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Climat : 2 ou 5°C de plus, quelles conséquences ?

le 24 01 2017

Illustration Doc'en Poche - Entrez dans l'actu

Chaque semaine, une question extraite de la collection Doc' en poche « Entrez dans l'actu » sur des sujets d'actualité pour démêler le vrai du faux.

La trajectoire actuelle

Si les émissions mondiales de GES continuent à augmenter au cours du XXIe siècle au rythme d’aujourd’hui (RCP8.5), il faut s’attendre à 5°C (± 1°C) de réchauffement global d’ici à 2100 par rapport au début de l’ère industrielle. Ce serait autant qu’entre un climat glaciaire et le climat actuel, mais 10 à 30 fois plus rapide. Ces chiffres masquent de grandes disparités régionales, avec des changements beaucoup plus importants dans certaines zones (Arctique, pourtour méditerranéen en été, etc.). Les isothermes (lignes d’égale température) se déplaceraient alors vers le nord (80 km par décennie en plaine) à une vitesse excédant les capacités de mobilité de nombreuses espèces (plantes, rongeurs…). La montée du niveau de la mer s’accélèrerait pour atteindre 75 cm (± 20 cm) d’ici à 2100.

Le scénario minimum

Si les émissions de GES atteignent un pic d’ici 2030 puis diminuent fortement (RCP2.6), le réchauffement suivra le même rythme qu’à la fin du XXe siècle jusqu’en 2050, puis se stabilisera : il demeurera en-deçà du seuil de 2°C (± 0,5°C). Il serait possible de s’adapter aux changements modérés du cycle de l’eau et des événements extrêmes. Les isothermes se déplaceraient à une vitesse compatible avec celle de beaucoup d’espèces. Même si la hausse des températures est stabilisée, le niveau de la mer continuera à monter (40 cm, ± 10 cm).

L’hémisphère nord se réchauffe beaucoup plus vite

>>> 1°C de réchauffement en moyenne globale à la fin du XXIe siècle correspond à une hausse comprise entre 1,25 et 1,5°C sur les continents de l’hémisphère nord et à plus de 2°C dans les régions arctiques. Le réchauffement est plus faible sur les océans, en particulier dans l’hémisphère sud. L’Atlantique nord (entre Islande et Terre-Neuve) se réchauffe peu en surface car la dynamique océanique (circulation thermohaline) qui transporte naturellement de la chaleur des tropiques vers les hautes latitudes diminue, et parce que la chaleur de surface tend à pénétrer plus facilement en profondeur dans ces zones. Cette carte en moyenne annuelle masque des contrastes saisonniers importants, comme en Europe où le réchauffement est beaucoup plus marqué en été qu’en hiver. En Arctique, le réchauffement moyen de 5°C masque des effets saisonniers considérables (localement + 10 à + 15°C en hiver).


Extrait de : "Parlons climat en 30 questions", Christophe Cassou et Valérie Masson-Delmotte (2015), disponible à La Documentation française

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