Les
énergies renouvelables en France : les principaux résultats en 2004 DGEMP
/ Observatoire de l'énergie, juin 2005.
Le bilan "spécifique" des énergies renouvelables (ENR) diffère du bilan officiel
de l'énergie dans la mesure où:
- il
fait la synthèse des productions électriques et thermiques d'origine renouvelable,
- il recense les productions d'énergies
renouvelables primaires ou secondaires, lorsqu'elles font l'objet d'une transformation,
- il détaille les usages (électriques
et/ou thermiques) réservés à chacune des productions d'énergie renouvelable, ainsi
que la contribution des ENR à la satisfaction des besoins des différents consommateurs
d'énergie (résidentiel, industrie, agriculture…).
La
mise à jour annuelle de ce bilan permet de suivre et de mesurer l'avancement des
programmes soutenus par les pouvoirs publics en matière d'utilisation et de valorisation
des énergies renouvelables. NB : l'actualisation
des bilans repose dans certaines filières sur des enquêtes à périodicité variable,
ce qui peut engendrer des révisions assez sensibles.
Production
La production
d'électricité d'origine renouvelable s'accroît légèrement
: + 1,4 % avec 71,2 TWh, après 70,2 TWh en 2003, année qui avait
connu elle aussi une faible production hydraulique. Cette hausse de 1 TWh provient
pour moitié de la production hydraulique (65,4 TWh contre 64,9 TWh en 2003
en hausse de 0,8 %), l'autre moitié revenant à l'éolien pour
0,2 TWh (0,6 TWh contre 0,4 en 2003) et aux autres productions électriques
d'origine thermique pour 0,3 TWh (5,2 TWh contre 4,9 TWh en 2003). L'hydraulique
représente en effet 92 % de la production électrique, les déchets
urbains 4,7 %, le bois et déchets de bois 1,9 %, l'éolien 0,8 %,
le biogaz et le solaire photovoltaïque assurant la part résiduelle. L'année
2004 restera marquée par : -
une production hydraulique à nouveau très faible, à
peine plus élevée que celle de 2003 (la plus basse de ces douze
dernières années), liée à un manque de pluviosité
durant l'automne notamment.
- la
poursuite d'une croissance sensible de l'électricité issue de toutes
les filières d'énergies renouvelables d'origine thermique
(+ 5,5 %). La valorisation électrique des déchets urbains notamment
se poursuit dans les nouvelles unités de traitement au détriment
de la chaleur ; elle s'élève à 3,3 TWh en 2004, soit un doublement
sur les cinq dernières années.
-
une progression de 47 % de la production d'électricité éolienne
(573 GWh contre 391 GWh en 2003), la puissance installée progressant pour
sa part de 61 % (356 MW au 31 décembre).
-
une forte poussée du solaire photovoltaïque relié au réseau
pour la seconde année consécutive ; les surfaces de capteurs installés
se sont accrues de 50 % en 2004 (2210 kWc contre 1483 kWc en 2003).
La
production thermique d'origine renouvelable (y compris les biocarburants)
augmente modérément : + 2,5 % avec 10,5 Mtep (contre 10,2
Mtep en 2003), en liaison avec une légère hausse de la consommation
de bois de chauffage des ménages, liée à un climat un peu
plus frais pendant les mois de chauffage qu'en 2003. Elle
est assurée principalement par le bois et les déchets de bois (82
% à 8,6 Mtep), et dans une moindre mesure par les déchets urbains
(8 %), des biocarburants (4 %) et des pompes à chaleur (3 %). La part résiduelle
concerne le solaire thermique, la géothermie, le biogaz et les résidus
de récoltes. On
notera pour 2004 : -
la poursuite de la montée en puissance du programme Hélios 2006
(ou " Plan soleil 2000-2006 ") conduit par l'ADEME, avec l'installation
de 53 000 m2 de capteurs solaires thermiques, soit une progression de 36 % par
rapport à l'année précédente.
-
une stagnation des productions thermiques issues de la géothermie, du
biogaz et des déchets de récolte.
- le
ralentissement de la croissance de la production de chaleur en provenance des
déchets urbains (+ 1 %), après plusieurs années de forte
progression, dans un contexte de stabilisation de la cogénération.
- un intérêt
grandissant pour les pompes à chaleur, avec l'installation de plus
de 15 000 pompes à chaleur supplémentaires en 2004.
-
une augmentation sensible de la production de biocarburants (+ 12 %), dont
une partie a été exportée, principalement vers l'Allemagne
et l'Italie.
- une
légère hausse à climat réel, de l'utilisation de bois
de chauffage des ménages compte tenu d'un climat un peu moins clément
qu'en 2003, mais une baisse tendancielle globale, à climat normal, semble
toutefois se confirmer.
Étant
donné l'impossibilité d'estimer les stocks de bois constitués
par les détaillants et les particuliers, on adopte par convention que la
production est égale à la consommation de bois combustible. Le manque
de données disponibles à ce jour concernant la consommation des
ménages rend les résultats fragiles . On note en revanche la progression
toujours soutenue des installations de chaufferies collectives et industrielles
(328 chaufferies au bois engagées contre 273 en 2003, pour une puissance
de 167 MW dans le cadre du " Plan bois énergie 2000-2006 ", également
conduit par l'ADEME).
Consommation
des énergies renouvelables thermiques La
consommation finale d'énergies renouvelables thermiques est stable
à 10,4 Mtep (la part de l'électricité produite à
partir des énergies renouvelables thermiques est comptabilisée dans
le poste électricité). La
part du résidentiel-tertiaire reste dominante avec 83 % de la consommation
finale en 2004, suivie par l'industrie (13 %), les transports (3 %) et l'agriculture
(0,5 %). - résidentiel-tertiaire
: progression très légère avec 8,5 Mtep (8,3 Mtep
en 2003) en liaison avec la faible hausse de consommation du bois de chauffe des
ménages, qui représente encore 88 % de la consommation de ce secteur.
La part des déchets urbains (7 %) par l'intermédiaire des réseaux
de chaleur reste stable, celle du solaire thermique, des pompes à chaleur
et de la géothermie reste faible.
- industrie
: très légère progression avec
1,3 Mtep, à
la faveur d'une activité assez soutenue dans les industries du bois (indice
de production industrielle -IPI- en hausse de 2,5 %) et de la mise en service
d'un nombre croissant de chaufferies bois industriels (" Plan bois énergie
").
- secteur
des transports : la consommation de biocarburants stagne à 0,35 Mtep,
dans un contexte d'exonérations fiscales toujours contingentées.
Consulter le bilan statistique
détaillé, sous forme de tableaux.
© Ministère de l'Économie, des
Finances et de l'Industrie, DGEMP,
modifiée le 06/06/2005 |