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Les étudiants, acteurs du système universitaire

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Dossier mis à jour le 2.10.2008

Article mis à jour le 6.06.2008

Souvent perçus comme individualistes ou au contraire prêts à se mobiliser pour de multiples causes politiques, humanitaires ou sociales, les étudiants se sont toujours engagés sur des thèmes politiques généraux (soutien à des listes politiques, prises de position sur les guerres coloniales notamment au Vietnam ou en Algérie, lutte contre le racisme, …), sur les projets de réforme universitaire ou pour peser sur l’amélioration de leur vie quotidienne sur le campus au point de devenir une composante à part entière du paysage social français. Après la deuxième guerre mondiale, les pouvoirs publics vont inviter les étudiants à participer à la vie du système universitaire par le biais de diverses instances progressivement mises en place tandis que les initiatives tendant à développer la vie associative des étudiants sur le campus tarderont à venir.

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Les étudiants, acteurs de la vie politique et sociale

Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, la Charte de Grenoble du 24 avril 1946, impulsée par l’UNEF (Union nationale des étudiants de France) et inspirée du désir profond de renouvellement de la société française, assigne droits et devoirs aux étudiants : protection sociale, droit au repos, liberté d’opinion, indépendance matérielle, libre exercice des droits syndicaux.

Dans les années 1950 et 1960, on constate un début de rejet des partis politiques et organisations syndicales traditionnels. Lors du mouvement social de mai-juin 1968, la mobilisation des étudiants est révélatrice de la dynamique qu’ils peuvent créer dans les luttes sociales. Progressivement, l’UNEF perd son statut d’organisation centrale unique du monde étudiant, le "syndicalisme" étudiant s’affaiblit au profit de nouvelles forces qui inscrivent leurs projets au-delà même de l’action syndicale ou associative (prises de position par rapport aux guerres coloniales).

Après 1973, avec l’apparition de la crise économique et le développement du chômage, l’explosion voire la disparition de nombreux groupes politiques, les étudiants se recentrent sur les réformes des études supérieures (lutte contre la sélection à l’université, mouvement contre les obstacles mis à l’inscription des étudiants étrangers avec le principe de la présélection prévu par le décret dit Imbert de 1979...). De nouvelles structures apparaissent telles les coordinations étudiantes (rassemblant des étudiants affiliés à une structure syndicale ou non). Ce sera la mobilisation de près de trois mois contre la réforme de 1976, proposée par Alice Saunier-Séité, puis contre le projet Devaquet en 1986, deux projets qui préconisent des formes de sélection à l’entrée de l’université, puis en 1994 contre le CIP (Contrat d’insertion professionnelle) qui envisage la création d’un SMIC pour les jeunes, en 2002 et 2003 contre la mise en place d’un nouveau cursus universitaire (la réforme LMD – Licence – Master – Doctorat) en 2006, ce sera un rapprochement avec les lycéens contre le CPE (contrat première embauche). En 2007, les étudiants se mobilisent contre le projet de Valérie Pécresse qui accélère le processus d’autonomie des universités. Tout au long de ces années, les étudiants revendiquent l’amélioration des conditions de vie, l’augmentation des aides, voire la création d’un statut de l’étudiant.

De par leur participation plus ou moins active à tous les changements de la société depuis un demi-siècle, les étudiants sont devenus une composante à part entière du paysage social français avec des formes d’expression diverses : assemblées, commissions, comités, coordinations, manifestations, occupations de locaux, ou bien participation critique aux instances dans lesquelles ils ont été élus.

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Les étudiants deviennent des acteurs du système universitaire

A partir de 1945, les étudiants sont progressivement intégrés au paysage institutionnel universitaire. Le décret Capitant de 1945 a institué la participation des étudiants élus au Conseil de faculté et d’université. Depuis la loi de 1955 créant les œuvres universitaires et scolaires, les étudiants élus participent à la définition de la politique générale du Centre national et des Centres régionaux et se prononcent sur le budget du CNOUS et les répartitions de crédits de l’Etat entre les CROUS. Ils sont associés à l’accueil des nouveaux étudiants, à l’animation de la vie des établissements d’enseignement supérieur et aux activités d’aide à l’insertion professionnelle. Leurs représentants participent à la gestion du Centre national des œuvres universitaires et scolaires (CNOUS) et des centres régionaux (CROUS).

Au lendemain des évènements de mai-juin 1968, la loi d’orientation de l’enseignement supérieur de 1968 (loi Edgar Faure) transforme considérablement l’enseignement supérieur en introduisant les principes d’autonomie et de participation à la gestion des établissements de tous les acteurs de l’enseignement, enseignants mais aussi personnel administratif et étudiants. La loi, dite Savary, de 1984, tente de préciser le fonctionnement moderne des établissements, dans le prolongement de la loi Faure de 1968, avec la création du Conseil des études et de la vie étudiante (CEVU). Elle accorde en particulier une place plus importante aux élus étudiants. La loi d’orientation de 1989 instaure un statut d’organisation représentative étudiante, accessible aux structures qui obtiennent des élus au niveau national de cette représentation spécifique. Sont considérées comme représentatives les associations étudiantes œuvrant à la défense des intérêts matériels et moraux individuels et collectifs des étudiants. Elles bénéficient d’aides à la formation des élus et sont associées au fonctionnement de l’Observatoire de la vie étudiante.

Les organisations étudiantes sont nombreuses, néanmoins la participation étudiante aux élections pour les Conseils d’administration ou les Conseils des universités reste faible et traduit, selon un rapport du CIDEM (Citoyenneté et Démocratie) demandé par le ministère de l’Enseignement supérieur dans les années 2000, la distance des étudiants vis-à-vis de leurs institutions universitaires : 86 % d’abstention pour les CROUS, 95 % pour les universités. Cette abstention massive pose un problème de légitimité pour les étudiants élus tandis que les universités qui organisent les scrutins sont désemparées. Pour certaines organisations étudiantes (Fédération syndicale étudiante...), il n’est pas question de participer à la cogestion car elles considèrent que les instances universitaires ne servent qu’à entretenir une illusion de démocratie au sein de l’université. En 2002 un projet gouvernemental de Charte de la vie étudiante a notamment pour objectif de renforcer la citoyenneté étudiante en améliorant par exemple les conditions de participation des étudiants aux différentes élections.

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Encouragement tardif des pouvoirs publics à la vie associative

Après 1968, le mouvement associatif étudiant végète encore largement, malgré la persistance des corporations étudiantes dans certaines filières et la naissance dès 1969 de la première « radio campus » ou en 1977 du Génépi (Groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées).

Cependant, selon un baromètre CIDEM de la citoyenneté de 2002, 70 % des étudiants déclarent leur désir d’engagement associatif, qui est plutôt un engagement dans des actions concrètes, tremplin parfois pour une insertion professionnelle. Un rapport de l’Observatoire de la vie étudiante sur les engagements bénévoles des étudiants le rappelle en 2003 : la multiplication d’associations souvent très petites, porteuses d’initiatives bien définies, s’observe de plus en plus clairement dans tout l’enseignement supérieur à partir des années 1980, même si les deux traditions structurantes des engagements étudiants au 20ème siècle, à savoir les regroupements corporatifs et le militantisme syndical et politique, demeurent une évidence.

Pour les universités, la vie étudiante n’est apparue que tout récemment comme un sujet digne d’intérêt. Le réseau Animafac, créé en 1996, développe des partenariats avec plusieurs ministères dans le cadre de conventions pluriannuelles d’objectifs. La FAGE, en marge des syndicats étudiants traditionnels, est reconnue pour la spécificité de l’engagement associatif qu’elle représente et défend.

Avec le débat sur la Charte de la vie étudiante lancé en 1999, puis la publication en août 2001 de la circulaire sur le développement de l’engagement associatif et des initiatives étudiantes, les pouvoirs publics rappellent que l’enjeu de la vie universitaire ne réside pas seulement pour l’étudiant dans un moment privilégié pour sa formation générale et professionnelle, mais concerne également la découverte et la construction de soi, l’épanouissement sur le plan personnel, associatif, civique et culturel. Cette orientation est reprise par la « campagne envie d’agir » initiée par Luc Ferry après 2002.

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