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Culture : le système des aides à l’audiovisuel et au cinéma en question

le 4 04 2014 Archives.

La Cour des comptes a publié le 2 avril 2014 un rapport thématique consacré à la politique de soutien à la production cinématographique et audiovisuelle. Pour la Cour, la forte hausse des aides publiques (taxes affectées au Centre national du cinéma et de l’image animée "CNC", aides des collectivités territoriales, crédits d’impôt), estimée à +88% entre 2002 et 2012, ne constitue pas la réponse adéquate aux défis posés par l’émergence du numérique (nouveaux modes de diffusion, etc.).

Concernant le cinéma, la politique de soutien a accompagné la croissance importante, au cours de la dernière décennie, du nombre de films produits (270 films en 2013) et de la fréquentation des salles de cinéma (part de marché du cinéma français : entre 30 et 40%). Toutefois, elle alimente l’évolution à la hausse des coûts de production, imputable aux films aux budgets les plus élevés. La Cour recommande d’augmenter la sélectivité des projets éligibles aux aides et d’assouplir le régime des jours pendant lesquels la diffusion de film est interdite sur les chaînes de télévision.

S’agissant de la production audiovisuelle, la Cour considère que les montants alloués (332 millions d’aides publiques et 800 millions d’investissements des chaînes de télévision en 2012) sont sans rapport avec les résultats obtenus. Les aides ont été davantage orientées vers un soutien quantitatif à la production que vers la création et la production d’oeuvres de qualité, sans pour autant rencontrer les attentes des téléspectateurs. Cette politique a en outre échoué à faire émerger un tissu d’entreprises de production suffisamment structuré pour répondre à la demande française et internationale. Ainsi, le volume horaire de fiction française produite depuis vingt ans stagne, même si les autres genres (animation, documentaire) connaissent un relatif essor en France et à l’étranger. En conséquence, la Cour préconise de recentrer les aides sur la constitution d’entreprises fortes à l’échelle internationale et la production d’oeuvres de qualité.

Au-delà, il serait nécessaire d’envisager une rénovation plus profonde de la politique de soutien afin d’inclure les nouveaux acteurs du secteur (Netflix, Amazon), moyennent des contreparties et leur participation au préfinancement des oeuvres.

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