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Rénovation et renouvellement urbains

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Dossier mis à jour le 6.11.2006

Article mis à jour le 10.07.2006

Les quartiers périphériques des années soixante, composés de grandes cités d’habitats à loyers modérés, apparaissaient alors comme l’apogée de "la modernité". Déconnectés des villes, ces ensembles se sont dégradés rapidement. Malgré des réhabilitations lourdes, ces quartiers sont devenus des "cités".

L’urbanisme des quartiers sensibles est ainsi présenté comme une des principales causes des difficultés rencontrées par les populations qui y vivent. Aussi, les efforts se sont-ils concentrés sur la réhabilitation des immeubles dégradés mais aussi, plus structurellement, sur l’organisation spatiale des quartiers.

Les interventions consistent donc, en général, à modifier profondément les aménagements urbains pour les rendre plus conviviaux et mieux adaptés à la vie et à la sécurité de leurs habitants. Cette transformation lourde implique, notamment, des opérations de démolition et l’émergence d’une offre nouvelle de logements sociaux. La rénovation des quartiers ne se limite pas à une intervention sur le bâti, elle vise également l’amélioration de la gestion des services et des équipements (entretien des immeubles et des espaces extérieurs, gardiennage, services urbains...).

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Les programmes de rénovation

Les programmes de rénovation

La rénovation urbaine ou le renouvellement urbain constituent une priorité de la politique de la ville.

Depuis le début des années 90, trois grands programmes se sont succédés ; ils visent tous une meilleure insertion des quartiers défavorisés dans la ville.

En 1991, sont lancés les "grands projets urbains" (GPU). Les GPU constituent un programme spécifique au sein de la politique de la ville, bénéficiant d’un niveau important de subventions de l’Etat. Les 14 sites GPU concernent des territoires comprenant des quartiers à forte proportion de logements sociaux ou de copropriétés dégradées, qui ont connu un fort accroissement de leurs handicaps urbains, sociaux et économiques.

Les opérations du GPU se concentrent sur l’aspect urbain et consistent à engager une restructuration urbaine profonde, sur dix à quinze ans, pour tenter de réintégrer des quartiers isolés à l’agglomération. Ces territoires sont inclus dans des contrats de ville et, pour la plupart d’entre eux, bénéficient également des dispositifs des zones franches urbaines (ZFU) ou des zones de redynamisation urbaine (ZRU).

Les "grands projets de ville" (GPV) succèdent aux GPU mais suivent une approche différente. Le GPV est un projet global. Si des opérations lourdes de requalification urbaine restent au cœur du projet, le GPV se donne aussi comme ambition d’améliorer les conditions de vie des habitants, de transformer l’image du quartier et la perception qu’on peut en avoir et de redonner une valeur économique à ces territoires. 50 sites sont concernés. Le programme national de renouvellement urbain lancé en 1999 se fonde sur les GPV.

La loi d’orientation et de programmation pour la ville de 2003 institue un programme national de rénovation urbaine. "Le programme national de rénovation urbaine vise à restructurer, dans un objectif de mixité sociale et de développement durableDéveloppement durableDéveloppement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs., les quartiers classés en zone urbaine sensibleZone urbaine sensible / Zones urbaines sensiblesZUS (...). Il comprend des opérations d’aménagement urbain, la réhabilitation, la résidentialisation, la démolition et la production de logements, la création, la réhabilitation et la démolition d’équipements publics ou collectifs, la réorganisation d’espaces d’activité économique et commerciale, ou tout autre investissement concourant à la rénovation urbaine."

Le programme doit permettre aux acteurs locaux de réaliser plus facilement et plus rapidement des projets de réhabilitation et des programmes de "démolition - reconstruction" en veillant à l’application de la règle du un pour un (un logement démoli, un logement construit). L’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) est l’interlocuteur unique des collectivités locales et des bailleurs sociaux désireux de mettre en oeuvre des projets de rénovation urbaine dans les quartiers prioritaires.

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La requalification de l’habitat

La requalification de l’habitat

La majorité des quartiers prioritaires de la politique de la ville sont des quartiers d’habitat social. La politique de requalification de l’habitat vise, au-delà de la qualité et du confort des logements, à introduire une plus grande diversité des fonctions urbaines dans ces quartiers. Elle implique donc parfois des opérations lourdes de restructuration urbaine et la démolition de logements sociaux.

Les démolitions sont d’abord des démolitions liées à des vacances structurelles : les immeubles se sont vidés et personne ne veut y habiter. Les démolitions ont également pour but de déconcentrer des problèmes de peuplement. Plus largement, les démolitions sont faites dans le but de reconstruire mais de ne pas reconstruire à l’identique, de dé-densifier l’espace et de diversifier le bâti. En 2001, 6800 logements ont ainsi été démolis et le plan national de rénovation urbaine adopté en 2003 prévoit la destruction de 250 000 logements jusqu’en 2011.

La requalification de l’habitat a vocation à assurer une certaine mixité sociale. Celle-ci passe donc par une intervention au niveau de l’agglomération en s’appuyant sur le programme local de l’habitat (PLH). Le PLH a été créé en 1983 et sa portée s’est considérablement étendue avec la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales qui en a fait l’outil central de la politique de l’habitat placée sous la responsabilité des établissements de coopération intercommunale compétents en matière d’habitat. La loi "solidarité et renouvellement urbains" fournit également des moyens d’intervention pour parvenir au rééquilibrage de l’offre de logements sociaux entre les communes.

La politique de la ville intervient également sur le parc privé et un dispositif spécifique destiné aux copropriétés dégradées a été mis en place. Le plan de sauvegarde des copropriétés dégradées permet de restaurer le cadre de vie des occupants des copropriétés en grande difficulté, l’opération programmée d’amélioration de l’habitat (OPAH) "copropriétés" permet une intervention sur des copropriétés fragiles, enfin l’état de carence peut être prononcé par la justice quand le syndicatSyndicatAssociation de personnes dont le but est de défendre les droits et les intérêts sociaux, économiques et professionnels de ses adhérents. des copropriétaires est dans l’incapacité d’assurer les travaux nécessaires. Lorque l’état de carence est prononcé, l’expropriation est poursuivie au bénéfice de la collectivité locale compétente en matière de logement.

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