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Qu’est-ce que le keynésianisme ?

le 30 août 2018

Le keynésianisme est une théorie macroéconomique développée par John Maynard Keynes (1883-1946), économiste anglais. Les fondements de cette théorie dite de relance proviennent majoritairement de l’ouvrage Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936).

Une économie de la crise

Cette théorie est élaborée par J.M. Keynes comme une réponse à la crise économique mondiale des années 1930, aussi appelée Grande Dépression, qui débute avec le krach financier de 1929. Cette crise se manifeste par une baisse importante de la consommation et un chômage de masse durable.

Contrairement aux classiques qui considèrent qu’il faut baisser les dépenses publiques en période de crise, Keynes pense qu’une crise nécessite une relance de l’économie.

Ses thèses centrales sont les suivantes :

  • le marché ne s’autorégule pas, il n’assure pas le plein-emploi et l’intervention de l’État est nécessaire pour relancer l’économie dans les périodes de récession ;
  • ce n’est pas l’offre qui créé la demande (on n’achète pas parce que des choses sont produites) mais c’est la demande qui créé l’offre (c’est parce qu’on achète qu’il y a production) ;
  • c’est pour cela qu’il faut relancer : l’État, qui peut emprunter, s’endetter et investir dans l’avenir plus facilement, doit financer des projets. Cela créé des emplois et des revenus, ce qui permet à la population de s’enrichir et donc de consommer, ce qui relance la production, ce qui créé des emplois, entraînant ainsi un cercle vertueux ;
  • la politique économique de l’État est budgétaire (dépenses publiques) et monétaire (influence sur le taux d’intérêt pour faciliter l’investissement au détriment de la thésaurisation, croissance de la masse monétaire par la mise en circulation de monnaie etc.) ;
  • il existe un "équilibre de sous-emploi", une économie pouvant fonctionner avec un fort taux de chômage. Le chômage peut également être structurel, et non plus seulement conjoncturel.

Une psychologie économique

Un autre apport de Keynes est son intérêt pour la psychologie des acteurs économiques et aux "anticipations auto-réalisatrices" des entrepreneurs concernant le futur niveau de la demande. Lorsqu’ils anticipent, par exemple, un ralentissement de l’activité, la demande effective (demande attendue ou anticipée) entraîne une diminution des investissements, ce qui engendre bien une contraction effective de l’activité.

L’incertitude est donc un danger pour l’économie, qui repose sur l’investissement, puisqu’elle pousse les entrepreneurs à la prudence. Or si les entrepreneurs n’investissent pas, personne ne le fera à leur place ; c’est leur fonction sociale.

De la même façon, Keynes s’intéresse à la psychologie du consommateur. Le revenu global est le principal facteur de la consommation mais la consommation augmente moins vite que le revenu (loi psychologique fondamentale). S’agissant de la monnaie, il existe une préférence pour la liquidité (demande de monnaie pour elle-même).

La révolution keynésienne a inspiré le plan de relance du "New Deal" (1933-1938) mis en place aux États-Unis par le président Roosevelt. Elle est la source de la vision moderne de l’État-Providence.

Hégémonique dans les années d’après-guerre, le keynésianisme cède progressivement la place aux théories libérales. Il existe néanmoins une postérité à Keynes, mais les théoriciens de la nouvelle économie keynésienne (NEK) sont moins interventionnistes bien que critiques du concept d’autorégulation du marché.

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