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Quelle est la politique de défense de l’Union européenne ?

le 11 novembre 2018

Quelles sont les grandes politiques communautaires ?

Il n’y a pas d’action efficace et crédible en matière internationale sans des forces militaires suffisamment importantes pour parer une menace ou intervenir dans une zone de conflit afin de restaurer la paix et la sécurité de ses habitants. C’est la leçon qu’ont tirée les Européens des événements dans l’ex-Yougoslavie dans les années 1990, puisque seule une intervention militaire de l’OTAN a pu, en Bosnie puis au Kosovo, arrêter les exactions et l’épuration ethnique que voulait mettre en place le président serbe Milosevic.

La « définition progressive » d’une politique de défense commune aux pays membres de l’Union, pouvant « conduire à une défense commune », a été introduite par le traité sur l’Union européenne (art. 17 TUE) signé à Maastricht en 1992. Toutefois, aucune réalisation notable n’a eu lieu avant le sommet franco-britannique de Saint-Malo de décembre 1998 qui marque un changement d’attitude de la part du Royaume-Uni, qui reconnaît alors la légitimité d’une défense européenne et accepte désormais que l’UE agisse de façon autonome dans un domaine qu’ils réservaient auparavant à l’Alliance atlantique et aux États-Unis.

Sur cette base, de nombreux progrès sont réalisés en matière d’Europe de la défense à partir de 1999.

Les Conseils européens de Cologne et d’Helsinki en juin et décembre 1999 définissent une Politique européenne de sécurité et de défense (PESD), qui est une composante de la PESC. Depuis, un certain nombre d’avancées ont pu être réalisées. En 2001, ont été créés un État-major et un Conseil militaire de l’UE, qui ont piloté depuis lors plusieurs missions de maintien de la paix (opérations Concordia en Macédoine et Artemis au Congo en 2003, Althéa en Bosnie-Herzégovine en 2004 ou encore EU-Navfor/Atalante en Somalie en 2008, afin de lutter contre la piraterie).

Surtout, en 2007, le traité de Lisbonne prévoit la possibilité d’une coopération structurée permanente (CSP) permettant à plusieurs États de progresser ensemble dans la voie d’une coopération militaire plus poussée. Créée en décembre 2017 avec 25 États membres (sans le Royaume-Uni, le Danemark et Malte), cette CSP définit des engagements communs, notamment en termes de moyens consacrés à la défense dans les budgets de chaque pays participants et vise entre autres à diminuer – voire éliminer – les doublons très coûteux pour produire davantage les armements en commun.

Cependant, l’Union européenne ne dispose pas d’une armée commune telle que l’avait, par exemple, prévu le projet de Communauté européenne de défense (CED) rejeté par la France en 1954. En effet, elle ne se pense pas comme une puissance militaire et n’a pas vocation à le devenir, en tout cas à un niveau comparable à celui des États-Unis. L’UE se conçoit elle-même, depuis ses origines, comme une entreprise de pacification et comme un antidote à une expression violente de la puissance. Il semble dès lors logique qu’elle se contente de se doter de moyens lui permettant d’assurer un rôle de stabilisation politique ou de soutien aux processus de démocratisation de par le monde. Cela n’exclut pas pour autant une véritable communautarisation de ces moyens, qui n’est cependant pas à l’ordre du jour à l’heure actuelle.

En tout état de cause, l’Europe de la défense ne vise pas aujourd’hui à constituer une armée européenne qui se substituerait aux armées nationales. Dès lors, au sens premier du terme, la défense de l’Europe passe par les États et par l’OTAN : la protection d’un pays relève d’abord de l’échelon national puis de l’Alliance atlantique.

Néanmoins, la menace terroriste et l’attitude de la Russie lors de la crise ukrainienne depuis 2014 ont conduit le président de la Commission européenne à revenir sur cette question en proposant à nouveau, en avril 2015, la mise sur pied d’une véritable armée européenne. Restée lettre morte, cette proposition a cependant retrouvé un nouvel élan avec l’élection du Président Donald Trump qui a manifesté ses réticences sur l’OTAN. Le sujet est donc encore débattu en 2018, mais sans grande chance de voir concrètement le jour dans un avenir proche.

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