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Le changement climatique est-il irréversible ?

le 11 07 2017

Illustration Doc'en Poche - Entrez dans l'actu

Chaque semaine, une question extraite de la collection Doc' en poche « Entrez dans l'actu » sur des sujets d'actualité pour démêler le vrai du faux.

Des effets à long terme pour le climat

Sauf si les émissions mondiales de CO2 se stabilisent d’ici 2030 et diminuent ensuite fortement, le réchauffement s’accélérera et se poursuivra au-delà de 2100, du fait de l’inertie du système climatique (temps de résidence du CO2, mécanismes d’amplification, mémoire océanique, etc.). Dans tous les cas, le climat restera plus chaud pendant des centaines d’années. Les déplacements d’écosystèmes, le recul des glaciers et des calottes polaires, l’acidification des océans, etc., vont se prolonger pendant des siècles après la stabilisation de la température moyenne de surface. Le changement climatique est, en ce sens, irréversible à ces échelles de temps-là.

Des effets à long terme pour le niveau des mers

Dans le scénario de forte atténuation (RCP2.6) des rejets de gaz à effet de serre (GES) établi par le Giec, le niveau des mers devrait augmenter deux fois plus vite au XXIe siècle qu’au XXe siècle. Dans le scénario de poursuite des émissions de GES au rythme actuel, cette montée serait accélérée et se poursuivrait à un rythme élevé de 8 à 15 mm/an, soit +2 à 3 mètres d’ici 2300. Un réchauffement global entre 1 et 4°C entraînera une déglaciation lente de la calotte du Groenland, soit plusieurs mètres supplémentaires de niveau des mers en un millier d’années. Il reste difficile d’estimer à quelle vitesse pourrait se produire une déglaciation de certains secteurs instables de la calotte de l’Antarctique.

Vrai ou faux ? Le recul de la banquise arctique est irréversible

>>> Faux. L’évolution de la banquise arctique est réversible en quelques années ou quelques décennies. Dans le scénario de poursuite des rejets de GES, même si la banquise arctique disparaît en été, une banquise fine se reforme chaque hiver, pendant la nuit polaire. En revanche, le réchauffement des continents voisins de l’Arctique provoque une décomposition de la matière organique accumulée auparavant dans les sols gelés. Au cours des prochains siècles, ces régions pourraient irréversiblement rejeter des quantités importantes de GES vers l’atmosphère, amplifiant le « forçage radiatif », c’est-à-dire la perturbation du climat par des facteurs externes.

Le climat a la mémoire de ses perturbations !

>>> Le réchauffement actuel est une réponse du système climatique au cumul des émissions passées de CO2. À l’avenir, ces émissions vont inéluctablement atteindre un pic puis diminuer, soit du fait de politiques volontaires, soit quand les limites des ressources seront atteintes. Dans le scénario RCP8.5, les émissions sont maximales vers 2100, diminuent ensuite et sont nulles à partir de 2300. Le climat se réchaufferait d’environ 5°C d’ici à 2100, 9°C d’ici à 2200, et se stabiliserait pendant 1 000 ans autour de +7°C après l’arrêt des rejets. Dans le cas du scénario RCP2.6, le niveau actuel serait retrouvé d’ici environ 600 ans.

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Extrait de : "Parlons climat en 30 questions", Christophe Cassou et Valérie Masson-Delmotte (2015), disponible à La Documentation française

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