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L’espace militaire

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Dossier mis à jour le 4.04.2012

Article mis à jour le 4.04.2012

Initiée au départ pour des raisons militaires, la recherche spatiale française est encore aujourd’hui largement développée dans un but de défense et de sécurité.

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Le spatial militaire français

Dès la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les autorités françaises se sont intéressées au développement d’armes spatiales et l’espace constitue la quatrième dimension de la défense nationale, avec la défense terrestre, aérienne et maritime. En tant que multiplicateur de force, le spatial garantit l’efficacité de la dissuasion nucléaire, enrichit la vision stratégique et accroît l’efficacité et la protection des combattants sur le champ de bataille. Dans cette optique, le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2008, conforté par la loi de programmation militaire 2009-2014, a identifié un noyau dur des capacités spatiales dont la France a l’ambition de se doter à moyen terme. L’importance prise par les programmes spatiaux militaires est également attestée par la création du Commandement interarmées de l’Espace (CIE) en juillet 2010 par l’Etat-major des Armées.

Sur le plan scientifique, le CNES collabore avec l’Etat-major des Armées et la Direction générale de l’armement (DGA). Les principaux axes de recherches du spatial militaire français concernent ainsi :

  • l’observation optique,
  • l’observation radar,
  • l’interception de signaux électromagnétiques,
  • les télécommunications,
  • l’alerte avancée,
  • la surveillance de l’espace.

En pratique, la France a mis en oeuvre de nombreux programmes et démonstrateurs : Syracuse pour les télécommunications, Hélios pour l’observation optique et Graves pour la surveillance de l’espace, Essaim pour l’écoute électromagnétique (désorbité en 2010 et remplacé en 2012 par le démonstrateur Elisa), Spirale pour les expériences préalables à la définition d’un futur système d’alerte avancée, Lola pour les liaisons laser. Néanmoins, le développement des activités spatiales militaires est de plus en plus contraint par des considérations économiques et budgétaires.

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Les programmes spatiaux de sécurité et de défense européens

Comme l’indique le Livre blanc sur la politique spatiale européenne publiée en 2003 par la Commission européenne : Les technologies, les infrastructures et les services spatiaux représentent un appui essentiel à l’une des politiques de l’Union européenne (UE) qui évolue le plus rapidement, à savoir la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), qui inclut la politique européenne de sécurité et de défense (PESD). La plupart des systèmes spatiaux peuvent par nature servir à de multiples usages, et la crédibilité des politiques susmentionnées sera sensiblement renforcée si l’on tire un meilleur parti des applications spatiales.

En 2007, à la suite d’un séminaire organisé par l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne, les domaines clés suivants ont été identifiés comme méritant d’être explorés : surveillance des frontières, surveillance maritime et soutien de l’action extérieure de l’UE. En vue d’une meilleure coordination entre les activités spatiales civiles, de sécurité et de défense, les services de la Commission européenne et du secrétariat général du Conseil de l’UE ont établi un dialogue structuré, associant l’Agence européenne de défense (AED) et le Centre satellitaire de l’UE. L’objectif est d’échanger des informations et d’optimiser les synergies entre les activités et les programmes des divers acteurs, dans le contexte de la PESD et des autres politiques de l’UE.

Sur le plan des réalisations, le programme d’observation spatiale Hélios, dont le premier satellite a été mis en orbite en 1995, est le fruit d’une coopération entre la France, l’Espagne, l’Italie et la Belgique. L’Allemagne et la Grèce se sont ajoutées par la suite à ce partenariat. Le système Hélios est complété depuis la fin 2011 par le premier des satellites du système optique Pléiades développé en parallèle du système radar Cosmo-Skymed, lequel est sous la responsabilité de l’agence spatiale italienne. Le futur système multinational d’imagerie spatiale Musis doit succéder en 2016 au système militaire Hélios pour l’observation optique et aux systèmes allemands Sar-Lupe et italien Cosmo-Skymed pour l’observation radar. Enfin, lors du sommet de l’OTAN tenu à Lisbonne en novembre 2010, la France a approuvé le nouveau concept stratégique de l’Alliance et s’est ralliée à l’idée d’un bouclier collectif protégeant l’Europe contre les missiles balistiques. La première pierre de ce bouclier est constituée par des moyens d’alerte. S’appuyant sur l’expérience des deux microsatellites Spirale lancés en 2009, la DGA et le CNES préparent le programme d’alerte avancée qui doit être opérationnel au début de la prochaine décennie. Mais en dépit de ces efforts, le secteur spatial militaire européen reste néanmoins en matière de budget et de réalisations loin derrière celui des Etats-Unis.

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