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Qu’est-ce que le capitalisme ?

le 17 août 2018

Le capitalisme est un système de production, ou régime économique, qui repose sur la propriété privée individuelle ou collective (on parle de capitalisme d’État) des moyens de production. Il implique également la division du travail, l’existence d’un marché, une recherche de profit et la séparation entre le capital et le travail. Il s’agit d’un ensemble socio-économique organisant la production, la répartition et la consommation des richesses.

Propriété privée des moyens de production et recherche de profit

Les moyens de production (capital) désignent tout ce qui permet de produire et de reproduire la richesse, c’est-à-dire les terres, les bâtiments, les machines, les outils, etc. Dans le système capitaliste, les moyens de production n’appartiennent pas à ceux qui les mettent en œuvre par leur travail. Pour Karl Marx, qui est l’un des théoriciens majeurs du capitalisme dans son ouvrage Le Capital (1867), ce système entraîne une recherche systématique de plus-values obtenues grâce à l’exploitation par les propriétaires capitalistes des travailleurs, qui sont les seuls créateurs de valeur.

L’un des principes fondamentaux du capitalisme est l’accumulation continue du capital, sachant que celui-ci se déprécie au cours du temps. L’investissement permet alors l’augmentation et le renouvellement du capital.

Le capitalisme doit également assurer la liberté des échanges pour permettre cette accumulation du capital. L’entreprise est le socle du capitalisme, puisqu’elle regroupe propriété privée, initiative individuelle et division du travail. Cette dernière n’est pas spécifique au capitalisme - la répartition des tâches existe dans d’autres systèmes - mais la différenciation des rôles productifs y est accrue et permet l’augmentation de la productivité. L’économie capitaliste, régulée par le marché, est souvent entendue comme une économie d’entreprises.

Dans le capitalisme, les possesseurs des moyens de production (actionnaires ou chefs d’entreprise) sont juridiquement séparés des salariés. Ces derniers disposent de leur force de travail qu’ils vendent aux entreprises tandis que les premiers achètent la force de travail au prix du marché : le salaire. Il existe alors un marché du travail où se vendent librement les travailleurs. Cette distinction est importante car elle permet de différencier le capitalisme des régimes économiques régis par un système d’esclavage ou de servage.

Un système historiquement situé

Le capitalisme n’est pas un système fixe et immuable ; il se transforme au fil des évolutions des sociétés humaines, notamment sous l’impulsion du progrès technique. Il n’a pas non plus toujours existé. Le système médiéval féodal et l’esclavage antique n’étaient pas des régimes capitalistes.

Son origine est l’objet de débats. Pour Max Weber, c’est le protestantisme, qui en exigeant pour accéder à la rédemption divine un travail ascétique favorisant la capitalisation, a instauré le capitalisme et une "éthique" qui lui est propre.

Pour l’historien Fernand Braudel, le capitalisme remonte à la fin du Moyen-Age quand un capitalisme commercial (système de traite négrière et de commerce triangulaire, grandes expéditions financées par des sociétés par actions) a succédé au système féodal. Avec la révolution industrielle au Royaume-Uni, apparaît un capitalisme industriel et bancaire. Son avènement en Grande-Bretagne aurait été facilité par les "lois des enclosures" du XVIIe siècle, ces dernières ayant élargi l’accès la propriété privée dans le pays.

Il existe aujourd’hui un capitalisme contemporain, ou néocapitalisme, qui s’est développé après la Seconde Guerre mondiale et qui se caractérise par une intervention croissante de l’État, la financiarisation et la mondialisation des économies. Il est aujourd’hui le système économique de la plupart des pays depuis l’effondrement des économies socialistes planifiées après la chute du Mur de Berlin en 1989 et de l’URSS en 1991.

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