Les mots de l’immigration, de l’intégration
Dossier mis à jour le 12.12.2011
Article mis à jour le 23 07 2004
Accords signés entre un pays européen et un pays extra-communautaire qui prévoient que ce dernier s’engage à reprendre sur son territoire les clandestins ayant transité par son territoire ou quitté celui-ci dont ils sont originaires.
ACCUEIL (attestation d’)
Document, établi par une autorité officielle, certifiant
que l’étranger désirant venir en France pour une visite
privée sera hébergé chez la personne qui fait établir
cette attestation. L’attestation d’accueil remplace depuis la loi du
11 mai 1998 le "certificat d’hébergement".
ACCUEIL (politique d’)
Ensemble de mesures destinées à faciliter l’arrivée
et l’installation en France de personnes étrangères en
provenance de l’étranger. La politique d’accueil s’adresse aux
familles arrivant en France dans le cadre du regroupement familial,
aux familles de réfugiés statutaires (voir cette expression)
et aux conjoints étrangers de Français. Cette politique
comprend plusieurs étapes : entretien lors du dépôt
de la demande (de regroupement familial par exemple) pré-accueil
avant l’arrivée de la familleFamilleGroupe de personnes liées par des liens de filiation et d’alliance. et accueil de la famille à
son arrivée. Un "diagnostic social" permet alors de
proposer à la famille des actions d’intégration au nombre
desquelles l’apprentissage du français revêt une importance
particulière.
AMSTERDAM (Traité d’)
Accord international de l’Union Européenne (voir cette expression)
en vue de permettre, entre autres objectifs, de "circuler librement
et de vivre en sécurité" dans l’espace de l’Union.
Le traité d’Amsterdam appelle, de ce point de vue, à l’harmonisation
des politiques d’immigration, de visas et d’asile entre les pays signataires,
ainsi que celle des règles de coopération judiciaire en
matière civile et pénale.
ASILE (droit d’)
Droit accordé à une personne menacée ou poursuivie
pour des raisons d’ordre politique d’avoir accès à un
lieu ou à un territoire où elle sera en sécurité.
Le droit d’asile ouvre aujourd’hui en France la faculté à
la personne qui est admise à s’en prévaloir d’accéder
à deux qualités possibles :
- celle de réfugié (voir cette expression), si la personne
satisfait aux critères définis par la Convention de Genève
de 1951, ou à celui qui est désormais énoncé
par la loi du 11 mai 1998 au bénéfice de "toute personne
persécutée en raison de son action en faveur de la liberté"
(asile dit "constitutionnel", par référence
au préambule de la Constitution de 1946, repris par la Constitution
de 1958) ;
- celle de bénéficiaire de l’"asile territorial"
ASILE (territorial)
Catégorie d’asile définie par l’article 13 de la loi du
11 mai 1998, modifiant la loi du 25 juillet 1952 et entendue comme un
droit au séjour "accordé par le ministre de l’intérieur
après consultation du ministre des affaires étrangères
à un étranger si celui-ci établit que sa vie ou
sa liberté est menacée dans son pays ou qu’il y est exposé
à des traitements contraires à l’article 3 de la Convention
européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés
fondamentales". Une personne peut dans ces conditions relever de
l’asile territorial sans que sa qualité de réfugié
ait été par ailleurs reconnue en application des dispositions
de l’article 2 de la loi du 11 mai 1998.
L’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme,
adoptée par les membres du Conseil de l’Europe en 1954, stipule
que "nul ne peut être soumis à la torture ni à
des peines ou traitements inhumains ou dégradants".
ASSIMILATION
Aboutissement supposé ou attendu d’un processus d’intégration (voir
ce mot) de l’immigréImmigréPersonne née étrangère à l’étranger et entrée en France en cette qualité en vue de s’établir sur le territoire français. Un immigré peut, au cours de son séjour en France, avoir acquis la nationalité française. tel que celui-ci n’offre plus de caractéristiques
culturelles distinctes de celles qui sont censées être communes à la
majorité des membres de la société d’accueil. L’assimilation, souvent
présentée comme exigence propre au modèle "français" d’intégration n’a
en France aucune traduction juridique, sauf au sens où le droit de la
nationalitéNationalitéLien juridique donnant à un individu la qualité de citoyen d’un Etat. considère le "défaut d’assimilation" d’une personne comme
susceptible de justifier une décision défavorable à sa demande d’acquisition
de la nationalité française : dans la pratique, le défaut d’assimilation
s’entend, pour l’essentiel, soit d’une incapacité à maîtriser l’usage
courant de la langue nationale, soit de la jouissance effective d’un
statut matrimonial incompatible avec l’ordre juridique français (situation
de polygamie).
C. A. D. A.
Centre d’accueil pour demandeurs d’asile, appartenant à la catégorie
juridique des Centres d’hébergement et de réadaptation sociale (CHRS).
Le CADA a pour mission d’assurer l’hébergement, avec un accompagnement
social allégé, des demandeurs d’asile durant toute la durée de la procédure
d’examen de leur demande de reconnaissance du statut de réfugié, recours
éventuel compris. Structure d’accueil créée par une circulaire du 19
décembre 1991. Vient compléter le réseau d’accueil constitué au milieu
des années 1970 par les centres provisoire d’hébergement (CPH) réservés
aux réfugiés statutaires, dont la vocation est reconnue, du fait de
leur statut même, "à demeurer durablement en France".
C. I. L. P. I.
Commission interministérielle pour le logement des populations immigrées.
Commission créée par un arrêté du 9 juin 1998, qui succède à la C.N.L.I.
(Commission nationale pour le logement des immigrés). Elle a pour mission
la formulation de toutes propositions relatives au logement des populations
immigrées et leurs familles, en particulier les actions concernant les
foyers de travailleurs migrants. Elle prépare les programmes d’opérations
éligibles aux financements de la participation des employeurs à l’effort
de construction ("1 % logement") à partir des propositions des préfets.
C.N.I.P.I.
Conseil National pour l’Intégration des Populations Immigrées. Créé
en 1984 auprès du ministre chargé de l’intégration, et succédant à l’ancienne
Commission nationale de la main-d’oeuvre étrangère (CNMOE), le CNIPI
est composé de 60 membres, dont 14 personnes issues de l’immigration
et appartenant au monde associatif. Il est régulièrement consulté par
le ministre sur des questions relatives à l’accueil et à l’intégration
des populations immigrées (conditions de vie, habitat, travail et emploi,
éducation et formation professionnelle, culture, etc ...) dont il peut
également s’auto-saisir.
CONTRAT LOCAL POUR L’ACCUEIL ET L’INTEGRATION
Dispositif associant un certain nombre de partenaires (services de l’Etat,
services locaux, Fonds d’action sociale, etc ...) en vue d’encadrer
et de coordonner les actions conduites au sein de collectivités territoriales
attachées à la réussite de l’intégration des populations immigrées dans
l’espace local.Auparavant nommé "contrat d’agglomération", le contrat
local pour l’accueil et l’intégration, régi aujourd’hui par une circulaire
du 23 mars 1998 (ministèreMinistèreEnsemble des services de l’Etat (administration centrale et services déconcentrés) placés sous la responsabilité d’un ministre. de l’emploi et de la solidarité, direction
de la Population et des Migrations) associe principalement deux ensembles
d’actions publiques : - celles qui concernent l’accueil des personnes
qui arrivent en France ou qui y sont récemment arrivées (familles rejoignantes,
conjoints de Français, familles de réfugiés statutaires) ; - celles
qui intéressent l’insertion scolaire et professionnelle des enfants
et des jeunes étrangers.
CONTROLE MEDICAL
Contrôle préventif nécessaire à l’obtention d’un titre de séjour par
les immigrés, tel qu’il est effectué par l’Office des migrations internationales.
Originellement conçu (décret du 30 juillet 1946 relatif à l’application
de l’ordonnance du 2 novembre 1945 créant, par son article 29, l’Office
national d’immigration : voir la référence OMI) comme instrument de
contrôle sanitaire des travailleurs immigrés en vue de s’assurer de
leur aptitude à être effectivement employés, le contrôle médical desdits
travailleurs revêt depuis 1994 le caractère d’une visite de prévention
et d’orientation, s’il y a lieu, vers des structures médico-sociales
appropriées. Il demeure une formalité nécessaire à la délivrance d’un
titre de séjour lorsque celui-ci est exigible de la personne concernée.
Visite médicale gratuite désormais.
Commission des recours des réfugiés
Constituée auprès de l’OFPRA et présidée par un membre du Conseil d’Etat,
la CRR a compétence pour "statuer sur les recours formulés par les étrangers
et les apatrides auxquels l’Office aurait refusé de reconnaître la qualité
de réfugié". Elle constitue, dans l’exercice de cette compétence, une
juridiction administrative. Ses décisions sont susceptibles de pourvoi
en cassation devant le Conseil d’Etat.
D.P.M.
Direction de la population et des migrations. Créée en 1966 au sein
du Ministère en charge des problèmes de la population (aujourd’hui Ministère
des Affaires sociales, du travail et de la solidarité) la DPM a pour
vocation de traiter, soit par elle-même, soit - le plus souvent - en
liaison avec d’autres administrations centrales et des établissements
publics dont elle assure la tutelle (FAS, OMI, etc. : voir ces sigles)
les questions relatives à l’accueil et à l’intégration des immigrés,
ainsi que d’assurer la gestion de l’acquisition de la nationalité française.
Elle est constituée de trois sous-directions : la sous-direction de
la démographie, des mouvements de population et des questions internationales ;
la sous-direction de l’accueil et de l’intégration ; la sous-direction
des naturalisations.
ETRANGEREtrangerPersonne qui ne possède pas, sur le territoire français, la nationalité française.
Personne qui ne possède pas, sur le territoire français, la nationalité
française, soit qu’elle possède (à titre exclusif) une autre nationalité,
soit qu’elle n’en possède aucune (apatride). Les personnes de nationalité
française possédant une nationalité double ou plurielle ne sont considérées
en France que comme françaises, en application d’une règle générale
du droit applicable en tous pays.
EXPATRIATION
Action de quitter son pays d’origine (au sens de "patrie", de terre
des pères) en vue de s’installer (à titre temporaire ou permanent) à
l’étranger. L’expatriation organisée des Français qui la souhaitent
telle fait partie des compétences de l’Office des Migrations Internationales.
Fonds d’Action Sociale pour les travailleurs immigrés et leurs familles (le sigle complet devrait se lire : FASTIF). Créé à l’origine (1958) au bénéfice des "travailleurs musulmans d’Algérie en Métropole", le FAS est aujourd’hui un établissement public administratif sous tutelle de la DPM qui a pour mission d’oeuvrer à l’intégration de l’ensemble des immigrés et de leurs familles en suscitant et en accompagnant dans tous les domaines (logement, formation, santé, éducation, culture, loisirs...) les actions susceptibles d’y contribuer. A cette fin, il subventionne des organismes (essentiellement associatifs) le plus souvent en partenariat avec d’autres acteurs publics (Etat, collectivités territoriales). En 2001, le Fonds d’Action Sociale (FAS) est devenu le Fonds d’Action et de Soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations (FASILD). A coté de ses missions traditionnelles de soutien à l’intégration, la lutte contre les discriminations devient un axe privilégié pour le FASILD.
FOYER de travailleurs migrants
Mode de logement collectif créé dans les années soixante pour accueillir
les travailleurs migrants. Le dispositif a perduré et continue à accueillir
des immigrés célibataires. On dénombre aujourd’hui (1998) quelques 700
foyers pour une offre totale de 130.000 lits, dont la moitié est gérée
par la SONACOTRA , l’autre par des associations spécialisées.
F.T.D.A.
- France Terre d’Asile
Association créée en 1968 en vue d’assurer "le maintien et le développement
d’une des plus anciennes traditions françaises" au bénéfice des demandeurs
d’asile, des réfugiés et de façon plus générale, des exilés politiques
dès lors qu’ils séjournent sur le sol français ou envisagent de trouver
asile en France. F.T.D.A. assure, pour le compte de l’Etat, le pilotage
du réseau national de centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA)
et pour réfugiés, ainsi que la gestion administrative des affectations
de personnels dans les centres.
H.C.I. Haut Conseil à l’Intégration
Institué en 1989 auprès du Premier Ministre, le H.C.I. a pour mission
"de donner son avis et de faire toute proposition utile sur l’ensemble
des questions relatives à l’intégration des résidents étrangers ou d’origine
étrangère". Il traite, dans un rapport annuel, d’une grande question
de politique d’intégration : état du savoir disponible, conditions juridiques
et culturelles de l’intégration, emploi des étrangers, "affaiblissement
du lien social et enfermement dans les particularismes", discriminations,
etc.
H.C.P.F. Haut Conseil de la population et de
la famille
Placé sous la présidence du Président de la République, le HCPF est
chargé d’éclairer celui-ci, ainsi que le gouvernementGouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale., sur les problèmes
démographiques et leurs conséquences à moyen et long termes dans les
domaines de la fécondité, du vieillissement et des mouvements migratoires,
ainsi que sur les questions relatives à la famille et à la politique
familiale.
IMMIGRE
Personne née étrangère à l’étranger et entrée en France en cette qualité
en vue de s’établir sur le territoire français de façon durable. Un
immigré a pu, au cours de son séjour en France, acquérir la nationalité
française.
INTEGRATION
Le terme d’intégration (généralement
référé à la situation des immigrés installés de façon durable dans le
pays d’accueil) désigne à la fois un processus et les politiques qui
ont pour objet de faciliter sa mise en oeuvre. Le processus, inscrit
dans la durée, est celui d’une participation effective de l’ensemble
des personnes appelées à vivre en France à la construction d’une société
rassemblée dans le respect de valeurs partagées (liberté des personnes,
laïcitéLaïcitéPrincipe qui établit, sur le fondement d’une séparation rigoureuse entre l’ordre des affaires publiques et le domaine des activités à caractère privé, la neutralité absolue de l’Etat en matière religieuse. de la vie publique, solidarité) telles qu’elles s’expriment
dans des droits égaux et des devoirs communs. Mener une politique d’intégration,
c’est définir et développer des actions tendant à maintenir la cohésion
sociale au niveau local comme au plan national, de sorte que chacun
puisse vivre paisiblement et normalement dans le respect des lois et
l’exercice de ses droits et de ses devoirs. Ainsi conçue, une politique
d’intégration ne concerne pas seulement les immigrés ; elle n’en doit
pas moins prendre en compte les problèmes particuliers que peuvent poser
certains d’entre eux.
INTEGRATION (modèle d’)
Ensemble de traditions historiques et de pratiques politiques et administratives
caractéristiques d’une politique d’accueil et d’intégration des immigrés
dans une société donnée. Il est courant de voir opposer un modèle d’intégration
des immigrés durablement installés "à la française", qui serait inspiré
par une volonté d’assimilation à un modèle de type anglo-saxon (ou encore
néerlandais) qui respecterait l’épanouissement d’un "multi-culturalisme".
Une telle opposition paraît devenir de plus en plus artificielle, même
si elle continue de nourrir beaucoup de discours sur l’immigration et
l’intégration. D’une part en effet, l’histoire de l’immigration en France
montre à l’évidence qu’aujourd’hui comme hier la grande majorité des
migrants ont d’abord été "accueillis" dans des communautés culturelles
d’origine qui leur ont permis de sauvegarder au moins pour un temps
leur identité avant de leur permettre de négocier avec la société d’accueil
une nouvelle appartenance.
INTERDICTION DU TERRITOIRE
Sanction interdisant à l’étranger de se trouver ou de
se maintenir sur le territoire national. C’est une décision judiciaire.
Elle est prononcée par une juridiction pénale en complément
d’une peine correctionnelle ou criminelle de prison ou d’amendeAmendeCondamnation à payer au Trésor Public une somme d’argent fixée par la loi.. Elle
peut être définitive ou d’une durée de dix ans maximum.
Les principales infractions pouvant donner lieu à une interdiction
du territoire sont les suivantes : atteintes volontaires à l’intégrité
d’une personne, trafic de stupéfiants, actes de terrorisme, atteintes
aux intérêts fondamentaux de la nation et atteintes à
la défense nationale (trahison, espionnage, livraison d’informations
à une puissance étrangère, complot...), blanchiment
d’argent, participation à des crimes contre l’humanité,
aide à l’entrée, à la circulation et au séjour
irréguliers d’un étranger, soustraction d’une personne
étrangère à une mesure d’éloignement prise
à son encontre, infractionInfractionAction ou comportement interdit par la loi et passibles de sanctions pénales. On distingue trois catégories d’infraction selon la gravité et les peines encourues : les contraventions, les délits et les crimes. à la législation sur
l’hébergement collectif, infraction à la législation
du travail (emploi de travailleurs irréguliers ou clandestins),
entrée et séjour irréguliers en France. Il est
toujours possible de demander à être relevé de l’interdiction du territoire.
Pour cela, il faut adresser une requête à la juridiction qui l’a prononcée.
Seuls les mineurs de moins de 18 ans ne peuvent jamais être interdits
de territoire.
Toutefois, pour certaines catégories d’étrangers, le tribunal ne peut prononcer l’interdiction que par une décision spécialement motivée : pour l’étranger condamné père ou mère d’un enfant français résidant en France (à condition qu’il exerce, même partiellement, l’autorité parentale à l’égard de l’enfant ou qu’il subvienne effectivement à ses besoins) pour l’étranger condamné marié depuis au moins un an avec un conjoint de nationalité française (à condition que ce mariage soit antérieur aux faits ayant entraîné sa condamnation, que la communauté de vie n’ait pas cessé et que le conjoint ait conservé sa nationalité française), pour l’étranger condamné qui justifie qu’il réside habituellement en France depuis qu’il a atteint au plus l’âge de 10 ans, pour l’étrangercondamnéqui justifie qu’il réside habituellement en France depuis plus de quinze ans, pour l’étranger condamné titulaire d’une rente d’accident de travail ou de maladie professionnelleversée par un organisme français et dont le taux d’incapacité permanente est égal ou supérieur à 20%, pour l’étranger condamné résidant habituellement en France qui est gravement malade et nécessite une prise en charge médicale exceptionnelle. Ceci sous réserve qu’il ne puisse bénéficier d’un traitement approprié dans son pays d’origine.
LAÏCITE
Principe qui établit, sur le fondement d’une séparation rigoureuse entre
l’ordre des affaires publiques et le domaine des activités à caractère
privé, la neutralité absolue de l’Etat en matière religieuse. La puissance
publique garantit et protège la liberté de conscience de chacun : mais
nulle autorité religieuse ou "spirituelle" ne peut prétendre à exercer
une quelconque autorité publique. La séparation de l’Eglise et de l’Etat
est entière (sauf en Alsace-Lorraine, pour des raisons d’ordre historique)
; en particulier, "la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne
aucun culte" (loi du 9 décembre 1905 portant "séparation de l’Eglise
et de l’Etat", article 2) ; la liberté de l’exercice des cultes en privé
ou dans l’enceinte d’édifices réservés à cet effet est effective ; la
tolérance à l’égard de toute forme de pratique religieuse qui ne porte
atteinte ni à l’ordre public ni à la liberté et à l’intégrité des personnes
est de règle.
MULTICULTURALISME
Dans la conception française de cette notion : un des modèles possibles
de l’intégration à la communauté politique et nationale des populations
immigrées. La France a une conception particulière du multiculturalisme,
qui tient à la fois à l’histoire de la construction de la nation et
à l’image qu’elle se fait de sa culture. De formation plurielle, la
France a aujourd’hui conscience que son unité nationale n’était pas
contradictoire avec le respect de sa diversité. La culture française
n’a elle-même de référence "universelle" qu’en raison de la richesse
des apports extérieurs dont elle s’est toujours nourrie. L’image qui
caractérise sans doute le mieux la relation culturelle de la France
avec le reste du monde, et d’abord avec les immigrés qui sont installés
sur son sol, n’est pas celle d’une assimilation forcée ; c’est celle
d’un lent métissage, de part et d’autre accepté et entretenu, au service
d’un projet de construction permanente de la nation et de la société
républicaine.
O.F.P.R.A.
Office français de protection des réfugiés et apatrides. L’Office français
de protection des réfugiés et apatrides est un établissement public,
doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière et administrative
; il est placé auprès du ministère des Affaires Etrangères. Sa mission
est d’exercer "la protection juridique et administrative des réfugiés
et apatrides" et d’assurer, "en liaison avec les divers départements
ministérels intéressés, l’exécution des conventions, accords ou arrangements
internationaux intéressant la protection des réfugiés en France, et
notamment de la Convention de Genève du 28 juillet 1951" (articles 1er
et 2 de la loi du 25 juillet 1952 relative au droit d’asile, modifiée
par la loi du 11 mai 1998). L’Office accorde ou rejette les demandes
de reconnaissance du statut de réfugié ; ses décisions sont susceptibles
d’appel devant la Commission des recours des réfugiés.
O.M.I.
Office des Migrations Internationales. Créé par l’ordonnance du
2 novembre 1945 sous l’appellation d’Office National d’Immigration (ONI)
et devenu OMI par le décret du 7 janvier 1988, cet établissement public
à caractère administratif, placé sous la tutelle du ministère du travail,
a le monopole de l’introduction en France de travailleurs étrangers ;
il est également en charge (depuis 1988) des "opérations de recrutement
en France des travailleurs de toutes nationalités pour l’étranger" ainsi
que de l’expatriation organisée des Français à l’étranger
POLYGAMIE
Situation d’une personne étrangère ayant contracté, en conformité
avec les dispositions de son statut personnel, deux ou plusieurs mariages
également "légitimes" au regard de sa loi nationale. La polygamie est
interdite, au nom de l’ordre public, aux citoyens français. Depuis la
loi du 24 août 1993, complétant l’ordonnance du 2 novembre 1945, la
délivrance d’une carte de résident est interdite à tout ressortissant
étranger vivant en France en état de polygamie, ainsi qu’aux conjoints
d’un tel ressortissant. Le regroupement familial "polygamique" est également
interdit. La loi du 11 mai 1998 renforce ces dispositions en interdisant
toute délivrance de carte de séjour, même temporaire, à un étranger
"vivant en état de polygamie".
REFUGIE (statutaire)
Qualité juridique reconnue par l’OFPRA, en application de la Convention
de Genève du 28 juillet 1951 ainsi que de la loi du 25 juillet 1952
(dans sa rédaction de la loi du 11 mai 1998) à deux catégories de personnes
: - d’une part, toute personne répondant aux définitions de l’article
1er de la Convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut
des réfugiés ; - d’autre part,"toute personne persécutée en raison de
son action en faveur de la liberté" (L. 11.5.1998, article 29). Aux
termes de l’article 1er de la Convention de Genève du 28 juillet 1951,
peut être admise au statut de réfugié toute personne qui, "craignant
avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de
sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de
ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité
et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de
la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et
se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle
à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte,
ne veut y retourner".
REGROUPEMENT FAMILIAL
Procédure permettant à tout étranger séjournant régulièrement en France
depuis au moins un an de "bénéficier de son droit à être rejoint (...)
par son conjoint et les enfants du couple mineurs de dix-huit ans" -
enfants d’une première union, sous certaines conditions - ainsi que
par d’autres catégories d’enfants désignés par la loi du 11 mai 1998
relative à l’entrée et au séjour des étrangers en France, modifiant
l’article 29 de l’ordonnance du 2 novembre 1945. Le "regroupement familial"
illustre l’application du principe énoncé par l’article 8 de la Convention
Européenne des droits de l’homme du 4 novembre 1950 selon lequel "toute
personne a droit au respect de sa vie privée et familiale" dans le respect
des principes d’ordre public du pays d’accueil : en France, par exemple,
de celui du caractère exclusivement monogamique du mariage.
"SANS
PAPIERS"
Personne étrangère séjournant sur le territoire national et dépourvue
de titres de séjour ou de travail régulièrement établis et en cours
de validité. Expression apparue à la fin des années 80 pour désigner
pêle-mêle les déboutés du droit d’asile et les différentes catégories
d’étrangers non admis à un séjour régulier en France. Les "sans papiers"
sont susceptibles d’être reconduits à la frontière. Dans certaines conditions,
des régularisations peuvent être décidées par la puissance publique.
SCHENGEN (accord de et Convention d’application du dit accord) L’"accord de SCHENGEN", relatif à "la suppression graduelle des contrôles aux frontières communes" entre les Etats membres de la Communauté Européenne a été signé en 1985 par la France, l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. La "Convention d’application de l’accord", signée en 1990 par les mêmes Etats, puis par l’Italie, l’Espagne, le Portugal, l’Autriche et la Grèce, prévoit l’institution pour des séjours de courte durée (moins de 3 mois) d’un visa unique obligatoire pour les étrangers désirant pénétrer sur le "territoire commun" des Etats signataires. Le contrôle de leur entrée est reporté aux "frontières extérieures" dudit territoire, et informatisé en vue d’une information permanente des signataires. L’"accord de SCHENGEN" ne supprime ni les frontières elles-mêmes, ni le contrôle des étrangers par chaque Etat signataire au sein de son propre territoire.
SEJOUR (titre de)
Document administratif que doit posséder tout étranger qui entend
séjourner en France au-delà d’un délai de trois mois suivant son entrée
sur le territoire. Les principaux titres de séjour actuellement en vigueur
sont (ordonnance du 2 novembre 1945 et loi du 11 mai 1998) : - des cartes
de séjour temporaire d’une durée de un an (renouvelable) portant diverses
mentions selon l’objet du séjour en France : "salarié", "commerçant",
"visiteur", "scientifique", "profession artistique et culturelle", "vie
privée et familiale" ; - des cartes de résidents d’une durée de 10 ans
; - des cartes de retraités, également d’une durée de 10 ans.
S.S.A.E.
Service social d’aide aux émigrants.
Fondé en 1926 sous forme d’association (reconnue d’utilité publique
en 1932) le S.S.A.E. est chargé par l’Etat, les collectivités locales
et le FAS (Fonds d’action sociale) d’assurer un service social spécialisé
à destination des immigrés et des réfugiés. Il joue à ce titre un rôle
important en matière d’accueil et d’intégration.
C’est une zone située dans les ports, aéroports ou gares, qui s’étend des points d’embarquement et de débarquement aux points où sont effectués les contrôles des personnes. Seules les gares ouvertes au trafic international et désignées par arrêté peuvent posséder une zone d’attente.
La zone d’attente est délimitée par le préfet. Elle peut inclure un ou plusieurs lieux d’hébergement assurant aux étrangers qui y sont maintenus des prestations de type hôtelier.
Le concours d’un interprète et la communication de son dossier sont possibles.
Le maintien en zone d’attente est prononcé par décision écrite et motivée du chef du service de contrôle aux frontières ou d’un fonctionnaire désigné par lui. Un recours est possible.






























