Imprimer

8 mars : quels changements pour les droits des femmes en 2018 ?

le 5 03 2018

La journée internationale pour les droits des femmes est célébrée le 8 mars. Cette journée est l’occasion de revenir sur les faits qui ont marqué l’année 2017 et les changements annoncés en 2018 en matière de droits des femmes.

La lutte contre les violences sexistes et sexuelles

L’affaire Weinstein, du nom du producteur américain dénoncé pour harcèlement sexuel par plusieurs actrices, a provoqué dans de nombreux pays, dont la France, une libération de la parole. Après ces révélations, des milliers de femmes ont raconté sur Twitter, via les mots-dièse #MeToo et #BalanceTonPorc, le harcèlement voire les agressions sexuelles dont elles ont été victimes. Si ce mouvement a suscité certaines critiques, notamment le risque d’une substitution des réseaux sociaux à la justice, il a permis une prise de conscience collective. Fin 2017, les services du ministèreMinistèreEnsemble des services de l’Etat (administration centrale et services déconcentrés) placés sous la responsabilité d’un ministre. de l’intérieur ont enregistré une hausse très nette des plaintes pour violences sexuelles.

Malgré cette évolution, d’importants progrès restent encore à faire en matière de violences faites aux femmes. Le 25 novembre 2017, à l’occasion de la journée mondiale pour l’élimination des violences faites aux femmes, l’égalité femmes-hommes a été décrétée grande cause du quinquennat.

Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, a annoncé un projet de loiProjet de loiProjet de texte législatif déposé au Parlement à l’initiative du gouvernement. contre les violences sexistes et sexuelles. Ce texte, qui doit être discuté lors du Conseil des ministresConseil des ministresFormation collégiale réunissant l’ensemble des ministres. du 7 mars 2018 et présenté fin mars, vise notamment à allonger à 30 ans après la majorité le délai de prescription pour les mineurs victimes de viol, à fixer un âge minimal de consentement à un acte sexuel et à pénaliser le harcèlement de rue.

Deux rapports présentés fin février 2018 doivent alimenter la réflexion du gouvernementGouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale. et du ParlementParlementOrgane collégial qui exerce le pouvoir législatif (adoption des lois et contrôle du pouvoir exécutif). En France, le Parlement est composé de deux chambres : l’Assemblée nationale et le Sénat.. Le premier rapport de la délégation des droits des femmes de l’Assemblée nationale traite du viol. Le second rapport, commandé par Marlène Schiappa, porte sur la verbalisation du harcèlement de rue. Il recommande de créer un outrage sexiste et sexuel puni d’une amendeAmendeCondamnation à payer au Trésor Public une somme d’argent fixée par la loi. allant de 90 à 750 euros. Il s’agit de sanctionner les gestes déplacés, les sifflements, les regards insistants ou remarques obscènes ou le fait de suivre quelqu’un, etc.

L’égalité femmes hommes au travail, en politique, dans la vie quotidienne et la culture

L’égalité professionnelle n’est pas encore acquise en France. Même si les lois dites de parité ont permis de réelles avancées pour permettre aux femmes d’accéder à des postes à responsabilités, d’importantes inégalités salariales persistent. Selon la ministre du travail, les femmes gagnent aujourd’hui 9% de moins que les hommes à poste équivalent et 25% en moyenne de moins que les hommes tous postes confondus. Un plan d’action sur l’égalité salariale est prévu d’ici fin mars 2018.

La parité en politique est également un combat de longue date. Elle a fait l’objet de plusieurs lois. Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) s’est félicité, à l’issue des élections législatives de juin 2017, de la progression sans précédent des femmes élues à l’Assemblée nationale (38,65% des députés). Il a regretté toutefois, lors des élections sénatoriales de 2017, les stratégies anti-parité des partis pour freiner l’accès des femmes au pouvoir. S’agissant de la parité au niveau local, il déplore que le partage des responsabilités s’arrête aux portes du pouvoir.

Dans la vie quotidienne, les stéréotypes restent vivaces. Les femmes continuent d’assumer la majorité des tâches ménagères et parentales.

Dans le domaine de la culture, les inégalités entre sexes sont particulièrement flagrantes. C’est le constat que dresse le HCEfh dans un rapport remis le 16 février 2018 à la ministre de la culture, dans le cadre du Tour de France de l’égalité.

Ce tour de France, lancé par Marlène Schiappa en octobre 2017, s’achève le 8 mars. Il doit permettre d’arrêter les priorités thématiques annuelles en matière d’égalité femmes hommes.

Mots clés :

Rechercher