Le changement climatique déclenche-t-il des migrations ?| vie-publique.fr | Repères | Découverte des institutions

Imprimer

Le changement climatique déclenche-t-il des migrations ?

le 15 09 2017

Illustration Doc'en Poche - Entrez dans l'actu

Chaque semaine, une question extraite de la collection Doc' en poche « Entrez dans l'actu » sur des sujets d'actualité pour démêler le vrai du faux.

Question extraite de : "Parlons immigration en 30 questions", François Héran (2016), disponible à La Documentation française

Des estimations incertaines

L’ouragan Katrina en Louisiane (août 2005), [les ouragans Harvey et Irma en 2017], le tsunami japonais de 2011, les typhons qui balaient les îles à fleur d’eau (Maldives) ou les deltas (Bangladesh, Thaïlande), les averses torrentielles provoquant des glissements de terrain sont autant de catastrophes dont le rythme semble s’accélérer avec le réchauffement de la planète. Selon le Norwegian Refugee Council, cité par les démographes de l’Ined, le nombre de personnes déplacées en raison d’une catastrophe majeure (desaster) de 2008 à 2013 aurait oscillé dans le monde entre 15 et 42 millions – un chiffre volatil et incertain.

Plus de déplacements que de véritables migrations

Les déplacés sont voués à devenir des migrants durables si l’environnement se détériore progressivement. On songe à l’assèchement des mers intérieures et des lacs (Aral, Caspienne, Tchad), à l’érosion des terrasses de cultures dans les Andes, à la montée des eaux qui menace les 10 % de la population mondiale vivant à une altitude de moins de 10 m, soit 700 millions de personnes. Mais combien de ces migrants quitteront-ils leur pays ? Nul ne le sait. Les démographes restent prudents devant les chiffrages spectaculaires des "migrations climatiques" ou "environnementales" propagés par de nombreux rapports.

Pas de "réfugiés climatiques"

>>> Comme l’ont souligné les démographes J. Véron et V. Golaz, « réfugiés climatiques » est une expression inappropriée. Les victimes de la dégradation de l’environnement ne bénéficient d’aucune protection juridique analogue à celle de la Convention de Genève pour les victimes de persécutions. Le terme de « migration climatique » ou « environnementale » est lui-même imprécis, car il réunit trois notions différentes : le déplacement forcé au sein de son propre pays, la migration interne et la migration internationale. La notion est d’autant plus floue qu’une migration environnementale peut être simultanément économique. Enfin, le réchauffement climatique peut amener des populations non pas à fuir une zone dégradée mais à se laisser attirer par des zones devenues plus aisément cultivables.

Une forme de migration climatique : la retraite au soleil

>>> Phénomène encore peu étudié, les migrations de retraite vers les régions ensoleillées ne se limitent plus à des migrations internes qui convertissent les résidences secondaires en résidences principales, mais en migrations internationales de grande ampleur. Le midi de la France pour les Anglais, les Caraïbes pour les Canadiens, le Maroc pour les Français, les Baléares pour les Nordiques en sont des exemples. Les pyramides des âges des étrangers vivant dans ces pays, telles qu’elles ressortent des recensements, attestent l’importance du phénomène.

Mots clés :


Extrait de : "Parlons immigration en 30 questions", François Héran (2016), disponible à La Documentation française

Consulter toutes les questions

Rechercher