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Accès aux études supérieures et égalité des chances

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Dossier mis à jour le 2.10.2008

Article mis à jour le 24.06.2008

Jusqu’au lendemain de la deuxième guerre mondiale, la population étudiante est un groupe minoritaire, relativement homogène, puisque largement issu des classes supérieures de la population. Ces caractéristiques ont évolué singulièrement à partir des années 1960 : explosion de la démographie étudiante, féminisation, multiplication des filières et plus large professionnalisation des études. En 1994, le sociologue François Dubet estime qu’il est difficile de définir l’étudiant des années 1990 parce qu’aucun type idéal nouveau n’a succédé à celui de "l’Héritier" (selon Pierre Bourdieu, Gérard Passeron, in « Les Héritiers, les étudiants et la culture », 1964). Dans les années 2000, l’enseignement supérieur recrute dans toutes les classes sociales mais les inégalités dans l’accès aux études supérieures et les parcours persistent.

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Une diversité croissante du monde étudiant

Avant les années 1960, le recrutement dans l’enseignement supérieur se fait presque exclusivement dans les classes supérieures traditionnelles. Le recrutement est essentiellement masculin, les étudiants ont la quasi certitude d’accéder à des postes à responsabilité dans la société.

La massification des effectifs étudiants à partir des années 1960 va bouleverser cette représentation des études supérieures. Ainsi entre 1960 et 2000, le nombre d’étudiants est multiplié par 7, passant de 135 000 à l’université en 1950 et 11 000 dans les grandes écoles à plus de 2 millions dont 1 400 000 à l’université en 2007.

Cette explosion démographique s’explique quantitativement par la forte natalité d’après guerre et un accroissement important de la classe d’âge susceptible d’accéder aux études supérieures.

Mais l’accroissement des flux étudiants résulte aussi d’une demande sociale croissante de formation, dans une société où l’instruction supérieure apparaît comme un facteur de promotion sociale pour les familles. La population étudiante se féminise (les filles représentaient à peine 5 % des effectifs au début du 20ème siècle, mais plus de 50 % en 2007) et les classes défavorisées accèdent plus largement à l’éventail des formations supérieures. Un peu plus du dixième des inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur est de nationalité étrangère.

Enfin l’augmentation de la population étudiante résulte aussi d’un choix politique. Les années dites des Trente glorieuses (1945-1973) sont marquées par la croissance et la tertiarisation de l’emploi qui exigent un développement massif de l’enseignement : des secteurs entiers de l’économie française manquent cruellement d’une main d’œuvre qualifiée au sortir de la deuxième guerre mondiale. Former des techniciens qualifiés, des cadres diplômés, est un axe important de la politique de développement économique de la France des années 1950 et 1960. La création du CNOUS (Centre national des œuvres universitaires et scolaires) veille à permettre l’augmentation de la "production" d’étudiants diplômés par les aides sociales qu’il attribue.

Avec l’augmentation des effectifs, dans les années 1960, l’enseignement supérieur se restructure. L’éventail de formations universitaires ne cesse de s’élargir dans les décennies suivantes : à côté des formations générales (classes préparatoires aux grandes écoles, grandes écoles, universités), les formations professionnelles se multiplient avec les Instituts universitaires de technologie créés en 1966, les instituts universitaires professionnalisés crées en 1992, les formations en alternance dans lesquelles les étudiants préparent un diplôme en étant rémunérés et en bénéficiant des avantages sociaux du salariat (sécurité sociale, indemnisations chômage, congés payés, etc.).

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Des tentatives de démocratisation

La représentation dans l’enseignement supérieur des catégories sociales les plus favorisées reste supérieure à celle des catégories défavorisées : c’était le cas en 1965, à la fin des années 70, c’est toujours le cas en 2006. 85% des enfants de cadres et d’enseignants obtiennent le baccalauréat et peuvent donc poursuivre des études supérieures, contre 50 % des enfants d’ouvriers, selon les chiffres de l’Observatoire de la vie étudiante de 2006. Par ailleurs, selon une étude de l’OCDE de 2005, seulement 59% des étudiants en France parviennent à terminer leurs études.

Les pouvoirs publics multiplient les mesures pour donner corps à une réelle démocratisation de l’enseignement supérieur.

Dès le début des années 2000, des expériences de diversification du recrutement ont été mises en place par exemple, par l’Institut d’études politiques de Paris (IEP), favorisant l’accès de l’école à des jeunes issus de quartiers défavorisés. Expérience renouvelée depuis lors et qui s’est étendue à d’autres instituts d’études politiques régionaux et à d’autres classes préparatoires.

En 2005, Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion et à l’Egalité des chances, et François Goulard, ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, ont lancé un appel à projets aux universités en vue de les inciter à mettre en œuvre des dispositifs innovants allant dans ce sens et pouvant être effectifs dès la rentrée 2006.

La mise en place du tutorat auprès d’élèves issus de quartiers défavorisés, le recrutement favorisé d’élèves boursiers pour réussir l’engagement du Président de la République, Jacques Chirac, d’avoir 33% de boursiers en classes préparatoires participent aux mesures de désenclavement social de l’enseignement supérieur.

Mais le taux d’échec des étudiants en premier cycle reste très important et le nouveau chantier lancé par Valérie Pécresse en 2007 se donne aussi pour objectif d’y remédier.

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