[ Publicité ]

La maîtrise des flux migratoires : la preuve par les chiffres ?| vie-publique.fr | Repères | Politiques publiques

Imprimer

La maîtrise des flux migratoires : la preuve par les chiffres ?

Archives.

Dossier mis à jour le 26.03.2007

Article mis à jour le 19.03.2007

Stabilisation puis baisse du nombre d’immigrés, inflexion sensible du nombre de demandeurs d’asile, programme minimum de régularisation : le ministre de l’Intérieur s’adresse un satisfecit, le 11 décembre 2006. 2005 est une année de rupture, ce mouvement de rupture va s’amplifier en 2007, première année d’application de la nouvelle loi sur l’immigration choisie.

L’exposé des motifs du projet de loiProjet de loiProjet de texte législatif déposé au Parlement à l’initiative du gouvernement. sur l’immigration et l’intégration le note : « après 10 ans de forte hausse, on assiste, depuis 2004, à une stabilisation globale des flux migratoires réguliers ». Le dernier comité interministériel de contrôle de l’immigration (CICI), réuni le 5 décembre 2006, le confirme et fait même état d’une baisse de l’immigration légale de 2,6 % en 2005 par rapport à 2004. En effet 187 000 titres de séjour ont été délivrés en 2005, contre 191 000 en 2003.

Les chiffres de reconduite à la frontière de migrants en situation illégale ont doublé en trois ans, passant de 10 000 en 2002 à 20 000 en 2005 et 24 000 en 2006 pour la seule métropole, et devraient dépasser les 22 000 outre-mer. De plus, 33 000 personnes ont été refoulées avant leur entrée sur le territoire français. Quant au nombre de demandeurs d’asile, de l’avis même du ministre de l’intérieur, il s’effondre et passe de 57 000 en 2004 à 52 000 en 2005 et la diminution est plus spectaculaire encore en 2006 : « sur les 10 premiers mois de l’année nous avons enregistré une diminution de 35 % ».

Enfin, le gouvernementGouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale. a toujours affirmé qu’il n’était pas question pour lui de procéder à des opérations de régularisations massives, comme l’Espagne, l’Italie ou l’Allemagne ont pu le faire : en revanche « le mécanisme de régularisation au fil de l’eau, issu de la loi Chevènement de 1998 et nécessaire pour éviter que ne se constituent des situations inextricables, n’est pas remis en cause ». Seuls 6 924 dossiers de parents en situation irrégulière d’enfants scolarisés ont été régularisés au cours de l’été. C’est peu, au regard des 33 000 dossiers déposés, beaucoup et encore trop sans doute pour une frange de l’électorat que le gouvernement veut garder ou conquérir. Dans le même temps, il n’hésite pas à montrer la plus grande fermeté sur la question du logement des immigrés à Cachan (Val-de-Marne) avec l’évacuation de quelques centaines de familles étrangères, toutes en attente d’un logement décent, beaucoup étant en situation régulière, certaines en attente de régularisation. Des raisons d’hygiène précaire et de risques d’incendie sont invoquées pour fermer l’immense squat sans proposition de solution globale, alors que les familles occupent le bâtiment depuis plusieurs années. Des reconduites à la frontière ont lieu à cette occasion et des familles ont été dispersées.

Pour les opposants à cette politique de fermeté, ces chiffres ne disent pas tout sur la réalité des flux. « Le bilan du gouvernement est tronqué » riposte le Parti socialiste dans un communiqué en réponse aux annonces du ministre de l’Intérieur. Le gouvernement oublie les sans papiers. De son côté, le Président de la Ligue des droits de l’Homme, affirme :« de nouveaux sans papiers apparaissent chaque année bien moins en raison de nouvelles entrées qu’à cause du durcissement incessant des législations ».

Lien vers le haut de page

Mots clés :

Rechercher