de 2007

Première déclaration de Nicolas Sarkozy, Président élu

2012 : l’élection du deuxième président socialiste de la Ve République

À l’issue du premier tour qui a opposé 10 candidats, François Hollande obtient 28,63% des voix, contre 27,18% à Nicolas Sarkozy, président sortant.

C’est la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’un président sortant n’arrive pas en tête du premier tour (si l’on excepte le cas particulier d’Alain Poher, Président par intérim après la démission du général de Gaulle, qui fut devancé par Georges Pompidou en juin 1969).

La troisième place revient au FN et à sa candidate Marine Le Pen (17,9%). Viennent ensuite Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) avec 11,1% des voix, et François Bayrou (MoDem) avec 9,1% des voix. Les autres candidats remportent moins de 5% des voix, barre sous laquelle les frais de campagne ne sont pas remboursés.

Au second tour, François Hollande l’emporte avec 51,63% des voix, devenant ainsi le deuxième président socialiste de la Ve République, 31 ans après François Mitterrand.

Le taux de participation (79,48 % au premier tour et 80,35 % au second tour), certes élevé, reste en deçà de celui de l’élection présidentielle précédente.

Une des particularités de ce scrutin aura été la désignation du candidat du PS à l’issue de « primaires citoyennes » : tous les citoyens inscrits sur les listes électorales et qui déclarent se reconnaître dans les valeurs de gauche, en signant une charte d’adhésion, ont été appelés à participer à la désignation du candidat de la gauche. Cette désignation n’a donc pas été le seul fait des militants socialistes, comme cela avait été le cas en 2007. Des primaires ont également eu lieu au sein d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), mais étaient réservées aux seuls membres de ce parti.

François Hollande remporte la primaire socialiste à l’élection présidentielle de 2012

Cérémonie d’investiture de François Hollande : déroulement

2017 : l’élection d’Emmanuel Macron, un Président jeune et non issu d’un parti de gouvernement

L’élection présidentielle de 2017, dont les premier et second tours ont eu lieu respectivement les 23 avril et 7 mai, présente plusieurs particularités.

  • Tout d’abord, c’est la première fois qu’un Président sortant (en l’occurrence, François Hollande) décide de ne pas briguer un second mandat.
  • Ensuite, cette élection voit l’extension de la pratique des primaires, qui sont organisées pour la première fois à droite et au centre. Les Républicains (LR) et le Parti chrétien-démocrate (PCD) ont en effet recours, pour désigner leur candidat, à une primaire ouverte à tous les inscrits sur les listes électorales, sous réserve de signature d’un engagement d’adhésion « aux valeurs républicaines de la droite et du centre ».

Le PS, le Parti radical de gauche (PRG), Génération écologie, l’Union des démocrates et des écologistes (UDE), le Front démocrate et le Parti écologiste, réunis au sein de « La Belle alliance populaire », organisent également des « primaires citoyennes » ouvertes à tous les électeurs inscrits sur les listes électorales, déclarant se reconnaître dans les valeurs de gauche, pour désigner le candidat issu de leurs rangs.

De son côté, EELV réserve le vote à sa primaire à ses adhérents ou aux personnes s’étant préalablement inscrites.

  • Par ailleurs, fait unique sous la Ve République, les deux principaux partis de gouvernement (PS et LR) ne parviennent pas à qualifier leur candidat pour le second tour.

Le premier tour voit s’affronter onze candidats. Emmanuel Macron (représentant le mouvement En Marche !, qu’il a créé en avril 2016) et Marine Le Pen (présidente du FN) arrivent en tête, avec respectivement 24,01% et 21,3% des suffrages exprimés. Les candidats de la droite et de la gauche de gouvernement – François Fillon (LR) avec 20,01% et Benoît Hamon (PS) avec 6,36% – sont éliminés dès le premier tour. Jean-Luc Mélenchon (leader de La France insoumise) atteint la quatrième place avec 19,58% des voix. Les six autres candidats recueillent moins de 5%.

  • Ce scrutin est marqué par l’émergence d’un homme jeune (Emmanuel Macron, né en 1977, a presque dix ans de moins que Valéry Giscard d’Estaing lors de son élection en 1974), non issu des formations politiques existantes et n’ayant jusqu’alors jamais détenu de mandat électif.

Le second tour se solde en effet par la victoire d’Emmanuel Macron (66,1% des suffrages exprimés), loin devant Marine Le Pen (33,9%), bien que certains observateurs aient pu envisager un écart plus resserré. Cependant l’ampleur du vote FN, qui attire quelque 3 millions de suffrages supplémentaires par rapport au premier tour (pour un total de 10 638 475 voix au second tour), est tout sauf négligeable.

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